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Part field report, part travelogue written by the duty psychiatrist for the French embassy in Mumbai in the mid to late 1990s, this book analyses the cases of thirty young adults with no history of mental illness, who experienced serious psychotic episodes in India. Airault links his patients’ underlying ‘sentiment océanique’ to eternity and universality via Freud (pp. 193–204). It is also a ‘stratégie thérapeutique de l’adolescent qui, fragilisante à court terme, renforce à long terme le voyageur’ (p. 21). Although the book raises issues about patient confidentiality ― one assumes that real names are not used (‘Dominique le dromomane’, p. 29) ― and although the author does not claim a particular French susceptibility, the amplitude (6,000 cases in the 1970s alone) and the longevity of the phenomenon since the early 1970s, make this an original contribution to the affective humanities. It should be read with the Guide du Routard. This is postcolonial cultural contact where the Westerner initially comes off worse.
Moitié enquête de terrain, moitié récit de voyage écrit par le psychiatre de service de l’ambassade de France à Mumbai du milieu des années quatre-vingt-dix jusqu’à la fin de cette décennie-là, cette étude analyse les cas de trente jeunes sans histoire de troubles psychologiques quelconque, qui ont vécu des épisodes de folie lors d’un séjour en Inde. Par le biais de Freud, Airault fait un lien entre un ‘sentiment océanique’ qui est à l’origine de ces épisodes et les thématiques de l’éternité et de l’universalité. Le sentiment océanique est également une ‘stratégie thérapeutique de l’adolescent qui, fragilisante à court terme, renforce à long terme le voyageur’ (p. 21). Bien que la méthodologie du livre suscite des questions par rapport à la confidentialité du patient – on présume que l’auteur n’utilise pas les vrais noms de ses patient (comme l’indique peut-être le cas de ‘Dominique le dromomane’, p. 29) et bien qu’Airault ne propose pas que les Français sont plus susceptibles à ce phénomène que d’autres, l’ampleur (six mille cas uniquement au cours des années soixante-dix) et la durée du phénomène qui a commencé dans au début des années soixante-dix, font en sorte que cette étude s’avère comme une contribution originale à l’étude de l’affect dans les science humaines. Il faut la lire avec le Guide du Routard. Voici un cas de contact culturel où l’Occidental s’en tire assez mal au début. [IM] ISBN: 9782228915328
BLATTCHEN Edmond. Catherine Clément, Éprouver mais n’en rien savoir. Bruxelles: Alice Editions, 2000, 94 pp.
This transcribed radio interview spans across a range of topics, the most pertinent one being her opinions about Gandhi, pp. 29-42. [IM] ISBN: 9782930182360
BOOLELL, Shakuntala and CUNNIAH, Bruno. Fonction et Représentation de la Mauricienne dans le discours littéraire. Stanley, Rose-Hill – Ile Maurice: Mauritius Printing Specialists, 2000, 247 pp.
An application of the writings of feminist theorists – Irigaray, Kristeva, Cixous and Pinkola Estés – to the subject, which is periodized as ‘pre’ and ‘post’ independence and contemporary. The sections on the representation of the Indo- and Franco-Mauricienne are particularly useful to comparative approaches. [IM] ISBN: 9789990329803
CHAH, Yves. Le Musée emporté. Pondicherry and Paris: Kailash, 2000, 199 pp.
” Chaque soir René sentait la fièvre monter. Car la mousson c’est la saison des fièvres, des délires qui le matin le laissaient tremblant, claquant au vent comme un haillon, un drapeau, sans même sentir la pluie ni son corps disparu, sans même savoir s’il parlait seul aux chiens, aux oiseaux. Si j’avais su, bredouillait-il que ce n’était que ça le monde, cette usure, cette absence, ce vêtement vide que je suis devenu, qui n’appartient même plus au temps, n’a plus de chair ni d’âme “. Le musée, c’est le mausolée du fondateur Charles-Gustave Montlevant, où l’on conserve ses collections ramenées des Indes il y a plus d’un siècle : fatras d’objets, carcan de règles testamentaires étranges, imaginées peut-être pour retenir éternellement ses descendants dans sa mémoire. René, conservateur et prisonnier de ce musée familial, enfermé en lui-même, se laisse lentement séduire par le rêve d’Inde de son ancêtre. S’y dissoudre, y renaître ? Se livrer à ses pièges ? Partir seul, tout laisser ? Ou peut-être sans le vouloir emporter le musée ? Le musée de soi-même. [Remarques de l’éditeur] ISBN: 9782842680602
CLÉMENT, Catherine. Les Mille Romans de Bénarès. Paris: Noêsis, 2000, 159 pp.
Ce roman a pour toile de fond la ville sacrée de Bénarès (Varanasi en sanscrit) ou Kashi. Shiva, dieu insolent et sauvage, qui guide les hindous de cette ville depuis des millénaires est le principal protagoniste de ce roman. Outre sa femme Parvâti et sa fille Ganga, des mortels incarnent le propos universel de ce livre : les joies et les peines de lexistence, les vies et les morts, plus définitivement lenvie de vivre. Le jeune batelier du Gange, la veuve en sari blanc, la fille du lavandier, le maharadjah, la vache sacrée tous, habitants de Kashi, vivent au rythme de ses vivants et de ses morts. Cétait hier à la tombée du jour. Il a quitté la maison vers les six heures du soir, il a dû arriver à six heures et demi sur le champ de crémation. Dans ces cas-là, les porteurs de civière galopent dans les rues. Une heure plus tard, il trempait encore les pieds dans le Gange. Il a dû commencer à brûler vers huit heures. Tout sest terminé vers minuit. Je ny étais pas. [ ] Il voulait une incinération sur le quai de Manikarnika ; cétait dans sa famille, lusage de longue date. A peine si jai eu le temps de lembrasser avant son départ. Roulé dans le linceul, ficelé sur la civière, drapé de jaune, il nétait plus. Jétais veuve. Dilip avait soixante-quinze ans. Ils croient en Shiva, lui portent des offrandes dans les très nombreux temples de la ville. Vous ne comprenez pas pourquoi jai en collier un cobra au capuchon déployé : cest parce qui je suis plus venimeux que lui. Et si jai la peau bleue, couleur de lindigo, cest quautrefois, alors que les démons avaient empoisonné leau du monde, les dieux me demandèrent de lavaler. Je le fis. Je souffris mais je nen mourus pas. Le poison des démons se bloqua au fond de mon larynx, mon visage devint bleu. Javais les yeux exorbités, je luttais contre le venin mortel et je survécus. Mieux ! De leau empoisonnée dans les veines de mon cou, jai fait la couleur bleue de mon enveloppe divine. Voyez comme tout sexplique, étrangers Organisé en 26 chapitres où les mortels répondent ou sen remettent à Shiva, Les Mille Roman de Bénarès est un roman sensuel, provoquant et drôle. Où se mêlent, à limage de cette ville, la colère et la compassion, lespoir et le désespoir. Où lon a envie de croire que la mort stimule la vie, que la douceur de lOrient lemporte sur la brutale réalité. Où lon sait que Shiva telle une petite barque de feuille de bananier cousue, emplies de fleur, avec une bougie allumée que lon dépose sur le Gange comme accompagnement dune crémation rend la vie plus belle et la mort plus douce. Roger-Pol Droit, Le Monde des livres La philosophe et romancière nhésite pas à donner la parole aux dieux, aux gens et aux animaux du cru. Parmi les dix-sept récitants évocant réalités et légendes de la ville sacrée : Shiva, une vache sacrée, une fille de lavandier, un pélerin tibétain Cest dire quon apprend des histoires très diverses et quon a pas le temps de sennuyer ! [Remarques de l’éditeur] ISBN: 9782911606687
DARS, Sarah. Coup bas à Hyderâbâd. Arles: Picquier, 2000, 220 pp.
Doc n’est pas détective de métier. Ce brahmane, amateur de musique indienne et passionné d’arts martiaux, exerce à Madras la profession de médecin. Lorsqu’il arrive à Hyderâbâd en compagnie de son ami Arjun, la mort d’un imam à la mosquée le conduit à poser quelques questions sur les agissements de la mafia dans la région. Il poursuit son enquête dans un décor des Mille et une nuits, citant à bon escient le Panchatantra en s’interrogeant sur le sens de belles calligraphies et la valeur des secrets de famille. Avec une détermination qui peut effrayer même ses ennemis les plus féroces. [Remarques de l’éditeur] ISBN: 9782877304986
DARS, Sarah. Nuit blanche à Madras. Arles: Picquier, 2000, 162 pp.
Doc n’est pas détective de métier. Il est brahmane et exerce à Madras la profession de médecin. Ce passionné de musique indienne et d’arts martiaux ne ménage pas l’amour qu’il porte à sa vache dodue. Et il aurait déjà largement de quoi s’occuper si, de temps à autre, le hasard ne mettait sur sa route une histoire criminelle. Doc, malgré son flair et sa sagacité, hésite toujours à s’en mêler parce qu’il se méfie par principe des intuitions. Mais comme il a reçu une éducation traditionnelle, il arrive qu’un passage de quelque ancien traité stimule sa réflexion et l’aide à résoudre l’énigme. Confronté à la disparition de Suryâ, Doc ne croit pas à une fugue amoureuse. Il poursuit son enquête jusque chez les adorateurs de Kâli et, avec sa sacrée manie des détails et sa connaissance de la philosophie indienne que ne partagent pas l’inspecteur Gopan ou Gokul, le commerçant amateur de chutneys et de pickles, nul doute qu’il arrivera à ses fins. [Remarques de l’éditeur] ISBN: 9782877304764
DELEURY, Guy. L’Inde, continent rebelle. Paris: Seuil, 2000, 358 pp.
A fine book which gives its account of selected periods of Indian history by means of rebellions. The original and closely-argued chapters communicate in French to Francophone, but frequently via the mediation of English-speaking culture in India and authors such Kipling and Gîtâ Mehta and via British colonialists such as Cornwallis. It also has a useful glossary of ‘des mots clés et de mots pièges indiens, anglo-indiens et franglais’. pp. 339-359. [IM] ISBN: 9782020358613
DELOCHE, Jean. Senji (Gingi), Ville fortifiée du pays tamoul. Pondicherry: Institut français de Pondichéry, and Paris: École Française d’Extrême-Orient, 2000, 402 pp.
Senji, immortalisé par la ballade de Desing, encore très populaire dans le Sud de l’Inde, est un des hauts lieux du pays tamoul, car la fameuse place-forte, occupée successivement par les hindous de Vijayanagar, les Nayakas, les musulmans de Bijapur, les Marathes, les Moghols et, enfin, par les Français de Bussy en 1750, était à la fin du XVIè siècle et au début du siècle suivant, une des plus grandes villes du Sud de la péninsule. La présente étude, essai de synthèse, à la charnière de l’histoire, de l’archéologie et de la géographie humaine, entend montrer l’évolution de son système fortifié et de son centre urbain, ainsi que les différents aspects du stockage de l’eau et des vivres qui ont permis son épanouissement. Faisant une analyse globale de la documentation écrite et de l’observation archéologique, elle considère, d’abord, les transformations de l’édifice militaire, seul ensemble fortifié en Inde où l’on puisse suivre, sur au mois quatre siècles, l’adaptation de la défense au progrès de l’armement. Elle étudie, ensuite, la croissance de la ville, brillante capitale de royaume, brutalement détruite, et tente de retrouver sur le terrain les différentes parties de l’espace urbain disparu. Enfin, elle décrit les moyens techniques originaux mis en oeuvre dans les domaines hydrauliques et de la conservation des aliments. Ajoutons que l’enquête est le fruit de six années de recherche, faites en collaboration avec plusieurs équipes de dessinateurs, qui ont réalisé les plans, coupes et élévations, couvrant les aspects essentiels de l’architecture militaire, civile et religieuse de l’endroit. Sommaire Préface Introduction 1ère partie. L’ensemble fortifié et l’établissement urbain I. Le site et les monuments 1. Situation et site 2. Les monuments II. Les sources et l’observation des ouvrages 1. Sources littéraires 2. Typologie des enceintes III. Phase 1. Des origines au XVIe siècle : avant les armes à feu 1. Apport des inscriptions 2. Ouvre attribuée aux rois bergers par Narayanan Pillai 3. Examen des ouvrages fortifiés 4. Chronologie probable du système défensif IV. Phase 2. Les Nayakas : les armes à feu 1. Ouvrages de défense 2. Constructions du centre urbain V. Phase 3. Les gouverneurs de Bijapur (1649-1677) 1. Les fortifications 2. Espace urbain : dégradation VI. Phase 4. Shivaji et les Marathes (1677-1698) 1. Ouvre de Shivaji, suivant différentes sources 2. Examen des ouvrages VII. Phase 5. Domination moghole et le navab d’Arcot (1698-1750) 1. Ouvrages de défense 2. Edifices publics VIII. Phase 6. Occupation française (1750-1761) 1. Ouvrages fortifiés 2. Les édifices de l’espace urbain Deuxième partie : Ouvrages hydrauliques et réserves de vivres I. L’emmagasinage de l’eau 1. Bassins et réservoirs des inselbergs 2. Les grands étangs du glacis II. Stockage des vivres et divers 1. Le stockage des grains 2. Stockage des matières grasses et de la poudre. [Remarques de l’éditeur] ISBN: 9782855394244
DETCHERRY, Chantal. Dans la main de l’Inde. Gardonne: Fédérop, 2000, 166 pp.
Beaucoup de ” choses vues “, saisies dans l’instant, au gré du voyage, nous révèlent au fil des pages de ce livre une Inde sensuelle et souvent magique, dont les paysages se déploient devant nous, de Srinagar à Pondichéry, du Rajasthan à Bénarès. Un chauffeur de taxi, une jeune fille folle, un vieil aristocrate, un guru, des bohémiennes, un danseur, voilà quelques-uns des personnages que l’on rencontrera, sans oublier les animaux (vaches, éléphants. singes, chiens et vautours) qui jouent leur rôle sur cette vaste scène où le familier côtoie l’insolite. On fera aussi la connaissance de quelques êtres plus mystérieux : fantômes peut-être, ou dieux quelquefois. L’auteur a voulu faire ici œuvre pleinement littéraire : l’éclat des mots y répond au chatoiement des formes et des couleurs de l’Inde. On entend la voix très personnelle de la voyageuse à travers les tonalités variées du texte, de l’émotion à l’humour. [Remarques de l’éditeur] ISBN: 9782857921240
FAUVEL, Denis. Ganesh. Pondicherry and Paris: Kailash, 2000, 32 pp.
Ganesh est la divinité la plus populaire de l’Inde. Avec son ventre rond et sa tête d’éléphant, tous le sollicitent pour obtenir bonne fortune et réussite ? Il est, en quelque sorte, le maître des dieux indiens. Ces dessins racontent les circonstances dramatiques de la naissance de Ganesh, puis son rôle bénéfique dans la mythologie indienne. Toujours accompagné de sa monture, la souris, toujours porteur de cadeaux délicieux, il est sympathique entre tous. [Remarques de l’éditeur] ISBN: 9782842680541
HEUZÉ, Gérard and Raïssa BRÉGEAT-PADAMSEE. Bombay-Mumbai: de fureur et de tendresse. Paris: Autrement, 2000, 228 pp.
Une main posée sur la mer d’Arabie. Elle s’ouvre pour accueillir des millions de voyageurs descendus des avions pendant que les marchandises affluent dans les entrepôts de son port, le premier de l’Inde. Elle se ferme sur le destin de quinze millions de personnes. Immense main d’andésite et de basalte, couverte de gratte-ciel, de blocs administratifs, de résidences luxueuses, d’usines, d’ateliers et de bureaux, d’immeubles décrépis, de taudis, de cabanes et de campements de fortune ; c’est un lien, un piège ou un carrefour. Un songe aussi. A Bombay/Mumbai se concentre la fureur de vivre d’un continent entier. Habitée par une mosaïque prodigieuse de populations, animée par des centaines de cultures, elle a traversé ce siècle, de brutalités en changements, jusqu’à exploser, dans les années 1960, et fournir au gigantisme urbain l’une de ses plus belles ou de ses plus terribles illustrations. Cet univers de contradictions, qui tremble entre luxuriance et chaos, concentré sur la péninsule, se confronte aux influences venues du monde entier. A travers les paroles et les lieux de ses habitants, la mise en scène de ses caïds et de ses saints, une longue et tendre dérive pour pénétrer sans complaisance au cœur des réalités de cette cité paradoxale. [Remarques de l’éditeur] ISBN: 9782862609768
JAFFRELOT, Christophe. Dr Ambedkar: leader intouchable et père de la Constitution indienne. Paris: Presses de Sciences-Po, 2000, 255 pp.
En 1997, l’élection d’un intouchable à la tête de l’Etat indien, le président Naryanan, a été une victoire des classes basses de la société contre une ségrégation multi-séculaire. Ce combat a eu un pionnier : Bhim Rao Ambedkar (1891-1956), dont ce livre retrace le parcours politique et intellectuel. Ministre dans le gouvernement de Nehru, il rédigea la Constitution indienne et livra aussi une analyse sociologique du système des castes, appelant notamment à la création d’un parti politique pour les intouchables. [Remarques de l’éditeur] ISBN: 9782724608007
KELLER, Yers. De Karachi à Katmandou, carnets d’Inde. Paris: ASA, 2000, 80 pp.
A pied, en stop, en train, en bus, dormant à la belle étoile, parfois chez l’habitant, Yers Keller a mis un an à parcourir l’Orient entre Paris et Pékin. Il nous offre ici ses carnets de voyage indiens, au Pakistan, en Inde et au Népal. [Remarques de l’éditeur] ISBN: 9782911589744
KHAN, Dominique-Sila. Les Portes de la lune. Pondicherry and Paris: Kailash, 2000, 157 pp.
Mélanie est française, Rahim, rajput. Le destin les fait se rencontrer à Jaipur, capitale de l’état du Rajasthan. Une nuit à l’hôpital fait naître ce récit à la manière d’une ballade de leurs souvenirs afin de rompre l’angoisse de l’attente. Épisodes de la vie quotidienne, rencontres avec des personnages hauts en couleurs dans le désert du Rajasthan, souvent drôles, humoristiques ou tout simplement humains qui permettent de mieux comprendre la simplicité, les traditions et les croyances du peuple du Pays des Rois. [Remarques de l’éditeur] ISBN: 9782402116428
LAFONT, Jean-Marie. Indika. Essays on Indo-French Relations. Delhi: 1630-1976, CSH-Manohar, 2000, 562 pp.
The book attempts to study some of the lesser-known aspects of Indo-French relations. The core of the research is about the French in the service of Indian States (Hyder Ali and Tipu Sultan, Madhoji Sindhia, Shuja ud-Daula, Asaf ud-Daula and Ranjit Singh) before the onset of British rule in India. It focuses on the modernization of the armed forces of these states and the transfer of military know-how and technologies in the eighteenth and early nineteenth centuries. It also deals with French curiosité towards Indian history and civilization: French involvement in the cultural life of these states, collection of manuscripts, sponsoring of artists like Nevasi Lal, Mohan Singh or Imam Bakhsh Lahori, a passionate taste for Indian architecture, archaeological excavations in Punjab and Peshawar, early Indo-Greek and Graeco-Bactrian studies and the discovery of Gandhara art. Such intimate connections between some Frenchmen and Indian society at large came through their marriage into Indian families. One full chapter is devoted to Bannou Pan Deï, wife of General Allard, and to the history of this family in Lahore and in Saint-Tropez (France). The last two chapters bring the story down in 1976 in analysing Indian influence on Albert Camus and André Mairaux, two key figures of the contemporary French intelligentsia. [Remarques de l’éditeur] ISBN: 9788173042782
LAPIERRE, Dominique, and Javier MORO. Il était minuit cinq à Bhopal. Paris: Pocket, 2000, 572 pp.
3 décembre 1984. L’ancestrale ville indienne de Bhopal est en fête. C’est la nuit des mariages. Padmini, l’héroïne des bidonvilles, va épouser Dilip. Mais, soudain, à minuit cinq, un foudroyant nuage de gaz toxique s’échappe d’une usine américaine de pesticides construite au cœur de la cité… [Remarques de l’éditeur] ISBN: 9782266121088
LAPRUN, Arlette, and Daniel LAPRUN. Balades indiennes. Boofzheim: ACM, 2000, 284 pp.
L’Inde au pied nu est la suite de L’Art de la pointe. C’est à la fois un journal de voyage, un essai, un poème, une flânerie, un objet assez peu définis- sable qu’on a envie de prendre dans sa besace, comme chaque fois que l’écriture virtuose se plaît à brouiller les pistes pour le plus grand plaisir du lecteur. Se perdre un peu, tel est le programme de ce guide, la vraie saveur du voyage. La “substanti que moelle”, ici un amour de la danse, nous est bien donnée dans ces pages, sans jamais nous priver du grouillement du monde. On y croise un chauffeur de taxi “frappé par le sommeil comme d’une balle en plein coeur”. On découvre l’abbé Faria avant Alexandre Dumas, ce locataire du château d’If, auteur du trés étrange Sommeil lucide. On a envie de sauver Mata-Hari, et un vieil ange remisé dans une crypte, jadis sur le fronton d’une église, nous parle de la danse et de Rodin. Pierre Lartigue éclaire la lanterne magique avec une idée derrière la tête “comme une balle en plein coeur”. [Remarques de l’éditeur] ISBN: 9782909688220
MARKOVITS, Claude. Gandhi. Paris: Presses de Sciences-Po, 2000, 279 pp.
Moura’s is a very knowing text dramatizing a French indologist’s encounter with the remains of Alexander the Great’s northern Indian ‘rencontre de l’Orient et de l’Occident’ (p. 161). Gandara depicts the Himalayan monastic community using carefully adapted elements of crime and romantic fiction. The novel explores the choice between a shorter life that is socially and reproductively engaged in the world-at-large, and a much longer, meditative existence. After first being a chimera, then a real place, at the end of the book Gandara is collapsed back into itself as one man’s ‘déformation suggestive de la réalité’ (p. 264). This self-reflexive fictional strategy privileging constructions of the imagination in contacts between Europeans and Asians is long-overdue.
Écrit en pleine connaissance de cause, le roman de Moura met en scène la rencontre dans l’Inde du Nord entre un Indologue français et les traces d’une autre rencontre, celle ‘de l’Orient et de l’Occident’ (p. 161) datant de l’époque d’Alexandre le Grand. Gandara utilise des éléments soigneusement adaptés du style du roman policier et du roman rose pour décrire une communauté de moines dans l’Himalaya. Le roman analyse le choix du personnage principal entre une vie plus courte qui s’engage du côté de la reproduction humaine et de la société des hommes et une autre vie, d’une durée plus longue et plus liée à une pratique de la méditation. Après avoir débuté comme un rêve, pour devenir ensuite un lieu réel, à la fin du livre Gandara se replie sur lui-même comme la ‘déformation suggestive de la réalité’ (p. 264) d’un de ses personnages mineurs. Dans cet ouvrage tant attendu se déploie une stratégie narrative autoréférentielle qui met en valeur ce qui peut se créer dans l’imaginaire lors des contacts entre des Européens et des Asiatiques. [IM] ISBN: 9782859406189
SÉNÉCHAL, Xavière. Le Pays d’ailleurs. Paris: Flammarion, 2000, 293 pp.
Ecorchée vive et solitaire, Olivia Thomas, un jeune médecin, part en Inde. La rencontre avec Mallika, l’enfant sauvage et indomptable d’un bidonville de Calcutta, la bouleverse. Cette petite fille détient ” la clé du passage ” vers la lumière. Pour l’adopter, Olivia est prête à franchir tous les obstacles. Lorsqu’elle y parvient presque, Mallika disparaît, avalée par la ville tentaculaire. Commence une quête qui dure dix ans. A la recherche de l’enfant dérobée, Olivia suit un chemin éprouvant et chaotique. Calcutta, Mère Teresa, Bombay, Goa, Mangalore, Kottakkal, Madras, Pondichéry, la cité d’Auroville… sont les principales étapes de son voyage en Inde, un pays onirique. Le sens profond de cette traversée ? L’auteur le cherche aussi grâce à des grands textes qui l’ont nourrie et qui forgeront le destin de son héroïne. [Remarques de l’éditeur] ISBN: 9782080678706
SORMAN, Guy. Le Génie de l’Inde. Paris: Fayard, 2000, 308 pp.
A personal and broad generalist account of contemporary India, which begins in Pondicherry. Chapters generally have an Indian source and deal with the nature of Indian democracy, Hindu nationalism, fundamentalist and moderate Islam and the poet Kabir, amongst others. However, it is historically aware and culturally grounded and the prologue gives a brief but fine account of de Toqueville’s unwritten work on India, which would have transformed French representations of – and interest in – India had the author survived beyond 1859. ‘L’Inde et nous’ is also useful isolating three waves of Indian influences, the Buddhist missionaries of the fourth century BCE, the fascination with India in the Enlightenment and the hippy movement of the 1960s. [IM] ISBN: 9782213605722
VALENCE, Françoise de. Médecins de fortune et d’infortune: des aventuriers français en Inde au XVIIe siècle: témoins et témoignages. Paris: Maisonneuve & Larose, 2000, 223 pp.
Alors qu’en ce début du XVIIe siècle l’Inde fascine l’Europe, surtout par ses richesses en épices et en pierres précieuses, on rencontre, outre les marchands, les missionnaires, les mercenaires, les diplomates, les savants et les curieux, des médecins français. Qui sont-ils ? Que cherchaient-ils ? Ont-ils exercé la médecine ? Que sont-ils devenus à leur retour… s’ils sont revenus ? Des réponses s’esquissent à la lecture des récits des voyageurs de l’époque et à l’analyse des propres récits de voyage de ces médecins. C’est ainsi que le médecin François Bernier, bien connu en tant que philosophe libertin, un certain Saint-Jacques de La Palisse, médecin du Grand Mogol totalement inconnu jusqu’alors, Antoine Destremau, “trafiquant”, chirurgien de métier et médecin du Nizam de Hyderabad, Charles Dellon médecin qui sera emprisonné par l’Inquisition, Biron, médecin en mission scientifique, nous ont dévoilé leurs aventures, parfois rocambolesques, parfois tragiques mais toujours passionnantes. Il s’avère que la biographie des cinq médecins principaux, ainsi que celles de plusieurs autres médecins ou charlatans français moins connus, permettent d’affirmer qu’ils étaient tous avant tout des médecins d’aventure fascinés par l’Inde pour des raisons autres que professionnelles. Leurs titres, invérifiables d’ailleurs, ne leur servaient que de clef pour pénétrer dans la société indienne. Par ce biais ils réussirent à s’instruire, à faire fortune pour certains, à jouer un rôle d’agents diplomatiques pour d’autres, avant de revenir pour la plupart en France, témoigner d’une civilisation encore mal connue. [Remarques de l’éditeur] ISBN: 9782706814419
VIGNATO, Silvia. Au nom de l’hindouisme: reconfigurations ethniques chez les Tamouls et les Karo en Indonésie. Montreal and Paris: L’Harmattan, 2000, 437 pp.
Dans un climat politique oppressif imposant à tout citoyen de choisir l’une des cinq religions universalistes admises par la loi, quelques ethnies indonésiennes ont pris la décision originale de se convertir à l'” hindouisme “. Des autochtones de l’ethnie Karo devenus hindous se sont alors retrouvés amalgamés à une communauté d’anciens migrants Tamouls, eux hindoux par la naissance. [Remarques de l’éditeur] ISBN: 9782738489470
VISSIÈRE, Isabelle, and Jean-Louis VISSIÈRE (eds). Lettres édifiantes et curieuses des Jésuites de l’Inde au dix-huitième siècle. Publications de l’Université de Saint-Étienne, 2000, 201 pp.
A very pertinent collection of letters ‘home’ that inform on the attitudes of the Jesuit priests in India, ranging from eating habits ‘Faudra-t-il manger des chauves-souris’ to ‘la rivalité franco-anglaise’, pp. 116-125. Nevertheless the concerns of practical theology dominate. [IM] ISBN: 9782862721897
2001 [no author]. L’Héritage des Compagnies des Indes dans les musées et collections publiques d’Europe. Port-Louis: Musée de la Compagnie des Indes, 2001, 120 pp.
English summary: Indian civilization flourished for some eighteen centuries between Buddha’s nirvana and the Muslim invasions. Yet, no institution has managed to organize India, and no lasting government has been associated with its incredible growth, which nonetheless does not preclude some intense debate on the very concept of government. Strangely enough, beyond India’s mere existence as a country, there really is an Indian civilization – possibly the only great civilization to be federated not by a government, but by a language: Sanskrit – the Brahmans’ sacred language, which is also a cultural language. Similarly, no Church has attempted to institutionalize India’s religions nor the formidable speculative enthusiasm of such truth seekers as the Buddha, the Jina, Patanjali, Samkara and many others who have turned to (or away from) the sacred Veda scriptures. They therefore began to reflect upon the vast concepts underlying spiritual life: of what value is the human action that we call karma ? How can we escape the cycle of death and rebirth -samsara ? Can we live by the principle of non-violence ? How can we justify the existence of evil ? What should we think of a social organization like the caste system, that is the essence of Hinduism ?Spiritual reflection was thus left to a minority of ascetics, the yogi, and the philosophers who wished to escape this world. But there were also those who wished to remain very much involved in the world and to be intensely alive. A golden age of Bharatanatya dances, raga music, sculpture and architecture and India’s first miniatures had begun. This was also a time when, in the field of mathematics, India discovered the number zero, positional numeration, and how to precisely calculate the circumference of the earth.These glimpses of India will reveal to the reader a fertile, exuberant, and multifaceted civilization very different from the poverty-conscious and superstitious cliches that are the remnants of India’s recent colonial past.Michel Angot, an expert in Sanskrit grammar, teaches at INALCO.
French description: Entre le nirvana du Buddha et les invasions musulmanes, environ dix-huit siecles ou brille la civilisation indienne. Pourtant, aucune institution ne vient l’organiser, aucun etat durable n’encadre son essor ce qui n’empeche pas une intense reflexion sur la notion meme d’etat. Curieusement, alors que l’Inde est une simple expression geographique, il existe une civilisation indienne, sans doute la seule grande civilisation qui soit federee non par un etat mais par une langue, le sanskrit, langue sacree des brahmanes mais aussi langue de culture. De meme, aucune Eglise ne vient institutionnaliser les religions ni le formidable elan speculatif des chercheurs de verite: le Buddha, le Jina, Patanjali, Samkara et bien d’autres se tournent ou se detournent des textes sacres, le Veda. Ils vont des lors reflechir sur les grandes notions qui structurent la vie spirituelle: Que vaut l’action humaine qu’on nomme karman ? Comment echapper au monde du devenir, le samsara ? Peut-on vivre dans la non-violence ? Comment expliquer le mal? Comment penser une organisation sociale, le systeme des castes, qui est au coeur de l’Hindouisme ?La reflexion concerne une minorite d’ascetes, de, de penseurs professionnels qui veulent sortir du monde. Mais il y a aussi ceux qui souhaitent y demeurer et vivent intensement. La danse du Bharatanatya, la musique des raga, la sculpture et l’architecture, les premieres miniatures fleurissent. C’est aussi l’epoque ou, en mathematique, l’Inde decouvre le zero, la numeration par position et calcule avec precision la circonference terrestre.Voila qui permet de decouvrir une civilisation riche, exuberante, multiple, bien loin des cliches miserabilistes et superstitieux qui sont un heritage de son proche passe colonial. [Remarques de l’éditeur] ISBN: 9782251410159
ANNOUSSAMY, David. Le Droit indien en marche. Paris: Société de législation comparée, 2001, 308 pp.
Le droit indien, souvent considéré comme étrange et complexe, devient parfaitement accessible avec cette présentation magistrale de David Annoussamy. Avec sa double expérience de juge et d’universitaire, il fait vivre devant vous ce droit en pleine mutation. Du droit hindou initial axé sur les principes védiques auxquels la population reste attachée, on passe aux règles modernes empruntées au droit anglo-saxon, qui ont de la peine à s’imposer. Les juristes pourront glaner dans cet ouvrage des principes neufs et féconds pour alimenter leurs réflexions. Les curieux de l’Inde y puiseront une foule de connaissances qui les aideront à mieux comprendre ce pays. [Remarques de l’éditeur] ISBN: 9782908199208
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ASSAYAG, Jackie. L’Inde, désir de nation. Paris: Jacob, 2001, 347 pp.
Comment l’Inde, berceau d’une civilisation millénaire, est-elle devenue une nation ? De quelles façons la race, la culture, la langue et la religion ont-elles contribué à façonner la nation dans cette démocratie de plus d’un milliard d’habitants ? C’est par l’étude de quelques symboles à la fois émotionnels et mobilisateurs, comme la patrie, la carte, la vache, la mère, la déesse, l’ermitage, la procession, que Jackie Assayag a choisi d’éclairer la fabrique du nationalisme et la construction de l’État-nation en Asie du Sud, où cohabitent neuf cents millions d’hindous et plus de deux cents millions de musulmans. Cette enquête sur les traditions autochtones ou importées liées à l’amour de la patrie et à la haine de l’étranger , montre la créativité des cultures et la complexité des sociétés depuis la colonisation et jusqu’à l’âge dit de la mondialisation. Où l’on découvre les formes originales qu’ont pris l’État-nation, le nationalisme et la xénophobie hors de l’Europe. Jackie Assayag est directeur de recherche au CNRS et membre du Centre d’études de l’Inde et de l’Asie du Sud à l’EHESS. Il a notamment publié La Colère de la déesse décapitée, Au Confluent de deux rivières et L’Inde fabuleuse. [Remarques de l’éditeur] ISBN: 9782738109613
D’AUNAY, Arnaud. Les Indes françaises: Pondichéry, Chandernagor, Karikal, Yanaon et Mahé. Paris: Gallimard, 2001, 111 pp.
Infatigable peintre voyageur, Arnaud d’Aunay est parti pour nous à la découverte des cinq comptoirs français en Inde, à la recherche de la plus frêle empreinte, du moindre vestige de l’époque brillante et glorieuse de Dupleix (XVIIIe siècle), inaccessible comme un songe et d’autant plus attrayante. Ainsi, à travers une palette de couleurs lumineuses et un regard chargé de tendresse et de transparence, l’artiste nous guide dans ses découvertes émouvantes, toutes issues d’un lointain passé français. Il sait aussi traduire les rencontres inattendues de la vie quotidienne, qui sont autant de reflets saisissants de cette Inde mystérieuse. [Remarques de l’éditeur] ISBN: 9782742408405
CAILHOL, Jany. Voyage au bout de l’Orient. Toulon: Les Presses du Midi, 2001, 303 pp.
Au début des années soixante-dix, si tous les chemins ne menaient pas à Katmandou, beaucoup de jeunes gens voulaient du moins emprunter et expérimenter d’autres voies… en prenant la route ! Plus qu’un grand périple vers l’Orient qui conduit droit à l’Inde, où le narrateur est envoûté par un pays imprégné de spiritualité, c’est un voyage intérieur que nous faisons avec Jany Cailhol qui se lance dans une quête spirituelle, une aventure mystique d’une extrême exigence, sans se départir jamais de sa lucidité ni de ses doutes : il dira la fragilité de ses élans vers le divin, face aux désirs tenaillants du monde matériel ; le combat mené au jour le jour pour s’extraire de soi, sentir son âme au contact de la beauté du monde, entendre enfin, par le biais de la méditation, la musique divine. Ce “journal de voyage” d’un jeune homme de vingt ans est plus qu’un récit, une narration d’événements pittoresques ou exotiques, voire humoristiques ; il s’organise autour d’une réflexion et d’une recherche intérieure émaillée d’éclats et fulgurances poétiques. [Remarques de l’éditeur] ISBN: 9782878673395
CARRIÈRE, Jean-Claude. Dictionnaire amoureux de l’Inde. Paris: Plon, 2001, 455 pp.
Depuis plus de vingt ans, Jean-Claude Carrière séjourne régulièrement en Inde. Il nous propose avec cet ouvrage un vagabondage personnel, l’inventaire de ses curiosités culturelles ou géographiques, anciennes ou actuelles. Le passeport idéal pour toutes les évasions.
L’Inde lance un défi au regard comme à la raison : tant de peuples, tant de langues, de coutumes, de croyances, d’activités. Tant de passé dans tant de présent. On pourrait croire qu’un tel pays n’existe pas. Et pourtant la démocratie indienne fonctionne, et tous ces peuples n’en font qu’un.
Par quel prodige ? Ce dictionnaire – où l’amour voudrait ne pas être aveugle – tente de répondre à cette question, par un zigzag constant, et très indien, entre les lieux, les dieux, les hommes et le hasard. Nous changeons sans arrêt de sujet, nous passons du concept à l’anecdote, guidés par un ciment invisible, mais tout-puissant, qui est le grand récit épique appelé le Mahâbharata. L’Inde, une illusion qui ne trouve sa réalité que dans un poème. [Remarques de l’éditeur] ISBN: 9782259182041
CLAVARON, Yves. Inde et Indochine, E. M. Forster et M. Duras au miroir de l’Asie. Paris: Honoré Champion, 2001, 320 pp.
A critical analysis of Forster’s and Duras’s work against what the critic considers as a political, literary and biographical colonisation of the East. [IM] ISBN: 9782745303653
DARS, Sarah. Ramdam à Mahâbalipuram. Arles: Picquier, 2001, 209 pp.
Doc n’est pas un détective de métier. Ce brahmane, fou de musique indienne et d’arts martiaux, exerce à Madras la profession de médecin. Or la mort suspecte d’une de ses protégées va l’entraîner malgré lui dans une course à travers la jungle aussi bien que dans les faux paradis des plages à touristes, dans des processions religieuses aussi bien que dans un monde louche de petits truands. Ce qu’il n’avait pas prévu, c’est que Sumitrâ était secrètement éprise de lui, qu’elle avait pas mal d’ennemis, un passé trouble, et des activités mystérieuses. [Remarques de l’éditeur] ISBN: 9782877305037
DELIEGE, Robert. Introduction à l’anthropologie structurale : Lévi-Strauss aujourd’hui. Paris: Le Seuil, 2001, 174 pp.
Aborder la pensée de Claude Lévi-Strauss, un des plus grands – et des plus prolifiques – anthropologues du XXe siècle, n’est certes pas chose aisée. Le présent ouvrage peut se comprendre comme une introduction à l’œuvre, riche et dense, de l’ethnologue français. Il se veut d’abord une synthèse générale, passant en revue les grands thèmes et les ouvrages principaux qui ont marqué l’anthropologie structurale. Il développe ensuite une approche critique d’une théorie élaborée voici plusieurs décennies et qui invite aujourd’hui à un «regard éloigné». L’admiration n’empêche pas de prendre ses distances par rapport à une pensée qui ne déchaîne plus les passions, mais que l’on peut désormais qualifier de «classique». On s’interrogera sur sa pertinence et ses insuffisances, pour ensuite passer en revue les travaux de quelques personnalités qui ont été influencées par le structuralisme. [Remarques de l’éditeur] ISBN: 9782020498319
DÉTRIE, Muriel (ed.). France-Asie: un siècle d’échanges littéraires. Paris: Librairie You Feng, 2001, pp.
Le volume de textes réunis et présentés par Muriel Détrie est emblématique d’une approche ouverte et plurielle sur l’un des plus anciens et néanmoins pérennes marqueurs d’altérité que l’Occident ait connu : l’Orient.
L’Europe et la France en particulier sont vieilles de quatre siècles d’ « orientalisme », dénomination derrière laquelle ne se cache pas qu’une entreprise impérialiste de l’Occident, loin s’en faut. Or, si l’emploi d’ « Asie » supplante de plus en plus l’emploi d’« Orient » – après avoir longuement coexisté dans la plus grande confusion -, c’est précisément parce que l’on sort de « l’illusion orientale » entretenue par l’Occident à son insu.
Ce n’est pas l’un des moindres mérites de France-Asie, un siècle d’échanges littéraires que de contribuer à démasquer le discours occidental au sujet d’un Orient soi-disant mystérieux. L’avantage de l’approche comparatiste sur les travaux des sinologues ou des indologues qui lui sont certes nécessaires, est qu’elle se situe au point précis où se lace le noeud gordien : la représentation. L’imagologie a permis de distinguer l’altérité réflexive et autoréférentielle (alter) de l’altérité véritable (alius). Au cours de l’histoire des contacts et des échanges entre Europe et Asie, le rapport à l’alius asiatique fut l’exception plutôt que la règle. Pour diverses raisons afférentes à la géopolitique (essor des nations asiatiques) autant qu’à la philosophie (contestation de l’idéalisme), l’ouverture au discours de l’Autre devint plus aisé – sinon plus vital. Quoiqu’il y ait beaucoup à dire sur ces échanges avant le XXe siècle, le choix d’étudier les cent ans passés ressortit aussi bien à l’ambition d’explorer « un champ d’étude particulièrement riche mais qui n’a été que sporadiquement exploité jusqu’à présent » (M. Détrie), que de la conviction d’être à une époque propice à l’instauration d’un échange réel.
Pour s’ouvrir à la pensée de l’Autre, il est indispensable de pouvoir le lire. La première partie du volume s’attache donc à quantifier et à qualifier la traduction, l’édition et la critique des littératures asiatiques en France ainsi que leurs équivalents en Asie. La double démarche ainsi initiée offre au lecteur la richesse d’une ‘stéréoscopie’ sur la question des rapports entre Europe et Asie dont la vertu principale est de l’extraire du vieil orientalisme. Pourtant, l’optimiste sera vite rattrapé par la réalité des conditions de traduction. C’est ce que mettent en évidence Cécile Sakaï, Jeanne Sigée et Muriel Détrie. En effet, les questions de genre se posent rapidement : si la littérature japonaise est beaucoup traduite depuis les années 1980, la littérature pure (jun bungaku) arrive loin derrière la littérature populaire (taishu bungaku) dont l’intention avouée de divertir s’appuie sur la recherche de l’efficacité. L’horizon traductif de cette dernière fait peu de cas de l’intégrité et de la sacralité du texte original ; l’originalité de l’auteur (Yoshikawa par exemple) doit passer sous les fourches caudines d’un public-cible dont l’image du Japon attendue est renforcée. Cécile Sakaï constate que la teneur culturelle en est effacée : la littérature populaire venue du Japon ressemble à n’importe quelle autre littérature populaire. Pour ce qui concerne les traductions d’oeuvres dramatiques classiques du même pays, la dramaturge Jeanne Sigée, tout en insistant sur l’importance du talent propre du traducteur, déplore que la fidélité au texte original soit trahie par un glissement vers le récit romanesque qui ne manque pas d’en réduire l’altérité. Le manque total d’égards à l’endroit d’une tradition littéraire se fit d’ailleurs jour au début de la sinologie, rappelle Muriel Détrie, puisque l’on traduisit des oeuvres dramatiques et narratives en dépit manifeste du mépris dans lequel la Chine tenait la fiction. L’étude de la traduction des ‘contes’ de Pu Songling Liaozhai zhiyi révèle un alignement des textes chinois sur un type de récits familiers à l’Occident. Ces traductions se caractérisent par un double mouvement d’élimination des traits irréductibles (qui seraient révélateurs de l’altérité chinoise) et d’accentuation de l’étrangeté (qui se nourrit de l’horizon en attente d’exotisme). Muriel Détrie note cependant que les traductions tendent à s’améliorer ces dernières années, ce qui n’est pas sans rapport avec l’action d’Étiemble qui fit entrer cinq romans chinois dans la prestigieuse collection de la Pléiade. En outre, l’exemple de Pu Songling montre que « c’est la diversité autant que la qualité des traductions qui sauve de l’oubli les oeuvres étrangères ».
Pourtant, toutes les littératures asiatiques ne sont pas traitées de façon égale. Si les vingt dernières années du siècle ont été particulièrement propices à l’édition de la littérature japonaise au point qu’on puisse parler d’un « second japonisme » (G. Gottlieb), voire d’un excès de publications, les littératures coréenne et sud-est asiatique affrontent d’autres périls. La coréanité doit être niée pour s’offrir en français (P.Maurus & Jeong E.-J.), si bien que la Corée semble ne pas exister, absorbée qu’elle est par la représentation de l’Asie. Double responsabilité française (recherche d’exotisme) et coréenne (promotion d’une image consensuelle) attestant de la difficulté de donner chapitre à la différence. À ce titre, l’article de Georges Voisset permet de sentir combien l’opposition entre Orient et Occident est une construction ne pouvant rendre compte de cette Asie du Sud-Est qui est « un précipité des vertus de l’hybridité et de la différence » Le discours hégélien sur l’Orient devient caduc : légitimation du comparatisme en littérature [1].
La sortie d’un système binaire de pensée ouvre à un questionnement que le volume édité par Muriel Détrie ne fait pas qu’aborder avec enthousiasme mais contribue vivement à nourrir. Ainsi le statut de la littérature ‘nationale’ et de la littérature ‘étrangère’ fait-il débat (A. Curien) dans le cas de la littérature chinoise contemporaine : comment considérer ce qui est écrit par des Chinois, hors des deux Chine, en chinois parfois, mais aussi en anglais et en français ? La question se pose aussi à propos de Mishima dont le succès en Occident contraste avec la défiance dont il est l’objet au Japon. Lui qui voulut emprunter aux classiques européens et japonais ce qu’ils avaient de meilleur, est souvent réduit en France au cliché de la mort volontaire et considéré au Japon comme peu japonais (D. de Gasquet). Par comparaison, Sôseki Natsume, qui estimait la modernisation du Japon superficielle, n’a jamais trouvé en France l’estime qui lui est accordée en son pays (P. Montupet). La réception en France du poète chinois Ai Qing, décoré de la légion d’Honneur, montre que, malgré son écriture occidentaliste, le contenu réaliste de ses poèmes et ses longs séjours en France, il est perçu au prisme de son engagement politique et de son rapport à la tradition chinoise (Xu Shuang). L’attente des critiques et des lecteurs, quoiqu’elle ne se distingue pas forcément par sa clairvoyance, a parfois, comme Noël Dutrait l’explique à propos de Gao Xingjian et de A Cheng, d’heureuses conséquences, à tel point que la littérature chinoise contemporaine soit en passe d’être reconnue comme une des grandes littératures mondiales. Juste retour des choses, tant la littérature française est prisée en Chine.
On sait le rôle qu’elle a joué dans la naissance de la littérature chinoise moderne au début du siècle. Mais on sait moins qu’elle connaît à Taïwan un « essor éclatant » (E. Lin) depuis une vingtaine d’années : la littérature légère et de divertissement y côtoie Camus, Duras et Kundera. Les revues ont un rôle important dans cette diffusion à Taïwan comme en Chine continentale. Si le milieu littéraire chinois peut vivre au même rythme que le monde entier, c’est, note Xu Shuang, grâce aux revues qui introduisent une nouvelle terminologie de critique littéraire, et aux universitaires chinois de France qui permettent à la littérature française une réception de bonne qualité. Il aurait été intéressant d’en connaître l’état au Japon pour savoir si les initiatives de Claudel puis Malraux avec la Maison franco-japonaise étaient encore suivies d’effets. Mais il est bienvenu de lever le voile sur la réception de la littérature française en Thaïlande (F. Maurel) et au Tibet (L. Maconi). Ce dernier apparaît comme un condensé des différents problèmes d’ouverture à l’Autre : en effet la diglossie officielle depuis 1950 contraint bien souvent les Tibétains à passer par le chinois, raison pour laquelle le prestige de la littérature française y est hérité. La question fondamentale et urgente pour les Tibétains est de connaître le regard que l’Autre porte sur eux (c’est à ce titre que l’oeuvre d’A. David-Néel les intéresse). Le rôle de la littérature étrangère est d’y servir d’étai par l’emprunt de formes et de contenus. Tout comme le Tibet, la Thaïlande a toujours accordé à la traduction une place importante dans sa culture. Le phénomène de traduction-adaptation d’oeuvres indiennes, khmères, cinghalaises, arabo-persanes, javanaises, chinoises et enfin occidentales fait de l’altérité un élément constitutif de l’identité ‘nationale’ thaï et non une menace. La littérature française, le plus souvent présentée comme « une référence absolue », universelle et classique (F. Maurel), pourrait jouer dans le développement de la littérature thaï le même rôle qu’en Chine au début du siècle.
La question de l’intertextualité a ouvert une brèche dans l’opposition factice entre Orient et Occident depuis que Hugo et Lamartine ont pris pour modèle le Mahabharata – fracture qui n’est pas prêt de se réduire. C’est le domaine de l’exotisme dit ekphrastique qui concerne les échanges entre différentes traditions culturelles. Mais la question ne se pose pas de la même façon au XIXe siècle et au début du XXIe. Le monde s’est transformé et ces échanges ne peuvent pas ne pas en être affectés. Aussi la question sous-jacente à toute la deuxième partie est-elle de savoir si Husserl avait raison de dire que le destin de toutes les parties de la terre était de s’européaniser, alors que l’Europe, étant la seule à fournir aux autres traditions un réseau de sens et d’interprétation, n’aurait jamais, par exemple, à s’indianiser [2]. Wilhelm Halbfass fit le même constat : « In the modern planetary situation, Eastern and Western ‘cultures’ can no longer meet one another as equal partners. They meet in a Westernized world, under conditions shaped by Western ways of thinking. » [3].
L’exemple de Oe Kenzaburo, étudié par Philippe Forest, tendrait à renforcer cette thèse puisque le romancier japonais doit en passer par la langue de l’autre pour accéder à la conscience. La supériorité du français est de ‘parler les mots de l’humanisme’, contrairement au japonais. Certes, corrige P. Forest, les Japonais savent que le roman moderne est une forme empruntée, si bien qu’ils ont une meilleure appréciation de l’aliénation constitutive de tout acte créatif. Les écrivains chinois contemporains qui portent leur regard sur les écrivains français privilégient la langue, les modes narratifs et la musicalité de l’expression ; par là ils donnent la preuve que la littérature chinoise post-maoïste est entrée dans une ère de réflexion littéraire et esthétique (A. Curien). Serait-ce au détriment du caractère chinois de leur œuvre ? La contribution de Zhang Yinde rend la perception du problème plus nuancée. Il observe en effet que l’influence de la littérature française en Chine ne se fait plus par emprunt de techniques mais par collage de citations explicites ou implicites ; ce qui sous-tend et motive une écriture polyphonique mêlant le discours social à l’idiolecte des auteurs, à tel point qu’une des vertus de l’intertextualité franco-chinoise est que la littérature française « n’est plus perçue comme une source d’influence ou comme caution, mais comme un fragment permutable, l’altérité circulant dans des textes qui désormais se dépolarisent et dialoguent » (Zhang Y.). L’Asie du Sud-Est, considérée comme une « Asia in miniature » (Braginsky), se semble pas, malgré une longue tradition d’adaptation et de transformation des éléments étrangers, s’être départie de son animisme et de ses pratiques chamaniques (R. Harrison). Il se révèle presque impossible de distinguer ce qui est étranger de ce qui est indigène dans la forme des textes modernes, particulièrement aux Philippines : est-ce suffisant pour infirmer les propos de Husserl ?
La présence de l’intertexte asiatique dans les oeuvres françaises pourrait nous éclairer. Ainsi l’analyse très probante des récits de Marius-Ary Leblond par J.C.C. Marimoutou éclaire d’un jour nouveau les romans coloniaux. En effet, sous l’apparent discours de dénigrement ou de mise à distance de l’Autre, le texte colonial inscrit et créolise des conceptions du monde liées à l’Inde du Sud. Les Leblond en viennent à laisser leur discours se prendre aux pièges des textes de l’Autre : la matrice du récit colonial est hindoue du fait que « le texte où le même parlant de l’autre en vient à voir son discours habité et transformé par les mythes de ce dernier. » (J.C.C. Marimoutou). Tout à l’opposé de cette influence involontaire, la démarche du théâtre du Soleil d’Ariane Mnouchkine, dans la lignée de Copeau et Meyerhold, est résolument inspirée par les dramaturgies d’Asie. Le bunraku, ce théâtre de marionnettes japonais, est une source d’inspiration qui n’est ni copiée ni imitée puisque il doit y avoir création et non citation. Le bunraku est traité comme « matrice d’un projet de théâtre différent » (F. Quillet) qui doit mener le théâtre du Soleil jusqu’au nô. Ces références participent à un changement des formes théâtrales proprement occidentales, conclut Françoise Quillet. Le cas de Pascal Quignard, pour être intéressant, est en revanche moins décisif que les deux précédemment évoqués. Quoique les littératures asiatiques – surtout chinoise – représentent beaucoup de citations et lui fournissent une forme (le fragment), des idées (le débat sur le langage), des modèles (le lettré) et surtout des images qui nourrissent ses obsessions, il est permis de se demander s’il n’aurait pas écrit la même oeuvre sans ces références. Question moins spécieuse qu’il n’y paraît tant Philippe Postel remarque « qu’un lecteur peu averti et crédule pourrait s’imaginer que les civilisations de l’Extrême-Orient n’ont finalement toujours tendu qu’à démontrer la validité des propos de Quignard ».
La position de Salmann Rushdie, voire de la littérature anglo-indienne dans son ensemble, traditionnellement située ‘entre Orient et Occident’ (et accueillie fraîchement par les critiques indiens), pour qui la conquête de la langue anglaise est la dernière étape de libération, n’est-elle pas la preuve éclatante de ce que le cadre de cette révolte est encore fourni par l’Europe ? Un autre exemple, celui du philosophe Kuki Shuzô, développé par Sandrine Marchand, montre combien le Japonais dut lutter contre l’accaparante parole de Heidegger pour faire entendre la notion esthétique iki, pour laquelle il n’existe aucune coupure entre le sensible et le suprasensible. À travers cette réponse à la phénoménologie de l’Allemand, on peut estimer que « le destin des pensées de l’Extrême-Orient semble ne faire qu’un avec celui de la métaphysique, jusque dans la mise en cause de celle-ci » (S. Marchand). C’est à juste titre prendre notre ignorance à partie, comme Roger-Pol Droit le fit avec L’Oubli de l’Inde, une amnésie philosophique (1989), et interroger les représentations de l’Asie que nous construisons, comme le note Isabelle Nières-Chevrel, à un âge précoce.
Cet ensemble d’études contribue ainsi de façon exemplaire à explorer le champ des représentations et des relations relatives à l’Autre. En sortant d’un orientalisme suranné, le discours sur l’Asie ouvre des perspectives qui défient, par leur foisonnement, toute réduction à un système. Et ce n’est pas la moins roborative des qualités de ce volume que de faire sentir combien les échanges de qualité nécessitent la connaissance, sinon la maîtrise de leurs conditions d’existence.
Notes
[1] Jean Bessière, « Littérature, littérature comparée et droit de la disparité », in Literary Research / Recherche Littéraire, 17, 33, printemps-été 2000, Bulletin de l’AILC / ICLA, p. 12.
[2] Edmund Husserl, Die Krisis der europäischen Wissenschaften und die tranzendentale Phänomenologie, La Hague, W. Biemel, 1954, pp. 14 & 320.
[3] Wilhelm Halbfass, India and Europe – An Essay in Understanding, New York, State University of New York Press, 1988, p. 169.
This book brings together in one volume some of the significant features of the french view of the period through drawings and sketches (over fifty colour plates included) of the city landscapes and monuments. [Remarques de l’éditeur] ISBN: 9780195657319
LEFEBVRE, Charles-Stanislas. Campagnes et missions (1793-1821). Paris: Teissèdre, 2001, 133 pp.
Les souvenirs de Charles-Stanislas Lefebvre s’étendent de 1793 (siège de Pondichéry) à 1821. Lefebvre fut l’aide de camp de Decaen. En 1804, on le chargea de dresser un rapport sur la situation de l’île de France et de la Réunion. Envoyé en mission en France, il rencontra le couple impérial. Puis, il retourna à l’île de France avec Decaen jusqu’à la capitulation en 1810. Pendant la campagne de 1814, Lefebvre devint chef d’état-major de la 2e division de réserve de Paris. Il conclut son récit par les opérations dans le Midi en 1815 et la période trouble de la Terreur Blanche. Ses souvenirs figurent parmi les plus fiables et les plus riches qui aient été écrits sur la période. [Remarques de l’éditeur]
Les souvenirs de Charles-Stanislas Lefebvre s’étendent de 1793 (siège de Pondichéry) à 1821. Lefebvre fut l’aide de camp de Decaen. En 1804, on le chargea de dresser un rapport sur la situation de l’île de France et de la Réunion. Envoyé en mission en France, il rencontra le couple impérial. Puis, il retourna à l’île de France avec Decaen jusqu’à la capitulation en 1810. Pendant la campagne de 1814, Lefebvre devint chef d’état-major de la 2e division de réserve de Paris. Il conclut son récit par les opérations dans le Midi en 1815 et la période trouble de la Terreur Blanche. Ses souvenirs figurent parmi les plus fiables et les plus riches qui aient été écrits sur la période. [Remarques de l’éditeur]
À travers les amours maladroites d’Ashok et de Priya, la quête de Faisal pour le bleu perdu de l’enfance, et la randonnée magique de Vassou et de son oncle fantôme, le portrait d’une île Maurice où les identités dérivent et s’entrechoquent sans fin. [Remarques de l’éditeur]
Il est des villages isolés dans le désert du Thar au Rajasthan, où le temps n’existe pas, où le bonheur est présent. Lorsque Hans Silvester est parti pour un voyage au long cours dans la région la moins peuplée de l’Inde, il était loin de se douter qu’il rencontrerait des femmes évoluant dans un univers où, avec d’humbles richesses, elles partagent un bonheur quotidien. Il suffit de voir leur rire, leur beauté, leurs créations artistiques pour se rendre compte qu’elles vivent pleinement, heureuses et généreuses. C’est beau et serein. Chaque chose est à sa place. Et si les maisons sont abîmées par la mousson, elles seront reconstruites par des mains de femmes qui les rendront belles et agréables à vivre. Une leçon de sagesse à méditer. [Remarques de l’éditeur]
Nâgârjuna, moine bouddhiste du IIe-IIIe siècle originaire d’Inde, est renommé pour être le fondateur de l’école philosophique dite du ” Milieu “. Le rayonnement et l’immense influence de sa pensée lui permettent d’occuper aujourd’hui une place de premier ordre à l’intérieur du bouddhisme Mahâyâna, à tel point que le bouddhisme tibétain le considère comme l’un de ses maîtres, et que le Ch’an ainsi que le Zen le reconnaissent comme le quatorzième patriarche indien dans la succession des maîtres depuis le Bouddha. Paris le Traité du Milieu (Mâdhyamaka-kârikâ), son principal ouvrage, Nâgârjuna affirme que le principe de vacuité (sûnyatâvâda) fonde la réalité, c’est-à-dire qu’il en est la loi essentielle, intime. ” Pensée du tréfonds de la non-pensée “, selon la célèbre expression de maître Dôgen, la vacuité est une pratique concrète du non-attachement, une discipline effective de la mise à distance. Rendre perceptible l’imperceptible vérité, comprendre que tout échappe à la compréhension, c’est là le sens réel de la Voie, du Milieu, que Jean-Marc Vivenza, philosophe, explore avec talent. [Remarques de l’éditeur]
Vingt écrivains s’exprimant dans neuf langues de l’Inde pour témoigner de la richesse, de la diversité et de la créativité des littératures indiennes d’aujourd’hui. Certains ont déjà conquis la notoriété, d’autres – peut-être parce qu’ils écrivent dans leur langue d’origine – demeurent encore inconnus des lecteurs français, mais chacun parle d’une voix singulière dans une impressionnante renaissance intellectuelle, que ce soit en Inde ou dans le monde. Cette anthologie accompagne la venue en France de ces écrivains indiens, à l’initiative du Centre national du livre, organisateur de ces Belles Étrangères. Elle nous offre la chance d’aller à leur rencontre et de découvrir pour notre plus grand étonnement une véritable floraison littéraire. [Remarques de l’éditeur]
Appanah’s novel takes the reader back to the late nineteenth century when thousands of Indians were embarking for Mauritius in the hope of finding a better life. Les Rochers du Poudre d’Or focuses on the diverse geographical, social, and cultural histories of the embarking Indians. It replaces conventional emplacement narratives of immigrant success with stories of displacement by drawing the reader’s attention to the deception, trauma, and sexual violence experienced by the coolies bound for the plantation named Poudre d’Or. Appanah’s version of indenture history subverts the more popular narratives of the Indian immigrant’s resilience and success on the island.
Le roman d’Appanah nous remonte à la fin du dix-neuvième siècle où des milliers d’Indiens embarquaient à destination de l’île Maurice dans l’espoir de trouver une meilleure vie. Les Rochers du Poudre d’Or focalise sur les diverses histoires géographiques, sociales et culturelles des Indiens qui se mettaient en route à cette époque-là. L’auteure préfère des récits de dépaysement au récit traditionnel de la réussite de l’immigrant. On attire l’attention du lecteur sur la déception, le traumatisme et la violence sexuelle vécus par les coolies en route aux plantations nommées ‘Poudre d’Or’. La version de l’histoire des travailleurs engagés dans le livre d’Appanah déjoue les récits plus courants à propos de la réussite et les pouvoirs de survie des immigrés indiens à l’île Maurice.
[SR]
“Près de l’hôtel se trouvait un petit sanctuaire de Vishnou. Un des Tamouls jeta dans le feu une galette de bouse de vache séchée, qui crépita en éclairant les visages. Au centre, se tenait un hindou âgé, très maigre, vêtu d’un simple morceau de toile blanche autour des reins.
S’avançant vers lui à pas lents, Johanna le salua à la manière hindoue.
Rien n’était plus saisissant que le contraste entre ce vieillard pénétré de la sagesse de l’Inde, assis là, à demi nu, et cette jeune fille élégante dans sa robe de bal couleur corail.
Le lieutenant de Mainville, surpris et amusé par cette scène, contemplait la jeune fille.
– Je n’ai pas encore dansé ce soir, dit-il. Vos amis ne verront pas d’inconvénient à ce que je vous enlève, j’imagine (il ne l’imaginait pas, en effet). Et vous m’expliquerez vos sentiments sur les Anglais.”
L’Inde du XVIIIe siècle aurait pu être française ! Ce qui aurait changé sans doute le cours du monde. Mais de mauvais conseillers poussèrent Louis XV à retirer sa confiance à Dupleix, et la France, indifférente, laissera les Anglais l’emporter.
Au travers de la passion tumultueuse entre Johanna, nièce de Joseph Dupleix, gouverneur de Pondichéry, et Henri de Mainville, jeune officier venu servir en Inde, deux êtres que l’Histoire s’acharne à séparer, c’est toute l’époque de la Compagnie des Indes qui est ressuscitée : de Pondichéry à Karikal, de Chandernagor à Golconde, jusqu’à Haïderabad et Trinquebar… [Remarques de l’éditeur]
10000 Kilomètres de tape-cul, 100 000 Nids de poules, 100 Millions de vaches sacrées, 1 Milliard de ganesh, 3 Millions de divinités, 100 000 Nettoyeurs d’oreilles, 56 Bombes atomiques, 120 Langues régionales, 4 Castes, Encore quelques maharadjas et 3 touristas ! [Remarques de l’éditeur]
CARRIN, Marine & JAFFRELOT, Christophe (eds). Tribus et basses castes. Résistance et autonomie dans la société indienne. Coll.: Purushartha, volume 23. Paris: EHESS, 2002, 376pp.
Ce volume est centré sur des groupes « laissés pour compte » durant des décennies par la sociologie traditionnelle. Jusqu’à quel point peut-on définir une sphère autonome d’action et de pensée subalterne hors du champ d’influence de la classe dominante ? Cette sphère autonome produit-elle une résistance quotidienne défiant la vision hiérarchique de la société de castes ? [Remarques de l’éditeur]
DELOFFRE Frédéric and Jacques POPIN eds. Robert Challes, Journal d’un voyage fait aux Indes orientales: du 24 février 1690 au 10 août 1691, 2 volumes. Paris: Mercure de France, 2002, 1,176 pp.
Le 24 février 1690, une escadre de six vaisseaux appareille de Lorient pour Pondichéry. Sa mission : relancer le commerce des Indes et donner la chasse aux vaisseaux anglais et hollandais. Ses aventures, batailles, tempêtes, peste, escales, retour par la Martinique, vont trouver un reporter exceptionnel : Robert Challe, le plus grand écrivain français de la période 1680-1715. Resté inconnu par goût de l’anonymat, il a été exhumé par Frédéric Deloffre. Son Journal paraît ici intégralement, éclairé d’un commentaire attentif. Rapportés au fil des jours, les événements gagnent en tension dramatique : tragiques comme la mort du capitaine ; souriants comme l’aventure, délicatement contée, de l’auteur avec une esclave persane de Pondichéry ; émouvants comme la fin d’une petite guenon, blessée avec son faon par un chasseur, dont la mort arrache des larmes aux plus endurcis. Enrichi de réflexions de tout ordre, de mots d’humeur, d’observations ethnologiques, le Journal d’un voyage fait aux Indes orientales est le chef-d’oeuvre inattendu du Grand Siècle. [Remarques de l’éditeur]
Il y a 4 livres dans cette série, qui ont également été traduits en anglais (There are 4 books in this series, which have also been translated into English):
1. Les Chemins de Brume (Misty Dreams) ISBN: 9782203389892
2. Quand revient la mousson (When the Monsoon Returns) ISBN: 9782203007970
3. À l’ombre des bougainvillées (Under the Shadow of the Bougainvilleas) ISBN: 9782203007987
4. Il n’y a rien à Darjeeling (There is nothing in Darjeeling) ISBN: 9782203007994
CORTANZE, Gérard de. Assam: roman. Paris: Albin Michel, 2002, 536 pp.
” Aventino regarde par la fenêtre de la berline. Il est tombé cette nuit beaucoup de neige. On ne voit plus les sentiers, les chemins, plus une seule route destinée aux hommes. Dans le lointain, les Alpes hérissent leur muraille blanche. Turin, le château familial, la campagne alentour, le fond de son être, tout n’est plus qu’une immense solitude qui le suit au long de la route, jusque dans Gênes. Et sur le bateau, Aventino ne perçoit rien du vacarme du port : quelque chose, en lui, s’est déchiré. Perdu dans la contemplation du grand bassin noir et luisant, le voilà dans un monde qu’il ne reconnaît plus. Une eau pâteuse se soulève et s’abaisse. Pourquoi tout ce temps sans revoir Maria Galante ? Pourquoi ce silence ? Pourquoi ce départ ? Parce que Aventino n’a plus rien à dire aux hommes de son siècle. “. Assam a reçu le Prix Renaudot 2002. [Remarques de l’éditeur]
Sous la canicule, le Bombay Express roule à petite vitesse, emportant le brahmane médecin Doc qui se rend à Bombay en compagnie du fidèle Arjun pour soigner l’obésité de son beau-frère. Mais le corps atrocement brûlé d’une jeune femme dans un compartiment de première classe lui ouvre les portes de Bollywood, des stars capricieuses et des studios de cinéma. [Remarques de l’éditeur]
DELOCHE, Jean. Le Papier terrier de la ville blanche de Pondichéry, 1777, présentation, analyse du document et établissement du plan parcellaire. Pondicherry: Institut français de Pondichéry, 2002, 175 pp.
DIRK, Van der Cruysse. Le noble désir de courir le monde, Voyager en Asie au XVIIe siècle. Paris: Fayard, 2002, 572 pp.
Les voyageurs qui découvrirent l’Asie au Grand Siècle ne ressemblaient guère aux touristes pressés et impatients que nous sommes devenus. Les uns s’entassaient sur d’inconfortables navires, les autres traversaient le désert avec des caravanes, et mille périls les guettaient pendant ces longues pérégrinations. Marchands, diplomates, mercenaires, missionnaires, protestants fuyant l’intolérance, curieux fortunés, aventuriers en rupture de ban avec la société, ils furent pourtant des centaines à se risquer sur les routes des Indes orientales, ou « Grandes Indes ». Au fil des pages de leurs récits de voyage, on les retrouve ici et là entre Constantinople et Batavia, en Perse, en Inde, au Siam, en Chine, où tout leur paraît différent : les paysages et les animaux, bien sûr, mais plus encore les hommes, leur langue, leurs coutumes, leur sexualité, leurs dieux et leurs démons.
Les voyageurs du siècle classique cherchent des mots pour dire leur émerveillement. Ils s’interrogent sur des comportements et des façons de penser qui ne correspondent en rien à ce qu’ils ont appris, mais qui, mois après mois, modifient insensiblement leur regard sur la chrétienté. « Quelques-uns achèvent de se corrompre par de longs voyages et perdent le peu de religion qui leur restait », déplore La Bruyère. Les relations de leurs aventures rencontrent un succès croissant, car elles inspirent des débats religieux, philosophiques, anthropologiques, qui à leur tour font lentement progresser les idées de relativité culturelle et de tolérance. [Remarques de l’éditeur]
Dans un Londres à la Dickens, deux orphelins dépenaillés maraudent à la recherche du bon coup qui va leur permettre de survivre un jour de plus. Il y a tout d’abord Basil, qui chasse le rat en compagnie de son fidèle Cromwell. Rêveur patenté, c’est un grand amateur de pintes de bigorneaux. Et puis il y a Victoria, grande raconteuse d’histoires qui jure qu’enfant, elle fut volée à la cour par un odieux gitan. Si Basil et Victoria ont de multiples sujets de dispute, à commencer par les autres filles qui tournent dans le secteur, leur amitié les conduira surtout à vivre des aventures qui les mèneront jusqu’au bout du monde. La série a été récompensée à Angoulême, avec l’Alph-Art du meilleur album décerné à ” Jack” en 1993. [Remarques de l’èditeur]
Dans l’Inde du XVIe siècle, Birbal était le plus proche conseiller de l’empereur Moghol Akbar. Il avait le don de résoudre toutes sortes d’énigmes ou de problèmes. Qu’il s’agisse de découvrir le sens d’un affreux cauchemar, de compter les corbeaux de la ville, de trier le sucre du sable… Birbal, le rusé, a réponse à tout. Il sait même, dans ces très courtes histoires, déjouer avec calme les manœuvres des courtisans envieux. Depuis des siècles, petits et grands trouvent derrière les jugements avisés de Birbal d’astucieuses réflexions sur la tolérance et la générosité. Et ce, de la plus joyeuse manière ! [Remarques de l’éditeur]
This title examines the achievements of Maharaja Ranjit Singh, ruler of the last great Indian state, which successfully resisted British expansionism until 1849. The main emphasis is on the dynamism and energy of the Maharaja and the Punjabi people in establishing a state in the Land of the Five Rivers. Ranjit Singh’s empire ultimately came to include Kashmir, Ladakh, and Peshawar, extending as far west as the Khyber Pass. Ranjit Singh respected the ethnic and religious diversity of the people of the Punjab and successfully forged a political, social, and cultural synthesis among them. He also introduced innovative administrative measures in the political, economic, and cultural spheres of his kingdom. His secular policy was matched by his modernizing drive, seen most spectacularly in the military field where innovative measures were introduced with the help of French and Italian military officers who had served under Napoleon. Among the most serious military challenges which the British encountered in their century-long conquest of India (1757-1849) occurred on the battlefields of Ferozeshah and Chillianwala. This volume elaborates on the catalogue of the exhibition “Life and Times of Maharaja Ranjit Singh” organized by the Government of Punjab at the Rambagh Place, Amritsar, Punjab, India, to celebrate and commemorate the bicentenary of the coronation of Maharaja Ranjit Singh (16 November 1801-2001). [Remarques de l’éditeur]
Dans la mythologie de l’Inde ancienne, le dieu Yama, fils du Soleil, est aussi le premier mort : il fait l’expérience de la mort pour reconnaître le chemin que les hommes, après leur trépas, emprunteront pour accéder à l’au-delà.
Roi des ancêtres, préposé à la mort, juge des morts, yama fait connaître et impose aux hommes leur condition de mortels. Il est parmi les dieux celui qui veille sur les contraintes et les devoirs qui ordonnent la vie sociale et individuelle. A ce titre, son pouvoir (son «bâton») est le modèle du pouvoir royal ici-bas.
Yama a une sœur jumelle, Yami. Bien qu’il se soit dérobé, par peur de l’inceste, à l’amour qu’elle lui offrait, elle le pleure quand il meurt, puis transforme sa douleur en deuil et crée des formes nouvelles de remémoration et de tendresse entre frères et sœurs.
Dans ce livre, Charles Malamoud analyse les relations que la sagesse et les folies de l’Inde ont su déceler entre la mort, la loi, la répétition et l’écriture. Il met en perspective les rites et les mythes de l’Inde védique et brahmanique qui disent comment vivent les mortels, comment les générations se succèdent.
A romantic historical novel set in nineteenth-century Pondicherry, notable for its attempt to convey the backdrop with accuracy. The Indians mostly attend to the domestic chores in the background, but Joséphine Gauthier [perhaps a homage to Judith Gautier], the heroine’s stepmother is interesting because is mixed race and possibly inspired – in this point only – by Jeanne Dupleix. [IM]
Ramanujan (1887-1920). Mathématicien indien d’Inde du Sud, du sud de Madras. Ramanujan, mathématicien de génie, autodidacte ou presque, sans diplômes, sans études, sans collège. Et il ira à Cambridge, quelques années, des années de guerre, première, mondiale, avant de revenir mourir à Madras. Ramanujan, c’est l’histoire des mathématiques indiennes, et l’histoire de l’Inde, celle qui commence à concevoir l’indépendance, une Inde balbutiante pour lui qui est déjà si loin des castes, de l’intégrisme, de l’irrespect. Ramanujan, c’est une vie courte, fulgurante, mais un siècle après, elle n’est pas finie, pas encore. Et son nom est sur toutes les lèvres indiennes, et même les ignorantes, celles des rues, des trottoirs. Ramanujan, c’est aussi une des plus belles histoires d’amour que je connaisse, entre un homme et une femme. Une histoire interrompue par la maladie, la mort, jeune, ces ingrédients de roman, normalement. [Remarques de l’auteur]
Laura, infirmière française, vit depuis six mois en Inde, pays auquel elle se donne corps et âme. Si son travail bénévole l’amène à mieux connaître les langues et les mœurs indiennes, une autre raison la motive, plus intime, plus secrète. Ses origines ont peut-être partie liée avec cette terre et ces gens dont elle se sent si proche. Sur les traces d’un grand-père anglais, le révérend James Corby, Laura part ainsi à la découverte de l’Orissa, où vivent plusieurs tribus, notamment les Palangas, les chasseurs de pluie. Christian Petit nous entraîne dans un monde où s’entremêlent tradition et modernité, un monde riche en couleurs et en aventures. [Remarques de l’èditeur]
Plus qu’une ville, Mumbai, qui autrefois s’appelait Bombay, est une cité, l’une des rares du monde. Cité énorme et hors normes : les dieux y prennent le taxi et vont en boîte mais, adossé à une baraque en planches, le diable allume un cigare tandis que, dans un club chic, les fantômes jouent aux cartes pour l’éternité. Christian Petr ne cherche pas à comprendre la ville, c’est-à-dire violer son intimité. Ce livre est une promenade dans Mumbai. Le pas parfois alerte pour surprendre la ville, la prendre par surprise au détour d’un geste, d’un bruit, d’une couleur, d’une odeur. [Remarques de l’èditeur]
Moins médiatisée que le conflit israélo-palestinien mais, comme lui, vieille de plus de cinquante ans, l’inextricable question du Cachemire sort de l’ombre. Le royaume à la population en majorité musulmane – qu’un maharadjah hindou rattacha à l’Inde en 1947 pour échapper à l’emprise pakistanaise – est devenu le cœur du triangle nucléaire de l’Asie. La ligne de contrôle qui le tranche demeure, après quatre guerres, ligne de front. Le régime militaire pakistanais a fait volte-face après le 11 septembre, en interdisant le passage au Cachemire indien des islamistes aux méthodes terroristes que les services secrets d’Islamabad soutenaient jusque-là. Ces hérauts du jihad n’en poursuivent pas moins leur stratégie de déstabilisation qui dresse les armées face à face, au risque d’un nouvel embrasement. Reste le cœur du problème : le sort des Cachemiris. Ni l’insurrection indépendantiste, ni la répression indienne, ni la surenchère islamiste n’ont, après des dizaines de milliers de morts, permis d’espérer une solution. Les conceptions antagonistes de la nation et du bon droit que véhiculent l’Inde et le Pakistan, le choc des ambitions stratégiques, les manœuvres des pouvoirs rendent le dialogue indo-pakistanais très aléatoire, tandis que les Cachemiris sont trop divisés pour se faire entendre. Derrière la tragédie du Cachemire se profilent moins le choc des civilisations que le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes face aux États post-coloniaux, le déficit démocratique dans la gestion des identités, les réseaux terroristes, le concept de guerre limitée sous parapluie nucléaire, l’attentisme des puissances, la faiblesse de l’ONU. Grandes questions qui illustrent les incertitudes de l’ordre mondial contemporain. [Remarques de l’èditeur]
Les charmes de l’Inde à Paris, avec le quartier de Little India dans le nord de la capitale et le célèbre passage Brady. De nombreuses adresses pour s’habiller à la mode indienne, pour les amateurs de yoga, de méditation et de massages, ainsi que pour ceux qui souhaitent découvrir plus précisément la civilisation, la littérature et la gastronomie indiennes. [Remarques de l’èditeur]
Le colloque sur “les relations entre la France et l’Inde de 1673 à nos jours”, organisé par le Centre de recherches sur l’histoire du monde atlantique (CRHMA) de l’Université de Nantes, s’est déroulé les 8 et 9 juin 2001 au musée Dobrée de Nantes. En raison de l’étroitesse des liens entre la ville et la Compagnie des Indes, Nantes se devait d’accueillir une telle manifestation. Au XVIIIe siècle, des négriers nantais écument l’océan indien occidental. Après 1848, ce sont encore des Nantais qui introduisent aux Antilles et à la Réunion des dizaines de milliers de coolies indiens dans le cadre d’un trafic que certains historiens ont qualifié de “nouveau système d’esclavage”. D’autres armateurs, comme les Dobrée, animent un trafic moins répréhensible avec les ports français et britanniques de l’Inde. En raison de l’importance des relations commerciales entre Nantes et Pondichéry, c’est tout naturellement un négociant nantais, Lecour, qui devient, en 1849, le premier député élu au suffrage universel dans l’Inde des castes. Le colloque s’est consacré aux divers aspects de la présence française en Inde, de la fondation de Pondichéry en 1673 et des entreprises de Dupleix et Bussy à la cession de jure des comptoirs en 1963, mais il s’est aussi intéressé aux relations économiques, politiques et culturelles établies à partir de 1947 entre la France et l’Inde indépendante. Il a revêtu un aspect pluridisciplinaire et des personnalités ayant récemment contribué au développement des relations franco-indiennes dans les domaines culturel, scientifique et militaire y ont apporté leur contribution, à côté de nombreux universitaires [Remarques de l’èditeur]
2003 AMIEL, Pierre Paul. Les Jaïns aujourd’hui dans le monde: qui sont-ils, où vivent-ils, quelle est leur histoire, où sont leurs temples, quels sont leurs rites?. Budapest, Turin and Paris: L’Harmattan, 2003, 301 pp.
Les Jaïns sont adeptes d’une philosophie dont les origines remontent loin dans le temps , et sont restés longtemps confinés en Inde. Dans le milieu du XXè siècle, ils ont essaimé dans les cinq continents. Adeptes du respect de toute vie, les Jaïns sont des défenseurs rigoureux de la non-violence, de la tolérance, de l’entraide mutuelle, du contrôle permanent de soi; ils méritent de ne pas rester ignorés. [Remarques de l’èditeur]
BOURDAT, Pierre (ed.). Les Grandes Pages du journal d’Ananda Ranga Pillai: courtier de la Compagnie des Indes auprès des gouverneurs de Pondichéry. 1736-1760, Paris: L’Harmattan, 2003, 475 pp.
Le journal d’ Ananda Ranga Pillai, courtier de la Compagnie des Indes auprès des quatre gouverneurs, dont le plus célèbre fut Dupleix, à partir duquel Pierre Bourdat a réalisé une anthologie très vivante et documentée, et constitue un document irremplaçable sur la vie quotidienne à Pondichéry, éphémère capitale d’un empire français qui domina une moitié de la péninsule. Il permet de revivre en direct la confrontation du monde indien avec la civilisation occidentale. [Remarques de l’èditeur]
CHALLAYE, Félicien et DREYFUS, Michel. Un livre noir du colonialisme: souvenirs sur la colonisation (Deuxiéme édition augmenteé). Paris: Les Nuits rouges, 2003, 216 pp.
La colonisation européenne du XIXe siècle et ses crimes intéressent toujours autant le public, particulièrement celui issu de l’immigration. On reliera cette réédition à la montée du djihadisme qu’on peut analyser comme une séquelle du colonialisme avec son cortège de crimes et d’injustices. Réédité en 1998 par nos soins, il est centré autour du texte de Félicien Challaye Souvenirs sur la colonisation de 1935, panorama des diverses formes de la colonisation européenne dans ses divers territoires. On y a ajouté divers documents d’époque concernant le Vietnam, l’Afrique noire… Eric Deroo, vidéaste et auteur spécialiste de la question, a rédigé spécialement un texte sur les tirailleurs coloniaux. Michel Dreyfus, spécialiste du mouvement ouvrier, s’est chargé de la préface. Tous deux collaborent au CNRS. [Remarques de l’èditeur]
CHAMBELLE, Jean-Guidon (de la). Mercenaires français de la VOC: la route des Indes hollandaises au XVIIe siècle : le journal de Jean Guidon de Chambelle, 1644-1651, suivi en annexe de la relation d’un voyage aux Indes orientales par un gentilhomme français, 1630-1636. Paris: Chandeigne, 2003, 286 pp.
Le Voyage des Grandes Indes Orientales d’un Parisien anonyme – identifié par Dirk Van der Cruysse comme Jean Guidon de Chambelle – est un manuscrit français inédit et haut en couleurs. Cette relation raconte avec franchise les joies et les souffrances de ce Parisien, du temps de Richelieu et de Mazarin, qui mit son épée au service de la Compagnie hollandaise des Indes orientales (VOC) pendant les premières décennies héroïques de son existence. Vivant les privations d’une longue traversée, parcourant l’Asie de la mer Rouge au Japon, ou stationné à Batavia et Malacca, il nous fait participer comme si nous y étions à ses aventures exotiques et à sa découverte d’une humanité qui tantôt le charme et tantôt l’effare. Sa description sans états d’âme de la cruauté judiciaire appliquée par la VOC et de l’implacable discipline qui règne à bord des vaisseaux et dans les garnisons de la Compagnie, nous introduit dans ce monde étrange et lointain qu’est l’Asie hollandaise de cette époque, à la fois jardin des délices et jardin des supplices. En annexe est jointe la Relation dan voyage aux Indes orientale par un gentilhomme français, imprimée en 1645. Ce document rarissime et entièrement perdu de vue, narre également les aventures d’un mercenaire français au service de la VOC, et complète la vision que nous offre Guidon de Chambelle. [Remarques de l’èditeur]
La plupart des cosmogonies représentent Dieu dans son aspect transcendant par un cercle parfait et au premier degré de sa manifestation par une forme ovoïde à laquelle les Hindous ont donné le nom d’Hiranyagarbha, matrice d’or, qui contient le père-mère divin en cours de manifestation. La notion de Dieu, Brahman, étant une pure abstraction, les hindous ont pris comme signe de sa révélation une image capable de suggérer sa nature unique, inconditionnée et parfaite, ce signe de sa présence est le linga. Dans le monde manifesté, cet œuf cosmique, considéré par certains comme l’expression d’un culte phallique, est le symbole de la conscience de Shiva le père, uni à son inséparable support, la Yoni, la matrice, la mère, symbolisant la puissance de manifestation des énergies. C’est ainsi que le linga ou fils est devenu le signe visible d’une réalité abstraite et intérieure. Michel Coquet, grand connaisseur de l’Inde, et auteur notamment d’Arunachala la montagne de Shiva, illustre son livre d’un grand nombre de lingas, les plus sacrés et les moins connus, ainsi que de photos des lieux et temples qui les abritent. Par le récit des légendes qui s’y rapportent, il fait de ce livre un véritable guide tant pour les chercheurs et les amoureux de l’Inde que pour ceux conduits par leur démarche spirituelle jusque dans ces lieux saints et révérés de la tradition hindoue. LINGA LE SIGNE DE SHIVA est une invitation à découvrir une Inde nouvelle, une Inde des origines. [Remarques de l’èditeur]
Sans tous ces morts, la nouvelle aventure de Doc aurait pu s’intituler ” A la poursuite du Saphir noir “. Qui a volé le Ceylan, cette pierre précieuse responsable de tant de violences ? Pour respecter le voeu d’un ami défunt, Doc devra-t-il le chercher dans la jungle hostile, dans les méandres d’un mystérieux labyrinthe ou dans ceux de la bonne société d’Ootacamund, la petite station balnéaire autrefois si chère aux Anglais ? [Remarques de l’èditeur]
L’idée de la problématique retenue pour les Ateliers Jeunes Chercheurs en Sciences Sociales, organisés par l’AJEI en 2003 à l’université de calcutta, trouve son origine à la fois dans le contexte général d’une Inde indépendante et dans la confrontation régulière entre étudiants de diverses expériences de recherche en Inde. C’est en soulignant la nature instable des découpages territoriaux en Inde que la nécessité d’approfondir la connaissance des liens entre l’identité collective et le concept territorial s’est confirmée. Le présent volume rassemble toutes les informations relatives à la tenue de cet évènement. [Remarques de l’èditeur]
Un voyage initiatique au coeur d’une des premières civilisations du monde. Un dépaysement absolu. Qu’allaient-ils faire en Inde, ces Français aventureux, fuyant la France des lumières de cette seconde moitié du xviiie siècle ? Chercher fortune, pour la plupart. On pensait l’Inde riche, et, à cette époque, elle l’était. Ils nous décrivent une Inde florissante aux productions précieuses, comme le poivre, les épices, les soieries et ces indiennes inimitables dont les couleurs étaient indélébiles. Plusieurs, éblouis par la perfection des techniques indiennes, rêvaient d’en faire bénéficier leur patrie pour mieux combattre l’hégémonisme commercial de l’Angleterre. Découvrir le secret de ces teintures éclatantes et durables, apprendre des bergers du Cachemire les méthodes qui assurent à leurs moutons ces laines dont on fait les châles que les belles Parisiennes s’arrachent ; s’approprier mille autres secrets dont les manufactures françaises pourraient s’inspirer ! Quelques-uns prenaient seulement la mesure de l’humanité, et s’efforçaient de déchiffrer une civilisation qu’on pensait la plus antique et la plus raffinée du monde, même si l’extérieur de sa religiosité omniprésente déroutait d’abord des esprits teintés du scepticisme voltairien. Grâce à leurs écrits, tombés presque tous dans l’oubli, c’est l’Inde, encore indépendante mais à la veille d’une colonisation qui va la stériliser pendant plus d’un siècle, c’est l’Inde, avec sa luxuriance et ses mystères qui, à travers eux, nous révèle aujourd’hui son visage fraternel. [Remarques de l’èditeur]
DELOCHE, Jean. Jean-Baptiste Chevalier (1729-1789,) le dernier champion de la cause française en Inde. Paris: École Française d’Extrême-Orient, 2003, 192 pp.
Ce livre est d’abord un récit d’aventures qui nous montre un homme d’une intrépidité et d’une audace étonnantes. Au Bengale, employé de la Compagnie des Indes depuis 1752, Chevalier pénètre en Assam, royaume alors interdit même aux Indiens, où il reste près de deux ans. Revenu à Dhaka, avec quelques compagnons, il tient en échec pendant plusieurs mois l’armée d’un nabab local. Puis il monte une expédition près du Bhoutan, et entreprend ensuite un voyage au Tibet en suivant les sentiers vertigineux des contreforts de l’Himalaya. Gouverneur de Chandernagor, lorsque cet établissement est pris par les Anglais en 1778, il s’enfuit à cheval vers le sud, à travers une région tribale inconnue, où il doit endurer des souffrances incroyables. Arrivé à Katak, il est fait prisonnier et ramené à Calcutta. Voguant vers l’Europe, il doit abandonner son navire dans la mer Rouge à la suite d’une tempête terrible. Dévoré par la vermine, harcelé par les Bédouins, il gagne le Nil puis Alexandrie, et l’Italie. Il arrive finalement à Paris après avoir traversé les Alpes sur une luge ! Ce livre est aussi un témoignage capital sur la vraie nature de la présence française en Inde après le renvoi de Dupleix et le désastreux traité de Paris de 1763. La narration détaillée de l’expérience de Jean-Baptiste Chevalier, fondée sur l’examen scrupuleux des sources françaises et anglaises, montre que l’équilibre des forces dans la péninsule Indienne avait définitivement changé et que la puissance française ne pouvait plus être restaurée. [Remarques de l’èditeur]
Pondichéry sous la mousson. À deux pas de sa villa, Matéo découvre une tache de couleur acide, un pan de sari jaune que les bourrasques soulèvent par intermittence. C’est le corps d’une intouchable, Kitteri, que des mois durant il a regardée vivre, protégée de loin, désirée, même.Matéo est venu en Inde pour retrouver l’inspiration, le goût de sculpter. Qu’a-t-il perdu ailleurs qu’il soit venu chercher ici ? Le désir ? La force d’aimer encore ? Ella, son unique modèle, Lidia qu’il croise sur son chemin, Kitteri…À la fois récit de voyage et quête intime, Le Sang des mouches met en scène une Inde tumultueuse, traversée de violences politiques, en proie à la corruption. Porté par une écriture sensuelle, le deuxième roman de Patrice Favaro joue avec une réalité qui se dérobe. S’y révèlent les interrogations d’un homme plongé au cœur d’un pays tout en contrastes où se côtoient beauté et lèpre, la grâce des corps et l’indigence, le désir et l’interdit. [Remarques de l’èditeur]
Après avoir été presque une idole, Iravata devient un guerrier ; il est fait prisonnier avec son maître qu’il délivre et sauve de la mort. Puis il est jugé digne d’être le gardien et l’ami de la merveilleuse petite princesse Parvati pour laquelle il invente d’extraordinaires jeux et qui le réduit en un doux esclavage. On verra comment un vilain sentiment qui se glisse dans le cœur d’un bon éléphant, si sage d’ordinaire, le sépare pour longtemps de sa chère princesse, le jette dans des aventures de toutes sortes et lui cause de cuisants chagrins. [Remarques de l’èditeur]
LINON-CHIPON, Sophie. Gallia Orientalis, Voyages aux Indes orientales (1529-1722). Poétique et imaginaire d’un genre littéraire en formation. Paris: Presses de l’Université Paris-Sorbonne, 2003, 692 pp.
Vers la fin du XVe sicle, le monde occidental assiste à une rupture épistémologique qui va totalement bouleverser sa vision de l’univers connu et reconnu. Et l’Amérique n’est pas seule en cause. L’Orient était, jusqu’alors, aux confins de la route du Levant, il est maintenant au-delà d’une Afrique enfin contournée à la suite de Bartholomeo Diaz qui franchit le cap de Bonne-Espérance en 1488 et ouvre la fameuse Carreira da India. Lorsqu’en 1529, Jean et Raoul Parmentier quittent Dieppe sur les navires le Sacre et la Pensée, affrétés par le puissant amateur Jean Ango, ils sont loin de soupçonner que leur initiative sera suivie par d’autres Français. L’histoire maritime de la France orientale commence avec eux, de part et d’autre de la route des épices. Cette idée prend même une dénomination dans l’artifice d’un toponyme qui englobe cette vaste étendue et que les Français forgent à leur usage : Gallia orientalis. Ils furent donc quelques milliers de marins français à monter à bord des navires de grand tonnage, des flûtes ou quelques houcres pour passer outre la zone torride et les quarantièmes rugissants. Rares, cependant, furent ceux qui laissèrent à la postérité un récit publié de leur voyage. Les aventures de ces voyageurs ont été retracées sous la forme d’un Journal, d’une Histoire, d’une Description, d’une Relation ou de Mémoires qui n’ont pas eu la gloire – ni non plus le mérite – de figurer dans le panthéon littéraire. En marge des grands genres et à la frontière entre l’histoire, la géographie historique et politique, l’ethnologie et, par certains aspects, la littérature, le genre de la relation de voyage n’existe guère. Il fallait réparer cet oubli des pionniers qui ont, non seulement, gardé la mémoire des premières expéditions françaises dans ces contrées, mais qui ont aussi participé de façon non négligeable à l’élaboration du genre de la relation de voyage. Né de la confrontation entre les légendes, les mythes, les rêves et les observations minutieusement menées sur le terrain, le voyage des idées est, à l’évidence, ce qui reste de plus précieux. Au-delà de l’aventure coloniale, marchande, politique ou scientifique, ces hommes souvent ingénus ou diaboliquement entêtés ont rapporté de leur aventure exotique un témoignage vivant et précieux que les lettrés les plus avisés ont lu avec grand intérêt. Ces reporters de l’Âge classique ont, souvent malgré eux, posé des questions fondamentales sur la destinée de l’humanité, la figure du monde et la place de Dieu transformant leur pérégrination en réflexion philosophique et spirituelle. Nous avons retrouvé chez chacun de ces marins souvent peu cultivés, soldats, marchands, gardes de la marine mais aussi gouverneurs, généraux, ambassadeurs, écrivains de navire, savants curieux, missionnaires, abbés, pères jésuites, protestants exilés, le mérite et le courage d’avoir, tous ensemble, cru à cette Gallia orientalis. C’est à l’histoire mouvementée de ces voyageurs, c’est à l’histoire de leurs écrits et de leur pensée naissante que st ouvrage se destine pour cerner les modalités d’émergence d’une esthétique du voyage sur la route maritime des épices sur fond de poétique d’un genre littéraire en formation aux frontières de l’imaginaire. [Remarques de l’èditeur]
“Oh ! la mélancolie d’arriver là, dans cette vieille ville lointaine et charmante où sommeille, entre des murailles lézardées, tout un passé français”, écrivait Pierre Loti.
Revenue à l’Inde en 1954, Pondichery a gardé l’empreinte de trois siècles de présence française. Aujourd’hui, la ville mêle sa nonchalance de sous-préfecture des tropiques à une effervescence colorée et sensuelle.
C’est en 1664 qu’à l’initiative de Colbert est fondée, à Lorient, la Compagnie française des Indes orientales. Pondichery, village de pêcheurs ouvert sur le golfe du Bengale, devient alors la capitale des établissements français en Inde.
Pondichery et les autres comptoirs – Chandernagor, KarikaI, Yanaon et Mahé – connaissent leur apogée au milieu du XVIIIe siècle, lors même que l’ancêtre de l’auteur, le Malouin Mahé de La Bourdonnais découvre les Seychelles et repousse les Anglais à Madras.
Faites de scènes apparemment anodines et de ces petits riens qui révèlent bien des rêves brisés, les photos en noir et blanc de Guillaume Zuili restituent magnifiquement l’atmosphère nostalgique et l’émotion de ces comptoirs dont les noms exotiques enchantent encore nos mémoires. Un homme traverse à bicyclette une place déserte de la “ville noire” qu’un fleuve sépare de la “ville blanche” ; la statue de Jeanne d’Arc se découpe sur un ciel de mousson ; la directrice de l’Institut français pose devant la porte cochère de cet établissement qui forma (et forme toujours) aux subtilités de notre langue des générations de Pondichériens… ces territoires éparpillés, qui ne sont plus français et ne seront jamais tout à fait indiens, n’en finissent pas de faire rêver voyageurs et poètes. [Remarques de l’èditeur]
Pondichéry acquise en 1673, Chandernagor fondée en 1688, Mathé, Yanaon et Karibal restent territoires français après le traité de Paris du 10 février 1763 qui voit passer l’Inde sous domination anglaise. En 1848, les Indiens des cinq Comptoirs obtiennent la qualité de citoyens français et deviennent donc des électeurs. L’Inde française peut donc élire un député à l’Assemblée Législative. Voici l’histoire avec avec ses heurts de la représentation parlementaire de ces comptoirs. [Remarques de l’èditeur]
Après l’abolition de l’esclavage aux Antilles françaises, des dizaines de milliers d’Indiens Tamouls désignés sous le qualificatif méprisant de “coolees” ou “koulis” quittèrent l’Inde dès 1853, contraints et forcés ou librement, pour aller relancer l’économie des îles à sucre de la Guadeloupe et de la Martinique. C’est leur épopée, de cette époque à nos jours, qui est chantée ici par l’auteur, lui-même descendant de ces émigrés. On y découvre des femmes et des hommes hors du commun, des héros légendaires, des déesses et des dieux, des textes mythiques, patrimoine de l’Inde du Sud et de la civilisation dravidienne, qui désormais font partie intégrante de la culture et de l’identité antillaises. [Remarques de l’èditeur]
Le Râjasthân est à n’en pas douter l’une des régions les plus fascinantes et les plus romantiques de l’Inde. Tissée d’exploits et de hauts faits glorieux, émaillée de légendes romanesques, son histoire fut au fil des siècles marquée au sceau de l’héroïsme et de la grandeur. Les Râjpoutes, descendants de lignées mythiques mais également illustres édifièrent des royaumes prospères dans les sables du désert, d’inexpugnables et farouches forteresses d’où s’élançaient à l’assaut de l’ennemi des hordes de guerriers indomptables. Autrefois berceau de la chevalerie, bastion de la spiritualité hindoue et de la résistance opiniâtre à l’envahisseur, le Râjasthân est de fait le Pays des Rois, la patrie par excellence des preux chevaliers et des braves épris de sacrifice et d’actions d’éclat. Héritiers des valeureux guerriers de jadis, les mâhârajas régnèrent avec un faste extravagant et une opulence souvent ostentatoire sur cette terre légendaire, contribuant par leur excès et leur pompe d’un autre âge à la fascination que suscitait, dans les imaginations occidentales, le Pays des Rois. A la grâce et à l’ornementation harmonieuse des palais et des demeures princières, qui éblouissaient les voyageurs d’antan et enchantent toujours le touriste d’aujourd’hui, répondent la beauté naturelle et la diversité géographique d’une région où alternent reliefs escarpés, forêts bruissantes, plaines et vallées verdoyantes, lacs aux eaux scintillantes créés par la main de l’homme. Haut lieu de l’hindouisme et du janaïsme depuis des temps immémoriaux, le Râjasthân accueille au rythme des fêtes et des commémorations religieuses des foules immenses de pèlerins et de dévots, unis par une commune ferveur et une commune piété. Peuple animé d’une foi profonde, mais également avide de réjouissances, de processions et de cortèges pittoresques, de festivités populaires, de parades féeriques au cœur d’une foule en liesse. Peuple éminemment artiste enfin, ce dont témoignent une tradition artistique plusieurs fois séculaire et un artisanat vivace et original. Dans cet ouvrage, vous allez découvrir les facettes les plus représentatives de cette contrée enchanteresse et incomparable quintessence même de l’Inde éternelle et fabuleuse à laquelle, les très belles photographies de Fred Kohler rendent un très juste et séduisant hommage. (Amina Okada)
Bastien Sentiment, chasseur de fauves et digne descendant de Tartarin de Tarascon, en route pour Barabazar, sous le ciel noir de Bengale, voit son approche du tigre en Inde ralentie par tout un monde à l’envers. [Remarques de l’èditeur]
SAGLIO-YATZIMIRSKY, Marie-Caroline, (ed.). Le Maharashtra, entre tradition et modernité. Paris: Institut National des Langues et Civilisations orientales, 2003, 225 pp.
Le Maharashtra est un Etat de l’Inde exemplaire des ambiguïtés de la révolution sociale et culturelle que vit le pays, autrement dit l´accueil d´une modernisation à l´occidentale, qui provoque une relecture des manifestations culturelles les plus traditionnelles, en particulier celles qui ont une dimension religieuse. Que ce soit par la description de réponses religieuses (mouvement de la bhakti, néo-bouddhisne) ou sociales à la modernité (mouvement réformiste), par des manifestations, artistiques ou rituelles, les contributeurs ont au centre de leur questionnement cette articulation renouvelée de la tradition et de la modernité. L’articulation de la tradition et de la modernité (cf. introduction) se précise par exemple dans le festival de Ganeshutsav, qui peut être lu comme un double détournement de la tradition, autrement dit comme l´utilisation d´un phénomène religieux à des fins politiques, et comme un dévoiement de ses éléments rituels par une société urbaine consumériste. [Remarques de l’èditeur]
SENTE, Yves, and André JUILLARD (after Edgar P. JACOBS). Les Sarcophages du 6e continent, 1: La Menace universelle. Paris: France loisirs, 2003, 56 pp.
Jacobs, who began his career working on Tintin albums with Hergé, may be dead, but his secret agents Blake and Mortimer live on in the hands of talented posthumous collaborators. This two-part adventure is notable for containing a ‘prequel’ set in the thirties (Gandhi makes a brief and menacing appearance) that deals with how the young Philip Mortimer falls in love with an Indian maiden in Simla, the place of his upbringing in the foothills of the Himalayas. Her outraged father is none other than the immortal emperor Ashoka, who has returned after 2,200 years to restore the dignity and pride of his people that have been trampled down by the colonial British oppressors. A dastardly plot is hatched to harness human psychic energy to the power of uranium and commit terrorist outrages, such as the one that threatens the Atomium at the Brussels exhibition of 1958. Will Ashoka succeed in his plans for Indian world domination? All will be revealed in the next issue.
De nombreux dessinateurs et scénaristes talentueux continuent à imaginer, après la mort de Jacobs, ancien collaborateur d’Hergé, d’autres mystères que sauront éclaircir les agents secrets Blake et Mortimer. Dans cette aventure, il y a un retour en arrière aux années trente (Gandhi pourra donc faire une brève et menaçante apparition): en effet le jeune Philip Mortimer a été élevé à Simla, dans les contreforts himalayens, où il tombe amoureux d’une jeune fille indienne. Son père indigné n’est autre que l’immortel empereur Açoka, qui s’arrache à la paix éternelle qu’il connaît depuis 2 200 ans pour rendre aux peuples de l’Inde la liberté et la fierté que le colonisateur britannique leur a volées. Un complot maléfique se trame: en effet, l’énergie psychique sera conjuguée avec la puissance de l’uranium pour faciliter des attentats terroristes comme celui qui menace l’Atomium de l’exposition de Bruxelles en 1958. Ce Nemo — à la bienveillance près — réussira-t-il à doter son pays de la toute-puissance mondiale? La suite au prochain numéro.
[GW]
THERBY, Daniel. Les Lanciers du Bengale: et autres oubliés de la Grande Guerre: au cimetière britannique et indien de Péronne-La Chapelette. Saint-Quentin: Société archéologique de la région de Péronne, 2003, 29 pp.
2004 APPANAH-MOURIQUAND, Nathacha. Blue Bay Palace. Paris: Gallimard, 2004, 95 pp.
Nathacha Appanah delivers a frank portrait of contemporary Indo-Mauritian society. Maya, a young woman born into a family of modest means, falls in love with Dave, who manages the restaurants in a luxury hotel and who is the son of a rich landowner. This beautiful and exotic love story takes a tragic turn when Dave agrees to his family’s demand that he have an arranged marriage with a woman from his caste. The author thus takes a stand against the idyllic image of a little India on Mauritian soil created to mimic the greater India of myth. She denounces how the Indo-Mauritian community isolates itself within patriarchal traditions.
Nathacha Appanah nous livre un tableau sans complaisance de la communauté indo-mauricienne contemporaine. Maya, jeune fille d’origine modeste, découvre l’amour avec Dave, directeur des restaurants d’un hôtel de luxe et fils d’un riche propriétaire. Mais cette belle histoire d’amour exotique tourne à la tragédie lorsque Dave se plie aux exigences de sa famille qui lui a arrangé un mariage avec une femme de sa caste. L’auteure s’inscrit ainsi contre l’image idyllique de la petite Inde reconstruite à l’identique de la grande Inde mythique sur le sol mauricien. Elle dénonce l’enfermement de cette communauté indo-mauricienne dans des traditions patriarcales.
[CJ]
” Nous naviguions par un beau temps, lorsque, au milieu de la nuit, un violent ouragan survint tout à coup. Notre vaisseau donna contre un banc de sable ; la quille fut brisée et nous échouâmes. Chacun se rendit à la hâte sur le pont ; nous étions tous à demi nus et dans la consternation. De toutes parts on adressait des prières à la “Bonne Mère”. Mme Chevreau et Mlle Goupille, aussi intéressantes par leur jeunesse que par leur beauté, accourues, dans le plus grand désordre, au milieu des hommes de l’équipage, se jetaient dans mes bras en criant : “Sauvez-nous !” Notre position était affreuse. Naufragés sur des rochers que la mer agitée couvrait de ses vagues, nous fûmes heureux de trouver un refuge sur le banc de sable qui nous avait fait échouer. Là nous parvînmes à construire un radeau, sur lequel se plaça l’équipage… ” [Remarques de l’èditeur]
The fourteen chapters of this autobiographical essay in French written by a female member of the Indian Parsi community who lived the bulk of her life in Paris, transports the reader on a journey between ‘Mother India’ and ‘Douce Phrance [Gentle Far-rance]’ with stopovers in New York, Montreal and Verona. Written with an irrepressible sense of humour, with infinite tenderness in an original style which shuttles back and forth between different geographical and cultural spaces, the narrative sketches out vivid scenes in the author’s life as a daughter, sister, wife, mother, grandmother, aunt and friend. The book is true song of praise in celebration of the fact of being alive.
En quatorze chapitres, cet essai autobiographique en langue française par une auteure de la communauté indienne des Parsis, qui a vécu le plus gros de sa vie à Paris, entraîne le lecteur entre «Mother India» et «Douce Phrance», avec des escales à New York, à Montréal et à Vérone. Dans un idiome original qui fait la navette entre différentes aires géographiques et culturelles, le récit esquisse des pans de l’existence de l’auteure, en tant que fille, soeur, femme, mère, grand-mère, tante et amie, avec un humour irrépressible et une tendresse débordante. Un véritable hymne à la vie.
[GD & FD’S]
Evocation d’une lignée de trois femmes amoureuses (mère, fille, petite-fille) au cours du XXe siècle, entretenant toutes une relation complexe avec l’Inde. Le fil conducteur de ces pérégrinations est Kenneth Lowther, qui les a toutes trois bien connues et aimées. [Remarques de l’èditeur]
Evocation d’une lignée de trois femmes amoureuses (mère, fille, petite-fille) au cours du 20e siècle, entretenant toutes une relation complexe et pleine de fascination pour l’Inde. En 1965, alors que le pouvoir des maharadjahs s’effrite comme leur palais avec l’indépendance du pays, un fait divers trouble le Rajasthan et provoque les retrouvailles d’Emy et de Jarawal. [Remarques de l’èditeur]
L’histoire littéraire du roman indien de langue anglaise -que cet essai critique tente de retracer en présentant les oeuvres d’une soixante d’auteurs- s’inscrit dans le vaste mouvement actuel de la littérature mondiale post-coloniale anglosaxonne. Il y apparait comme un modèle incontesté qui a réussi à s’imposer en intégrant les multiples différences de l’Inde plurielle. [Remarques de l’èditeur]
Cette Approche de l’hindouisme qui paraît dix ans après la mort. d’Alain Daniélou rassemble des précisions qu’il était important de rap peler sur la tolérance et l’incroyable richesse de l’hindouisme traditionnel. ” Dès l’origine, des lettrés, des philosophes, des savants se sont penchés sans préjugés sur l’énigme de l’univers et de l’homme, ont cherché à comprendre, à savoir, non point à croire et à prêcher “. Dans l’hindouisme tel que l’approche Daniélou à travers ses arts, ses sciences, ses yogas, ses conceptions de la mort, de l’amour, de la vie sociale ou des drogues, la coexistence des contraires est toujours ” ce en quoi réside le divin “. Ainsi l’Occidental voyageant en Inde reste rarement insensible au rapport à la fois simple et détendu, révérant et courtois, que les Hindous entretiennent avec les dieux, les fleurs, les parfums, les animaux décorés dans les temples, la musique, la beauté des rites, des statues et des cérémonies. Et il ne semble pas s’agir d’un phénomène de ” croyance “, avec ce que cette notion comporte de volontarisme sentimental, d’aveuglement de l’esprit critique, mais d’un état de sympathie spontanée, cosmique, d’un bain heureux dans une harmonie naturelle, que nous avons perdue. [Remarques de l’èditeur]
Qui a intérêt à perturber le grand sacrifice védique qui doit se dérouler demain pour les cent ans d’un fameux maître d’armes ? L’un des cent huit officiants a disparu : que lui est-il arrivé, et les autres sont-ils en danger ? Doit-on craindre le courroux des divinités ? Venu au Kerala pour les célébrations, Doc, le brahmane détective malgré lui, saura-t-il démêler ce nouvel écheveau, faire la part des querelles doctrinales et celle des intrigues familiales… sans parler du hasard ou de la fatalité ? [Remarques de l’èditeur]
Ancienne colonie française, Pondichéry devient une Union Territoriale rattachée au gouvernement indien en 1954. Georgette David présente Pondichéry à travers son histoire, ses fêtes, ses grands hommes et les sites des environs notamment Karikal, également ancien comptoir. Guide intemporel, Pondichéry retrace l’histoire et la vie quotidienne d’hier et d’aujourd’hui. [Remarques de l’èditeur]
Dépassant les critiques parfois excessives qui ont succédé à l’enthousiasme général et sans doute lui aussi excessif à propos du livre de Louis Dumont L’Homo hierarchicus, essai sur le système des castes (1966) cet ouvrage est motivé par l’idée qu’il est temps de présenter la caste avec les évolutions importantes que connaît la société indienne depuis ces dernières années. Soit on considère que la caste est une institution millénaire, une forme stable et que les évolutions récentes ne sont que dégénerescences qui n’informent plus sur l’institution elle-même, soit on considère la caste comme une institution changeante, s’adaptant aux aléas sociaux et les changements sont alors des éléments essentiels de compréhension de cette évolution. L’auteur adopte ce second point de vue car l’histoire de l’Inde indépendante a largement contredit ceux qui pensaient la caste comme une institution archaïque, vestige de l’obscurantisme passé. L’Inde s’est modernisée mais le système des castes résiste et se modifie ce que montre cet ouvrage et que la caste devient un enjeu fondamental de la vie politique indienne au risque de pervertir un système démocratique qui méritait jusqu’alors notre admiration. [Remarques de l’èditeur]
Si l’on a beaucoup écrit sur la religion de l’Inde, la religion des Indiens est, par contre, beaucoup moins connue. Fruit de nombreuses années de recherche en Inde, cet ouvrage se penche sur les croyances populaires pour nous révéler une Inde assez éloignée d’une spiritualité prétendument orientale. Les hommes et les femmes des castes inférieures, une section non négligeable de la population, sont peu attirés par la transcendance et la méditation. Leur vie religieuse, au contraire, est mue par des motivations bien plus pragmatiques. A quoi bon les dieux s’ils ne servent à rien ? Les divinités des castes populaires sont là pour aider, voire punir si nécessaire, car parfois elles se distinguent à peine des démons qui viennent impunément frapper la population de possession. Loin d’être obsédés par des questions d’ordre rituel comme celles qui concernent le pur et l’impur, les Indiens de basse caste se préoccupent bien davantage de leur bien-être, de la santé et de la prospérité qui leur paraît pourtant tellement inaccessible. Plaidoyer pour une approche ethnographique des phénomènes religieux, ce livre nous fait découvrir des femmes et des hommes qui ne sont peut-être pas aussi éloignés de nous que l’orientalisme l’a longtemps prétendu. [Remarques de l’èditeur]
DELOCHE, Jean. Origins of the Urban Development of Pondicherry according to Seventeenth Century Dutch Plans. Pondicherry: Institut français de Pondichéry and New Delhi: Royal Netherlands Embassy, 2004, 57 pp.
Le plan en damier de Pondichéry surprend les spécialistes d’histoire urbaine qui se demandent comment expliquer son origine. Certains chercheurs indiens pensent que la ville a été construite suivant les principes des anciens traités hindous d’architecture, en particulier les Silpa Sastra. Les historiens français, en revanche, estiment que ce plan d’urbanisme est “une réussite de l’esprit français”. La vérité est que le schéma géométrique a été conçu par la Compagnie des Pays-Bas: l’analyse des plans hollandais de 1693-1694 déposés aux Archives nationales de La Haye montre qu’en vérité le schéma géométrique a été conçu par les Hollandais. En effet, leurs plans de 1693 montrent que la ville de François Martin était construite suivant un plan anarchique avec des voies irrégulières, diversement orientées, reliant principalement des jardins, alors que ceux de 1694, réalisés pendant l’occupation hollandaise, présentent des surfaces divisées en rectangles égaux et des rues tirées au cordeau d’une rectitude et d’une harmonie singulières, correspondant à un grand projet de réorganisation urbaine repris et achevé par les gouverneurs français de Pondichéry dans la première moitié du xviiie siècle. [Remarques de l’èditeur]
Dans une petite ville du Finistère, en plein coeur d’une tempête de mer, un jeune marin, russe par la naissance, mais breton par amour, croit apercevoir un fantôme tomber du port, devant les yeux éberlués de l’équipage du Saint-Patrick… N’écoutant que son courage, Nitchevo plonge et ramène à la vie une jeune fille à l’allure mystérieuse, au langage étranger, Ramir… Débute alors une grande aventure, qui mènera Nitchevo, jeune marin breton ainsi que son équipage, à la découverte de l’Inde, pays natal de la belle mais amnésique Ramir… Le professeur Poorkoy, protecteur des deux jeunes gens, [Remarques de l’èditeur]
Pour la première fois, un ouvrage tente de dégager les similitudes des deux plus grands marchés asiatiques en devenir, l’Inde et la Chine, au-delà de leurs différences. Ce guide pratique s’articule autour des grandes étapes de l’investissement. Par le biais de comparaisons des situations de ces deux pays, il met en valeur les caractéristiques des milieux d’affaires asiatiques. [Remarques de l’èditeur]
” Pondichéry, hier et aujourd’hui, l’influence française et la très ancienne civilisation tamoule, les castes qui existent toujours, la douceur et la difficulté de vivre, ce qui est clair et abscons à la fois… mais que recèle donc cette ville blanche, bien qu’indienne, au refrain français saugrenu ? ” La ville aux mille paradoxes n’a pas fini d’intriguer l’inspecteur Ramen et Massima, son double littéraire persuadé que la fiction est l’arme maîtresse du détective intelligent. Plume et appareil photo en main, tous deux se lancent sur les traces de Bambi Lafayette, jeune Français fou de musique anglo-indienne contemporaine et du cinéma de Bollywood, mystérieusement disparu à Pondychéry. Pondychéry, Chennai, Auroville, Tanjore, le Chettinad : l’Inde les fascine, l’Inde leur fait signes, et au fil des indices, s dessinera un parcours riche en aventures, rencontres, couleurs et poésie au goût masala… Récit illustré et polar fantaisiste : une folle histoire digne des plus grands films indiens. [Remarques de l’èditeur]
Qui se souvient encore aujourd’hui de ces cinq « confettis de l’Empire » que la France avait en Inde : Pondichéry, Karikal, Mahé, Yanaon, Chandernagor ?
Les noms de Dupleix, de Bussy, de Suffren, Mahé de La Bourdonnais, Surcouf ou encore Lally-Tollendal sont évocateurs d’un passé prestigieux, témoins de tant de gloire et objets de regrets tardifs.
L’association Les Comptoirs de l’Inde, fondée le 18 mai 1992, a voulu, sous la conduite de son président Douglas Gressieux, descendant d’une vieille famille française de Pondichéry où il a vécu, faire oeuvre de mémoire en présentant un florilège, d’images sur les Comptoirs : bâtiments publics, églises, type de population, pagodes, manifestations sociales, écoles, rizières, commerces.
Toutes ces images, rares et inédites, nous font revivre trois siècles de présence française en Inde, polir notre plus grand plaisir. [Remarques de l’èditeur]
Des fils et des filles de l’Inde éternelle, pendant la seconde moitié du 19ème siècle, pour cultiver et sauver le “sel indien” ou le “miel d’Asie”, c’est-à-dire la canne à sucre, ont été introduits dans la caraîbe. La Guadeloupe et la Martinique reçurent près de 70 000 de ces “coolies” en provenance de l’Inde anglaise et des cinq Comptoirs français. Au travers de ces poèmes, l’auteur fait resurgir une nostalgie à l’égard de l’aimée qui n’est autre que Mère Inde. Une mère Inde dont il conserve un souvenir sensuel, à fleur de peau. [Remarques de l’èditeur]
The novel depicts the physical, mental and spiritual tribulations of Lysiane Delambre, a young woman from Quebec who comes to Pondicherry, a former French trading post, to turn into reality the shared dream of a group of devotees of the Mother, the spiritual companion of Sri Aurobindo. Committed to establishing Auroville, a free international city near Pondicherry; the book portrays her will to overcome problems of communal life. Finally, a disappointed Lysiane decides to return home to Quebec, realising the inhabitants of Auroville have failed in their struggle to achieve complete autonomy. It marks the end of a dream and signals a utopia in crisis.
Ce roman brosse les tribulations physiques, mentales, et spirituelles d’une jeune québécoise, Lysiane Delambre, arrivée à Pondichéry, ancien comptoir français, dans le but de réaliser le rêve collectif d’un groupe de dévots de la Mère (la compagne spirituelle de Sri Aurobindo). Il s’agit de fonder une cité internationale libre, à savoir Auroville (près de Pondichéry). Le livre dépeint sa ténacité à surmonter les troubles d’une vie communautaire. Vers la fin du roman, désespérée de voir la défaite des Aurovilliens face à leur lutte pour l’autonomie complète, Lysiane décide de rentrer au Québec. C’est la fin des rêves, une utopie en crise.
[VR]
PERRIER, Jean-Claude. Dans les comptoirs de l’Inde: Mahé, Pondichéry, Karikal, Yanaon, Chandernagor: carnets de voyage. Paris: Le Cherche midi, 2004, 93 pp.
1954-2004 Cinquantenaire de la restitution des Comptoirs de l’Inde par la France, le 1er novembre 1954 de facto, en 1962 de jure.
L’été 2003, Jean-Claude Perrier a eu la chance de pouvoir exaucer l’un de ces rêves : voyager dans nos cinq anciens Comptoirs de l’Inde. Pérégriner en toute liberté à travers tout le sud du continent indien, du Kerala au Bengale en passant par le Tamil Nadu et l’Andhra Pradesh. Mahé la tropicale, Pondichéry la blanche, Karikal la modeste, Yanaon l’oubliée et l’émouvante Chandernagor, alanguie sur les bords de la rivière Hooghly, fille et affluent du Gange… Des milliers de kilomètres dans des conditions parfois farfelues, cinq étapes, et, partout, des rencontres, avec des Indiens et des Français qui ont en partage des souvenirs, une langue, une culture.
Sans nostalgie, mais avec une curiosité toujours en alerte, et une totale empathie, Jean-Claude Perrier est parti à la recherche de la moindre trace de la présence française dans le sud de l’Inde, de ces pages d’une longue histoire, qui s’est écrite là-bas depuis Dupleix jusqu’à Mendès France.
Ce livre est un carnet de voyage original et vécu, abondamment illustré de photos prises par l’auteur. C’est aussi une défense et illustration de la francophonie, loin des discours technocratiques. C’est un hymne d’amour à l’Inde, un livre de dialogue entre deux terres de culture et d’antique civilisation. [Remarques de l’èditeur]
On se prend encore à rêver du grand roman indien qu’aurait pu écrire André Malraux, du temps où il écrivait des romans. Ou de l’essai artistique, spirituel et prophétique qu’il eût pu consacrer ensuite à l’Inde, lorsqu’il eut cessé d’écrire des romans pour se livrer à ses réflexions sur l’art, l’histoire ou la littérature… Mais ces ouvrages n’existent pas, alors que l’Inde est le pays lointain où Malraux s’est rendu le plus souvent, en voyages privés ou en missions officielles, de 1930 à 1974, année de son ultime voyage. Et que l’Inde est sans doute le pays qui l’a le plus fasciné, l’accompagnant durant toute sa vie et irriguant sa pensée et son oeuvre. Nous avons voulu, humblement, combler ce manque en imaginant un livre fondé sur le dialogue entre deux civilisations, représentées par des intellectuels, des diplomates, des journalistes, des analystes ou témoins privilégiés de la longue aventure indienne de Malraux. Un livre-puzzle qui s’appuie sur tout ce que Malraux a écrit ou dit sur l’Inde, oeuvres, préfaces, discours ou interviews, dont nombre d’inédits ; et qui rassemble des études d’universitaires indiens ou français, mettant en lumière tel ou tel aspect de cette relation unique entre un écrivain planétaire et un pays hors-normes. [Remarques de l’èditeur]
PICHERIT, David and Raphaël VOIX. Pratiques de terrain et discours scientifiques en Asie du sud. Association Jeunes Etudes Indiennes, 2004, 213 pp. AJEI pdf
QUENTIN, Laurence, and Catherine REISSER. L’Inde, 3 volumes. Paris: Nathan, 2004, 141 pp.
Les trois livres de ce Baluchon évoquent 3 groupes sociaux vivant en Inde :
Les maharadjahs, les jaïns et les intouchables.
Dans les livres on combine plusieurs approches pour rendre compte de la richesse des groupes évoqués : des informations documentaires sur leur façon de vivre et leurs coutumes, mais aussi des jeux, un récit, des pages photos, du bricolage, de la cuisine… [Remarques de l’èditeur]
Cet album débute avec l’arrivée de Blake, Mortimer et Nasir en Afrique du sud où ils ratent de peu le départ de la Madeleine ,le navire qui doit les conduire à la base de Halley. L’intervention de Lord Auchentoshan et de son hydravion leur permet de parer à la situation et ils peuvent rejoindre le bateau où ils retrouvent le professeur Labrousse qui rejoint l’antarctique pour tester sa nouvelle invention, le subglacior, un engin capable de circuler sous la glace.
En cours de route la Madeleine croise le Ravi Kuta, le navire qui contient les colis d’uranium destiné à Açoka et qui transporte également Monsieur Singh, l’ingénieur indien qui avait infiltré l’équipe du professeur Mortimer à Bruxelles. Nasir conçoit un plan pour rejoindre le Ravi Kuta et prendre la place de Singh.
A leur arrivée à Halley, Blake et Mortimer tombent dans les mains des hommes d’ Açoka. Blake parvient à s’échapper in extrémis à l’aide d’un traineau à chien et rejoint la base Russe où il tombe sur le major Varitch qui essaye de le tuer. Le capitaine s’empare d’un snowboot et réussit à rejoindre miraculeusement Europôle, la base dans laquelle Labrousse met au point le Subglacior.
Labrousse et le capitaine décide d’utiliser le subglacior pour délivrer Mortimer.
Pendant ce temps, Mortimer est conduit à la base indienne de Gondwana, et se retrouve devant l’empereur Açoka, qu’il croyait mort depuis longtemps. Açoka lui montre son arme révolutionnaire : les sarcophages, ces deux caissons qui permettent d’extraire les impulsions électriques reliant les neurones d’un individu entre elles. Un des sarcophages est déjà occupé par Olrik, l’autre lui est réservé. L’opération n’est pas sans risque. L’esprit ne pourrait peut être pas réintégré son corps ou les cerveaux des deux cobayes pourraient se mélanger.
Au moment où le professeur va être immergé dans le deuxième caisson, se produit un retournement de situation. Nasir, jusque là caché sous les traits de Singh, menace tout le monde de son arme et tente de délivrer le professeur Mortimer. Mais il est vite réduit à l’impuissance par les singes protecteurs d’ Açoka.
Blake arrive à la rescousse, avec le subglacior. La prise en main de la base de Gondwana semble assurée avec l’arrivée des britanniques de la base de Halley.
Açoka établit une cage électromagnétique autour des sarcophages qui l’isole, lui et Radjak, son homme de confiance, mais également Mortimer et Nasir, inconscient à la suite de ses blessures, du reste de la base.
La seule option qu’il reste à Blake et ses compagnons, pour sauver Mortimer et Nasir, prisonniers derrière les murs invisibles de la cage électromagnétique est de couper l’alimentation électrique de Gondwana, qui est assurée par la base soviétique reliée à la base indienne par un tunnel souterrain. Blake va donc se rendre à la base russe pour tenter de convaincre les russes de les aider.
Ces événements se produisent alors que des secousses sismiques se font de plus en plus fréquentes. A la suite d’un de ces séismes, Açoka disparait dans une faille créé sous ses pieds et Radjak est mortellement blessé. Pensant que son maitre est mort, il révèle les événements qui se sont déroulés lors de la fameuse nuit où Mortimer n’avait pu rejoindre la Princesse Gita à Simla. Celle-ci a été poignardé avant l’arrivée de Mortimer par Sushil, sous l’effet de la colère, qui n’avait pas pu supporter l’amour de la princesse gita et de son ami d’enfance. Sushil fit croire à Açoka que Mortimer était responsable de la mort de sa fille. Açoka n’apprend la vérité qu’après avoir jeté sa malédiction sur Philip.
Açoka découvre un peu plus tard que sa fille, n’est pas morte. Il réussit à force de soin et de patience à la guérir. Ne voulant pas que Gita cherche à revoir Mortimer, il lui fait croire que c’est lui qui a cherché à la tuer. Il fait promettre à Radjak de ne jamais révèler la vérité à Gita.
Açoka n’est pas mort la suite de sa chute. Il écoute la fin confidence de Radjak afin que celui ci ne trépasse. Prenant Nasir en otage, il décide de réaliser sa vengeance en révélant ce visage : Açoka est en réalité la Princesse Gita. Voyant les chances de prendre sa revanche amenuisées, elle va lancer l’esprit d’ Olrik vers Bruxelles pour détruire l’Exposition Universelle et provoquer la mort de milliers d’individu. Elle lance un défi à Mortimer : la seule possibilité qui lui reste est de s’introduire dans le sarcophage restant et d’envoyer son esprit sur les ondes pour neutraliser l’action d’ Olrik.
Mortimer réussit à rejoindre Olrik en esprit et à conclure une trêve. L’énergie venant à manquer, c’est peut être la dernière possibilité que les esprits rejoignent pas leurs corps.
C’est dans une ambiance rendue apocalyptique par le tremblement de terre sue s’achève cette aventure. Revenu à Gondwana, Mortimer se voit contraint de tuer Gita, son amour de jeunesse, pour sauver Nasir.
La base menaçante de s’effondrer, Mortimer, Nasir et Labrousse n’ont que le temps de rejoindre le Subglacior en abandonnant Olrik dans son sarcophage. Le subglacior est éjecté suite d’une éruption volcanique juste avant la destruction de la base et atterri sur un glacier. Son équipage est récupéré par l’hydravion de Lord Auchentoshan qui parvient à les localiser.
Le 17 avril 1958, Blake, Mortimer, un peu hébété à la suite de son expérience et Labrousse sont présents à l’inauguration de l’Exposition universelle.
Tout est bien qui finit bien, sauf pour Olrik qui se réveille dans son sarcophage , parmi les ruines de ce qui fut une base scientifique en Antarctique. [Remarques de l’èditeur]
[no author]. L’Inde, grande puissance émergente. Collection – Questions Internationales, numéro 15. Paris: La Documentation française, septembre 2005, 127 pp.
Le pays démocratique le plus peuplé du mondes’affirme aujourd’hui en tant que puissance émergente. En attestent l’essor de son économie, sa maîtrise des hautes technologies, et la solidité de son systèmepolitique malgré le système des castes et ses divisions ethniques et religieuses. Elle s’emploie désormais à modifier en profondeur sa politique étrangère afin de gagner sa place sur la scène internationale et d’y tenir un rôle à la mesure de ses ambitions. [Remarques de l’èditeur]
ANNOUSSAMY, David. L’Intermède français en Inde: secousses politiques et mutations juridiques. Pondicherry: Institut français de Pondichéry, and Paris: L’Harmattan, 2005, 412 pp.
Le souvenir de l’épopée française en Inde est encore présent dans les esprit, mais on a tendance à penser ce chapitre comme définitivement clos. Ce livre après en avoir retracé les péripéties essentielles, en dévoile des prolongements intéressants. Ainsi l’auteur d’origine pondichérienne, qui a été juge de Cours supérieures sous le gouvernement français comme sous le gouvernement indien, nous apporte-t-il ici un témoignage précieux de sa double expérience. [Remarques de l’èditeur]
Abraham Hyacinthe Anquetil-Duperron naît à Paris en 1731. Alors que son père le destine à une carrière ecclésiastique, le jeune homme, qui rêve d’Orient, choisit d’étudier l’arabe et le persan. Très vite, sa passion pour la religion mazdéenne le pousse à gagner la source même de ses écrits fondateurs : il s’engage en 1754 comme soldat de la Compagnie française des Indes orientales. Son but : s’initier à l’avestique, langue du Zend-Avesta, livre sacré des parsis dont une partie est attribuée au prophète iranien Zarathoustra. Son rêve : en faire la traduction. De Pondichéry à Surat, en passant par Goa ou Aurangabad, le jeune savant parcourt ainsi l’Inde durant six ans et en rapporte un trésor inestimable : les plus vieux documents de la Perse et de l’Inde, qu’il dépose à la Bibliothèque du roi. Anquetil-Duperron consacre le reste de sa vie à étudier et traduire cette moisson de manuscrits, établissant notamment les versions définitives du Zend-Avesta et des Upanishad, en latin, ainsi que l’ébauche d’un dictionnaire de sanskrit… Farouchement solitaire, ce précurseur de l’orientalisme, à qui tous ses successeurs ont rendu hommage pour son esprit pionnier, son enthousiasme et sa rigueur scientifique, meurt dans l’oubli en 1805. La biographie fascinante du premier indianiste de terrain, initiateur de l’étude de la pensée religieuse indienne en Europe, qui a permis à l’Occident de savoir enfin comment parlait Zarathoustra.
Lointain descendant d’Anquetil-Duperron, Jacques Anquetil, écrivain et historien du textile, est notamment l’auteur de Mémoires d’un tisserand (1996), Je suis le Linceul (1998), de la trilogie Routes de la soie (1992), Les routes du coton (1999) et Les routes de la laine (2001), et de Afrique (2004) et Amérique (2005). [Remarques de l’èditeur]
An anthropologically informed perspective on the transformation of India over the last two decades, Assayag’s thesis is that recent transformations of India will probably have more impact than the last few centuries of Indian history. This pioneering study analyses the social transformation of India via the change from subsistence agriculture to agribusiness, the public role of Indian women via the exploitation of beauty and of the female body, phenomena which signal the abandonment of the modesty of previous generations, via the creation of a profoundly materialistic middle class; the desperation of a rural population burdened by debt, generated by the dependence on sterile seedstock and currently running at unsustainable levels and needing ever greater amounts of capital and finally, in the abandonment of agricultural self-sufficiency, the result of the integration of the Indian economy into global markets.
Vision anthropologique de la transformation indienne des deux dernières décennies. La thèse de l’ouvrage souligne que les transformations récentes de l’Inde auront probablement plus d’impact que les derniers siècles. Cet ouvrage pionnier analyse la transformation sociale de l’Inde avec la mutation de l’agriculture de subsistance vers l’agro-business; le rôle public de la femme indienne par le biais de l’exploitation de la beauté et du corps féminin qui indique un abandon de la pudeur passée; la création d’une classe moyenne profondément matérialiste; le désespoir de la population rurale criblée de dette et aux prises avec un endettement insurmontable généré par la dépendance aux semences stériles et nécessitant davantage de capital; l’abandon de l’autosuffisance agro-industrielle par l’intégration de la mondialisation marchande.
[SG]
CASTAING, Anne (éd.). Ragmala: les littératures en langues indiennes traduites en français : anthologie. Paris: Langues & mondes-l’Asiathèque, 2005, 403 pp.
Ce livre s’adresse à tous les amoureux de l’Inde comme à tous ceux qui sont avides de découvrir d’autres modes d’expression littéraire à travers de beaux textes traduits du bengali, du hindi, du kannada, du malayalam, du marathi, de l’ourdou, du panjabi, du tamoul et du télougou. Les traducteurs et auteurs des contributions nous présentent les principaux auteurs modernes ou contemporains et leurs oeuvres. François Gros fait l'” esquisse d’un catalogue raisonné de la littérature tamoule en traduction française “. Annie Montant, contributrice en littérature hindi, est aussi l’auteur d’une présentation du théâtre en Inde. Pour chaque langue est dressée une bibliographie des livres comme des nouvelles parues à ce jour. Les revues avant publié des traductions ainsi que les ouvrages collectifs sont également recensés. L’ensemble permet de situer les différentes littératures de l’Inde et de mesurer l’importance et la richesse des œuvres écrites en langues vernaculaires, moins connues que celles écrites en anglais. [Remarques de l’èditeur]
Katmandou, Népal, 1965 – Flanquée de ses amis hippies, la jeune Kamala affronte une épreuve difficile : passer en jugement pour avoir provoqué la mort accidentelle d’un policier local corrompu. Acquittée contre tout attente, la jeune femme se retrouve un peu plus tard, à la demande de sa mère Emy, au chevet du Prince Jarawal, gravement blessé à la suite d’un attentat. Mais elle ignore encore que celui-ci n’est autre que son père biologique, qu’elle a toujours cru mort… Alors que le dénouement s’approche, se dévoile un autre pan, jusque-là secret, de toute l’histoire, à travers le journal intime d’un ancien colonel britannique de l’Armée des Indes, qui n’est autre que l’arrière-grand père de Kamala. [Remarques de l’èditeur]
Je ne sais pas où est Mireille. Je ne l’ai pas trouvée en arrivant ici. Je me suis installé dans l’hôtel qu’elle m’avait indiqué. Le Goodwill. Elle n’y est pas. Elle n’y a même pas mis les pieds. Mais est-ce vraiment elle que je suis venu chercher? Était-ce mon tour de m’humilier, de m’accrocher, après cette lettre qui ressemblait à un adieu, à une de ses oraisons funèbres? Ou bien quoi? Serais-je venu chercher l’inspiration? Une idée de reportage sur les fêtes de Bombay? Voir les fêtes à distance, coller dessus des images pour ne plus entendre le battement des coeurs derrière. Pour ne plus jamais y succomber, pour finir par admettre que c’est la seule manière de regarder les fêtes, les turbulences des vivants: à distance.
L’avion avait commencé sa descente quand j’ai voulu remplir ma fiche d’immigration. Il fallait y annoncer le but de son voyage. On avait le choix entre Tourism, EmpLoyment ou Other. Si on retenait Autre, il fallait préciser, fatalement. Naïvement j’ai commencé à mettre: Rejoindre Mireille. Mais j’ai senti que ça n’allait pas. [Remarques de l’èditeur]
Louis Rousselet est un extraordinaire jeune homme du XIXe siècle. Parti seul pour un périple de cinq années en Inde à l’âge de dix-huit ans, il apprend non seulement l’hindi, mais plusieurs autres langues dès son arrivée à Bombay. Il s’initie également à la photographie, un procédé – et un art – encore presque à ses balbutiements, soumis à de très lourdes contraintes techniques que le jeune homme aventureux et épris d’archéologie va cependant rapidement maîtriser et appliquer dans les circonstances les plus difficiles, pour ramener plus de deux cents superbes clichés.
Cet ouvrage présente des photographies prises lors de son voyage dans l’ ” Inde des Rajahs ” et des extraits de ses carnets de voyage. Entre 1863 et 1868, Louis Rousselet parcourt l’Inde centrale, encore peu soumise à la colonisation britannique, pour ensuite redescendre vers le sud depuis Delhi jusqu’à Calcutta, en passant par la vallée du Gange et Bénarès. Le récit de ce voyage paraîtra plus tard sous la forme de livraisons périodiques dans la collection Le Tour du Monde publiée par la maison Hachette dont Rousselet restera un collaborateur tout au long de sa carrière. La première partie de ce livre reprend les passages les plus significatifs de ce récit plein de fascination pour une culture qui ne se laisse pas comprendre, plein des interrogations de l’homme occidental du XIXe siècle face à ce mystère de l’Autre.
C’est la fraîcheur et l’ambiguïté du regard de l’Occidental en cette période de colonisation en marche qui fait tout l’intérêt des photographies et des récits du jeune Français, situé ainsi au cœur de l’affrontement des cultures.
Entre le regard du XIXe siècle colonialiste et celui que notre XXIe siècle postcolonial jette sur la culture de l’Autre, un saisissant parallèle peut s’établir. La seconde partie de cet ouvrage exploite ce parallèle sous la plume de Patrick Chézaud, universitaire et spécialiste de l’histoire des idées. Ce rapprochement permet d’appréhender l’arrière-plan occulté qui ne cesse de colorer notre vision et qui nous brouille toute la spécificité et toute la relativité de notre point de vue. Cette réflexion pour laquelle le regard de Rousselet sert d’exemple, et parfois de guide, s’attache à clarifier certains des présupposés culturels de l’Occident. Ces idées, constituées en représentation, nous ferment l’accès à ce qui constitue une irréductible altérité culturelle au moment même ou nous tentons de nous approcher de l’Autre en le voyant comme un universel alter ego.
Le regard sur la culture de l’Autre fixé dans le collodion des plaques photographiques de Louis Rousselet nous montre un monde dans lequel la banalisation mondialiste n’a pas encore brouillé les étrangetés, et où les contradictions de notre héritage d’idées se montrent au grand jour, tout comme elles s’étalent dans l’Irak de 2003, précipité dans la première guerre du XXIe siècle. [Remarques de l’èditeur]
En Inde, c’est une déesse. On l’appelle Amma, la Mère. Aujourd’hui, elle a décidé de mourir, de quitter son corps vieillissant, de laisser l’ashram et ses disciples et de rejoindre son bien aimé, sa moitié divine. Sur le bord de la mer de Coromandel où l’on vénère désormais leur double tombeau. Une voix mène l’enquête et interroge ceux qui ont connu la Mère : ses disciples, ses fidèles compagnons, le consul général de France, le Pandit, ses ennemis, sa famille, les témoins de sa vie officielle ou secrète. Au fil des entretiens se dessine le portrait fascinant d’une femme au destin exceptionnel, Rachel Ephraïm. Comment cette femme, juive d’Égypte, ancienne cantatrice à la vie agitée, est-elle devenue déesse en Inde ? Pourquoi sa mort est-elle entourée d’ombres ? De Villanour à Delhi, en passant par Darjeeling, jusqu’à Haïfa, en Israël, et le Val de Loire, en France, l’enquête, qui réserve bien des surprises, se révèle passionnante. Elle nous plonge dans l’Inde du Sud mystérieuse et mystique, profondément sexuelle, qui émerveille par la beauté de ses rizières et l’intensité de ses villes. [Remarques de l’èditeur]
Rien de grave ne peut arriver ici. C’est ce qui se dit couramment à Pondichéry, ville tranquille de la côte Est au charme un peu suranné. Le premier démenti vient avec de terribles intempéries. Peu après, une famille apparemment sans histoires est victime de plusieurs tentatives de meurtre. L’inquiétude gagne alors les plus insouciants. Le brahmane Doc y mettrait bien son nez, mais devant l’hostilité des policiers, il se contente de mener une enquête parallèle, secondé par quelques repris de justice, une ou deux danseuses et même un détective privé. Et quand il tombe dans les rets d’une femme fatale (à moins que ce ne soit l’inverse), on se dit que tout peut vraiment arriver ici. [Remarques de l’èditeur]
DELOCHE, Jean. Le Vieux Pondichéry (1673-1824) revisité d’après les plans anciens. Pondicherry: Institut français de Pondichéry and École Française d’Extrême-Orient, 2005, 160 pp.
La découverte de nouveaux documents cartographiques concernant les origines du développement urbain et la structure sociale de Pondichéry à des moments cruciaux de son histoire modifie considérablement notre représentation de la ville. Rassemblant l’ensemble de la documentation aujourd’hui disponible dans les centres d’archives de France et des Pays-Bas, l’auteur nous montre comment, à partir d’une simple agglomération d’artisans, cet établissement est devenu une métropole structurée selon un plan d’urbanisme rigoureux, comment, aussi, s’est développé le système défensif de la place, du modeste fort barlong de François Martin au fort Louis et à la grande enceinte du temps de Dupleix, jusqu’à la décrépitude de la fin du xviiie siècle, nous permettant ainsi de lire, comme en filigrane, les épaisseurs du passé de Pondichéry. [Remarques de l’èditeur]
Ce recueil est consacré à l’analyse et à la mise en perspective des regards européens sur l’Inde du XVIe au XXe siècle. Ils sont parvenus jusqu’à nous grâce à des écrits divers allant des Lusiades de Luis de Camoes publiées au XVIe siècle en passant par la correspondance du botaniste français Victor Jacquemont au XIXe siècle. Leurs auteurs étaient portugais, anglais et français. Ils étaient navigateurs, missionnaires, poètes, aventuriers. L’intérêt de ces études est de montrer comment le regard des Européens a évolué au cours des siècles, des premiers regards curieux et dédaigneux vers une fascination reconnue. Cette histoire indoeuropéenne est celle des regards évités, de la non rencontre. [Remarques de l’èditeur]
Un éditeur de New Delhi demanda à Dominique Fernandez, lors de son dernier séjour en Inde, de relire L’Odore dell-India, écrit il y a un demi-siècle par Pasolini, livre célèbre là-bas. L’idée première de Sentiment indien a donc été de confronter deux expériences et de voir ce qui a changé ou est resté immobile. Mais au-delà de cette comparaison, le texte de Dominique Fernandez s’est transformé en interrogation sur les problèmes qui l’intéressent particulièrement : moeurs conjugales, statut des castrats et des homosexuels, différence entre la conception indienne de la littérature et la conception occidentale, caractères du cinéma indien, merveilles de l’art moghol, splendeurs du baroque portugais, philosophie étrange de la route, douceur, misère et violence quotidienne. Le livre est divisé en chapitres qui explorent tour à tour un de ces thèmes, sur le ton de la flânerie libre, sans prétendre constituer ni un guide ni une explication de cet immense pays. On y passe par Delhi, le Rajasthan, Bénarès, Calcutta, Bombay, Goa, au fil des impressions recueillies au jours le jour par un voyageur qui n’a pas d’autre titre à parler de l’Inde que le fait d’en être tombé amoureux. [Remarques de l’èditeur]
Dresse le portrait historique des possessions françaises en Inde connus sous la Constitution de 1946 sous le nom d’Etats associés. Retrace l’aventure de la France dans cette partie du monde depuis ses débuts avec les comptoirs comme la Compagnie des Indes créée par Colbert et Louis XIV. Développe plus particulièrement la période 1940-1954. [Remarques de l’èditeur]
Cet ouvrage est né d’un travail doctoral préparé par l’auteur à l’Université de Louvain-la-Neuve, sous la direction du grand spécialiste du bouddhisme que fut Mgr Lamotte. L’auteur reprend les textes classiques qui témoignent des relations anciennes et profondes – commerciales, culturelles, religieuses et politiques – qui ont depuis toujours lié l’Inde à la Perse, et par-delà à la Grèce et au Moyen-Orient. De l’Indus au Nil, en recensant et en examinant méthodiquement les écrits disponibles, ainsi que les études modernes, l’auteur nous invite à un grand voyage à travers les peuples et les cultures de l’antiquité. L’épopée d’Alexandre n’est pas un accident historique, mais bien une conséquence logique de ces anciens contacts. [Remarques de l’èditeur]
GRESSIEUX, Douglas (ed.). Cinquantenaire du transfert des comptoirs à l’Inde (1954-2004): actes du colloque, Paris, Palais du Luxembourg, 23 octobre 2004. Coulommiers: Dualpha, 2005, 208 pp.
Préface : Message d’Hervé Gaymard, Ministre de l’agriculture, de l’alimentation, de la pêche et des affaires rurales. Actes du Colloque organisé par l’association LES COMPTOIRS DE L’INDE le 23 octobre 2004 au Palais du Luxembourg. Le 1er novembre 1954, la France ramenait le drapeau français sur Pondichéry dans l’indifférence générale de l’opinion publique et de la presse métropolitaine. Elle mettait ainsi fin à près de trois siècles de présence dans le subcontinent indien avec la création le 1er septembre 1664 par Colbert, de la Compagnie des Indes Orientales. L’Empire des Indes de Dupleix rencontrait ainsi une triste fin. A la même époque, la France quittait l’Indochine, fleuron de son empire colonial et s’engageait en Algérie dans un conflit qui devait durer huit ans. L’Association Les Comptoirs de l’Inde a souhaité marquer le cinquantenaire du transfert des Comptoirs de l’Inde, en organisant un colloque le 23 octobre 2004 au Palais du Luxembourg. Elle a tenu à faire parler les témoins de l’Histoire qui ont vécu personnellement à Pondichéry des expériences diverses qui les ont profondément marquées ou qui ont été impliqués dans l’Histoire à travers leurs parents. Les contributions des différents intervenants apportent un éclairage unique sur les faits marquants de cette période : depuis l’installation des Français aux xviie et xviiie siècles, le ralliement des Comptoirs à la France Libre, la vie sociale de tous les jours, l’enseignement du français à travers divers canaux, la justice, les combats menés par les uns et les autres soit pour le rattachement à l’Inde soit pour le maintien de la France, l’opinion publique en France, jusqu’à la situation des Français qui vivent encore dans les Comptoirs et la diaspora en France. Ce colloque a tenté d’apporter une contribution supplémentaire à la connaissance d’une page de l’histoire de la France aujourd’hui oubliée. [Remarques de l’èditeur]
“L’Inde est le pays des maharajahs, des fakirs et des vaches sacrées “, ” Gandhi est le père de la non-violence “, ” L’Inde est un pays sous-développé “, ” Calcutta est un immense bidonville “, ” Les Indiens sont les meilleurs informaticiens du monde “, ” Le système des castes paralyse la société indienne “, ” L’Inde est la plus grande démocratie du monde “… Issues de la tradition ou de l’air du temps, mêlant souvent vrai et faux, les idées reçues sont dans toutes les têtes. hauteur les prend pour point de départ et apporte ici un éclairage distancié et approfondi sur ce que l’on sait ou croit savoir. Pascale Haag, sanskritiste, maître de conférence à l’EHESS et Blandine Ripert, ethnologue et géographe, chercheur au CNRS, sont toutes deux membre du Centre d’études de l’Inde et de l’Asie du Sud. Elles mettent ici en commun leurs connaissances de la société et de l’histoire de l’Inde pour nous livrer un portrait très complet de ce pays que l’on présente souvent comme le ” géant du 3e millénaire”. [Remarques de l’èditeur]
A key work for understanding the changes in the caste system in the modern period. India is one of the rare democratic nations in the South and the author underlines that the success of democracy there is the result of the struggle to abolish the privileges accorded to the high castes and that the democratization of India manifests itself in the establishment of positive discrimination and the rise of political parties representing the lower castes. The Congress Party was incapable of reducing the extremes of wealth and poverty between castes, thus making governing the country more complicated as multiple political parties with divergent interests appeared, as did an ever more unstable a series of minority governments.
Ouvrage important pour comprendre l’évolution de la caste dans la modernité. Étant un des rares pays démocratiques en provenance du sud, l’auteur souligne que la réussite démocratique en Inde est le résultat d’une lutte pour l’abolition des privilèges réservés aux hautes castes et que la démocratisation indienne se traduit par la mise en place de discrimination positive et la montée des partis politiques de basses castes. Le Congrès indien fut incapable d’atténuer les écarts de richesses entre castes rendant la gouvernance plus compliquée par l’apparition d’une multitude de partis aux intérêts divergents en plus de produire des gouvernements minoritaires récurrents et beaucoup plus fragiles.
[SG]
LE BLANC, Claudine. Une littérature en archipel: la tradition orale de la bataille de Piriyapattana au Karnataka, Inde du Sud. Paris: Champion, 2005, 517 pp.
Au sud-ouest de l’Inde, dans la région du Karnataka, des récitants professionnels appartenant à de très basses castes délivrent des récits chantés à sujet mythologique ou héroïco-historique à l’occasion de fêtes religieuses ou de cérémonies familiales. Un des récits porte le nom de Piriyâpattanada kâlaga. En prenant pour objet une récitation de La Bataille de Piriyapattana enregistrée, transcrite et traduite par l’auteur, puis en élargissant l’étude à d’autres versions, ce livre s’attache à restituer, dans le cadre d’une aire peu connue, le fonctionnement d’une oralité littéraire “en archipel”, trop souvent négligée. Le présent ouvrage entreprend d’explorer une des formes populaires contemporaines de l’épique au pays du Mahâbhârata, riche d’enseignement tant pour l’étude de la littérature orale et du genre de l’épopée, que pour la réflexion sur les modalités de l’élaboration littéraire de la mémoire collective dans le monde indien. [Remarques de l’èditeur]
This volume represents the published diaries which Malle kept during the filming of his controversial documentary series, L’Inde fantôme, in the last years of the 1960s. The title harks back to Loti’s Fantôme d’Orient, and possibly L’Afrique fantôme of Michel Leiris, and shares to some extent his orientalist approach to the absolute difference of India and its mystical appeal. However, it is updated in several ways. Firstly, in its commentary on the actual filming itself, it raises interesting and self-critical questions about the gaze of the Western outsider, in which a ‘Westerner with a camera is twice a Westerner’, and also about the response of the object of that gaze. Secondly, it relates to a specific moment in history, when young people from the West were embarking on a spiritual quest to the East, in search of self-fulfilment.
Ce livre contient la version déjà publiée du journal tenu par Malle lors du tournage de son documentaire controversé, l’Inde fantôme, vers la fin des années 60. Le titre de cet ouvrage fait référence au Fantôme d’Orient de Pierre Loti ainsi qu’à L’Afrique fantôme, écrit par Michel Leiris, dont le livre de Malle partage en quelque sorte l’approche orientaliste à la différence absolue entre l’Inde et l’Europe et à ses attraits mystiques de ce pays. Et cependant Malle actualise l’approche orientalise de plusieurs façons. D’abord il y a un commentaire au jour le jour du tournage du film. Ceci suscite des questions intéressantes qui manifestent de l’auto-critique quant au regard des Occidentaux, étrangers à l’Inde, Ceci montre qu’un Occidental avec une caméra à la main est deux fois un Occidental. Le livre se pose également des questions concernant la réponse de l’object de ce-regard là. En deuxième lieu, il fait état d’un moment très particulier quand les jeunes Occidentaux étaient en train d’embarquer sur une quête spirituel en Orient, à la recherche de l’épanouissement.
[MM]
Un milliard d’habitants, 3 287 263 km2, vingt-cinq États, au moins autant de langues officielles, plusieurs centaines de dialectes répertoriés et pratiqués… les chiffres disent la démesure et la difficulté d’appréhender l’Inde. Pour saisir l’essence du ” sous-continent “, il faut le sillonner sans relâche, de Delhi à Jaipur, d’ouest en est, du nord au sud, se rendre là où tout le monde va mais aussi explorer des régions moins connues et aux charmes ” touristiques ” moins immédiats. Tour des villes de l’Inde, de passages obligés (Agra et son Taj Mahal, Goa et ses plages, Calcutta et ses ” slums “) en contrées moins pittoresques ou plus difficiles d’accès (villes du Cachemire et de l’Assam, Mahé, Yanaon, Chandernagor, etc.). Une Inde une et multiple à découvrir sur les traces de Pierre Loti, Nicolas Bouvier, Salman Rushdie, Amitav Ghosh, Pier Paolo Pasolini, Kushwant Singh et bien d’autres. [Remarques de l’èditeur]
En 1605, Augustin Hiriart, un jeune orfèvre de Bordeaux, a tout juste vingt ans. Un matin, il est enlevé par des soldats : après avoir abjuré le protestantisme, il se retrouve à Paris où Henri IV lui confie la fabrication d’un bijou somptueux destiné au roi d’Angleterre avant de l’envoyer à Londres, en pleine Conspiration des poudres. Hélas, la mission échoue. Craignant pour sa vie, Augustin s’embarque pour les Indes où, après bien des aventures, il échoue à la Cour de l’empereur moghol. Devenu un personnage influent, Augustin construit pour Jahangir un trône fabuleux, des machines de guerre… A la mort de son épouse, le monarque fait édifier pour elle un immense mausolée, le Taj Mahal… Augustin a-t-il joué un rôle dans la conception de ce chef-d’œuvre ? Pour le trois cent cinquantième anniversaire du Taj Mahal, Christian Petit a imaginé ce roman d’amour et d’aventures, d’après les lettres d’un joaillier français du XVIIe siècle, dont le nom fut associé à la construction d’un des plus célèbres monuments du monde. [Remarques de l’èditeur]
Bollywood : un nom créé pour symboliser l’industrie du cinéma populaire en Inde, un raccourci saisissant entre Hollywood et le B de Bombay, la ville la plus active du sous-continent. À Bombay et dans le reste de l’Inde se produisent trois fois plus de films que sur la côte californienne. Un véritable phénomène qui connaît un succès toujours croissant en France, fascinant les spectateurs par ses danses, ses rythmes et son esthétique. Mais quelles sont les recettes des légendaires cités du film indiennes ? Deux Européens se sont aventurés à Bombay, Hyderabad, Madras et Delhi, afin de comprendre ce qu’est véritablement Bollywood et comment la société indienne se révèle à travers son cinéma. Voici donc un carnet de voyage qui propose de découvrir un pays exceptionnel grâce à l’un de ses aspects les plus inattendus : aux fastes des films, à leurs grandes fêtes costumées et chorégraphiées, répondent immanquablement les réalités quotidiennes des spectateurs indiens. Des simples artisans décorateurs aux stars adorées comme des dieux. [Remarques de l’èditeur]
Présentation des grands axes de la culture hindoue : le système de valeurs sur lequel la société indienne repose ; les notions de temps et d’espace ; la place du corps dans la tradition hindoue ; la place spécifique des femmes indiennes ; l’éducation des enfants ; le pouvoir des religions ; l’influence de l’hindouisme et les liens entre l’Occident et la culture hindoue. [Remarques de l’èditeur]
À Paris, de nos jours, une jeune étudiante en civilisation indienne s’intéresse aux mythes védiques. Une vieille tante lui confie les lettres de sa cousine Eliya, morte au Rajasthan quelques années auparavant. Intriguée par cette correspondance, la narratrice reconstitue les derniers moments de la vie d’Eliya, sa solitude dans les murs du palais endormi dans le désert, son total abandon dans une passion amoureuse destructrice pour le prince du palais. Offrant un contrepoint à cette histoire, la narratrice s’interroge sur le sens de la vie du père d’Eliya, rescapé enfant du camp de concentration de Terezin à Prague, et cherche des réponses à ses propres questions existentielles au travers du destin extraordinaire de ces deux personnages. Voyageant du sinistre univers d’un camp de concentration au vibrant paysage du Rajasthan et aux rues pluvieuses de Paris, Dominique Varma s’interroge avec une prose sensible sur des questions fondamentales de la vie captivité et liberté, obsession et indifférence, désir et renonciation, histoire et mythe… [Remarques de l’èditeur]
Ce conte est une adaptation tirée du “Mahâbhârata”. Uma est choisie pour devenir déesse vivante. Elle ne doit plus fouler le sol, ni toucher aucun objet, aucun jouet afin de ne pas se blesser ni manifester aucune émotion. Uma vit donc sans rires ni pleurs, sans compter le nombre des années quand une armée de démons attaque le royaume où elle vit. Elle est mise à l’abri dans un pays voisin qui, à son tour, est attaqué par les démons. Uma fuit sur le dos de son éléphant, puis est sauvée par Indra, le dieu de l’eau. Elle rencontrera ensuite un singe, des tigres, un vautour… [Remarques de l’èditeur]
BERTHET, Samuel. Inde-France, 1870-1962: enjeux culturels. Pondicherry: Institut français de Pondichéry, and New Delhi: Centre de sciences humaines, 2006, 682 pp.
Au début du XIXe siècle, les élites indiennes voient dans la culture française un vecteur décisif de la culture moderne. À partir des années 1870, les tentatives des autorités britanniques pour juguler l’émancipation des élites indiennes ne vont qu’accroître leur intérêt. Si l’émancipation de la tutelle coloniale britannique rapproche les élites indiennes de la France, la Troisième République engage la nation dans l’aventure coloniale. Les dynamiques politiques, économiques mais aussi culturelles s’en trouvent affectées. La solidarité avec l’allié britannique empêche les dirigeants français de jouer ce rôle de partenaire souhaité par les futurs dirigeants indiens. Au moment de l’indépendance de l’Inde, la perception de la jeune nation et des enjeux des relations entre les deux pays resteront largement tributaires du projet colonial et de ses développements. [Remarques de l’èditeur]
Tout semble opposer l’Inde et Israël, géographiquement et historiquement. Comment expliquer leur rapprochement actuel ? Le pragmatisme économique, l’industrie militaire israélienne approvisionnant l’armée indienne, et la complémentarité stratégique dans la lutte contre le terrorisme, en sont les principales raisons. Suffiront-elles, même avec le soutien appuyé des États-unis, à modifier les liens religieux, historiques traditionnels dans cette région? [Remarques de l’èditeur]
Alors que la Chine connaît en 2015 les premiers soubresauts de sa mutation post-décollage, certains voient l’Inde prendre le relais pour les trente prochaines années. Est-ce crédible ? En dépit d’une croissance qui s’est accélérée, l’Inde bute sur un ensemble de contradictions qui obèrent le développement, comme la pauvreté de masse et les inégalités. Il en résulte une lenteur de la transition industrielle et de forts goulets d’étranglement dans les infrastructures. Faut-il pour autant ignorer l’Inde? Certainement pas. A la différence de nombreuses économies émergentes, les structures de la plus grande démocratie du monde lui confèrent une forte résilience face aux tensions internes comme externes. Le modèle indien continuera de s’affirmer comme un modèle de développement unique, qu’il faut connaître et comprendre pour se repérer dans le monde de demain. Au-delà des notions d’innovation frugale, de gradualisme dans les réformes ou de tension entre démocratie et société de castes, quelles sont les caractéristiques de ce modèle, qui suscite trop souvent des jugements extrêmes? [Remarques de l’èditeur]
Loin des descriptions classiques de ses monuments et de l’évocation de son histoire, cet ouvrage propose de découvrir l’Inde et de mieux comprendre ce pays, à travers son peuple, ses coutumes, la diversité de ses langues. [Remarques de l’èditeur]
En 1946, naissaient les Editions du Lombard et avec elles, le mythique journal «Tintin». Au même moment, paraissaient les toutes premières planches d’une bande dessinée conçue par le jeune prodige Paul Cuvelier : «L’extraordinaire Odyssée de Corentin Feldoë». En Bretagne, un humble logis abritait jadis un valeureux petit gars du nom de Corentin Feldoë. A la mort de ses parents, il fut recueilli et élevé par son oncle ivrogne et brutal. Las des coups qu’il recevait, le gamin décida d’embarquer clandestinement à bord d’un trois-mâts en partance pour les Indes. Rapidement repéré, il dût à son esprit débrouillard d’être nommé second mousse du capitaine du vaisseau.. Mais le voyage tourna bientôt au drame. Pillé par des pirates, le bateau coula ! Corentin survécut au naufrage et échoua sur une île sauvage. Il y fut accueilli par un gorille et un tigre qu’il nomma respectivement Belzébuth et Moloch et dont il se fit d’inséparables amis. Grâce à eux, il échappa à des cannibales et il put gagner une autre terre où il rencontra Kim, un garçon de son âge. Sur cette terre régnait un Sultan désespéré par la maladie apparemment incurable dont souffrait sa fille, la jeune et jolie Saskya. A force de gentillesse, Corentin parvint à sauver la princesse. Mais, sitôt guérie, celle-ci fut enlevée par des ennemis de son père… [Remarques de l’èditeur]
Le mythe aryen, enfant illégitime de l’indianisme, de la linguistique et des doctrines racistes du XIXe siècle, contribua à la montée du nationalisme allemand. Si sa composante européenne s’effondra avec la défaite du nazisme, la théorie d’une « invasion aryenne » de l’Inde persiste contre toute attente et demeure la base de notre interprétation de cette civilisation.
Michel Danino montre comment les trouvailles récentes de l’archéologie, de l’anthropologie et de la génétique, entre autres disciplines, s’accordent avec la littérature et les traditions indiennes à exclure toute migration, durant la préhistoire de l’Inde, de soi-disant « Aryens » – qui ne sont que la création de nos fantasmes d’affrontements épiques et de glorieuses conquêtes.
Écrit dans un style vivant, parfois irrévérencieux, cet ouvrage richement illustré nous convie à explorer les origines de la civilisation et de la culture indiennes, depuis la vallée de l’Indus et les débuts de la quête védique. C’est un plaidoyer pour une perspective nouvelle de l’Inde, qui permet de mieux saisir le secret de la survie millénaire de cette civilisation. [Remarques de l’èditeur]
FAIVRE, Dominique. Les Indiens 1914-1915 ou le sacrifice d’un peuple dans la boue d’Artois septembre-décembre 1914. Saint-Venant: ARHAM Lys-Artois-Flandres, 2006, 168 pp.
Ce livre se veut un hommage à la vie, aux actions menées par le Corps Indien, de son arrivée au 31 décembre 1914. Il a nécessité des années de travail, de recherches aux archives britanniques. Nombre de photos sont inédites. La plupart des journaux de marche, les rapports et « mémoires » d’officiers, les ordres du jour ont été minutieusement consultés afin de décrire le plus précisément possible les combats où le Corps Indien fut engagé. Son action pendant un an, nécessiterait d’importantes et longues publications. Aussi dans un premier travail, il a été décidé de ne traiter uniquement que l’année 1914, 1915 étant présentée ultérieurement.Dans ces premiers mois de guerre régnèrent en effet l’improvisation et l’incohérence du haut commandement. Des milliers de combattants furent impunément sacrifiés. La finalité de cet ouvrage est de rendre hommage à tous ces hommes venus d’Asie, défendre sur le sol de France une certaine idée de la liberté.
Que les lecteurs puissent les honorer en se rendant, pour s’y recueillir au Mémorial Indien de Neuve-Chapelle. [Remarques de l’èditeur]
FAVARO, Patrice. Aujourd’hui en Inde: Nandita Pondichéry. Paris: Gallimard jeunesse, 2006, 59 pp.
Nandita, jeune fille de douze ans, habite Pondichéry, une ville du sud de l’Inde. Elle aime les comédies musicales, les friandises, le shopping, mais par-dessus tout, elle adore la danse. Entre une visite au temple et la préparation des fêtes traditionnelles, elle mène une vie paisible, jusqu’à la disparition de sa cousine Vasanti… Refusant d’épouser un mari qu’elle n’a pas choisi, celle-ci s’est enfuie à Bangalore, la capitale des nouvelles technologies. Nandita et son père partent à sa recherche, traversant les campagnes, prospères ou misérables, rencontrant des enfants qui travaillent, s’arrêtant dans un village où vivent des intouchables… Heureusement ils retrouvent Vasanti, qui pourra enfin suivre des études à l’université, et Nandita rêve à son avenir de future danseuse… ou de femme politique. Car en Inde, rien n’est impossible! [Remarques de l’èditeur]
Chennai (Madras), à l’automne 2004. Dipu veut épouser Philippe. Problème : l’un est indien, l’autre français. Ce n’est pas la pire difficulté. Que doit-on concilier au plus vite, la question de la nationalité ou les principes d’un tel mariage ? Ajoutez une grave accusation de piratage. A quel saint, à quel Krishna peut-on encore se vouer ? Dans l’Inde de la mondialisation, les schémas traditionnels aussi sont secoués… [Remarques de l’èditeur]
A Pondichéry, dans les années 1950, pendant que l’Inde en plein tumulte reconquiert ses derniers territoires, l’histoire extraordinaire de Nanda, le cyclopousse intouchable. Nanda s’est révolté contre sa misérable condition. Analphabète, il a appris seul à lire et à écrire. II s’est créé une famille avec Anandita, sa nièce, et les deux garçons que lui confient ses employeurs médecins, l’un d’une famille de colons français et l’autre d’une famille tamoule nationaliste. Dans son cyclopousse, Nanda promène ses jeunes protégés à travers une ville en ébullition. Mais en février 1963, après une longue période de transition, les comptoirs français sont officiellement rendus à l’Inde. Les destins de Nanda et des autres basculent dans la tragédie, partagés entre émancipation, révolte, nostalgie française et amours interdites… Hubert Huertas décrit avec passion le passage d’une époque révolue à un monde en devenir celui de la décolonisation. Terminus Pondichéry, ou comment tout s’achève et tout commence. [Remarques de l’èditeur]
A biography of Gandhi which concentrates on his religious message and his political life. A system of ethics based on religion favours the secular state, while religion becomes a search for inner truth which is a necessary feature of pluralist societies. The linear chronology is not original, but does offer accounts by different people who knew Gandhi. The author avoids controversy by mentioning that certain authors have accused Gandhi of conservatism or even of being a utopian, but she does not detail the beliefs supporting these accusations.
Biographie de Gandhi qui focalise sur son message religieux et sa vie politique. L’éthique religieuse prédispose l’état laïc tandis que la religion devient une quête de vérité intérieure nécessaire aux sociétés pluralistes. L’approche chronologique de l’ouvrage ne réinvente rien mais offre différents témoignages de gens qui ont connu Gandhi. L’auteur évite les polémiques en mentionnant que certains auteurs ont accusé Gandhi de conservatisme ou carrément d’utopie sans toutefois étaler les thèses qui soutiennent ces accusations.
[SG]
1815, l’Empire français achève la conquête des Indes. Alors que les Anglais s’accrochent à la partie orientale du Bengale, les Français subissent leur première défaite. Une rumeur court alors sur un nouveau général anglais aussi doué que mystérieux? Savary, le chef des services spéciaux français dépêche ses deux meilleurs éléments afin de neutraliser ?le général fantôme?. [Remarques de l’èditeur]
Indira Gandhi a été une des femmes les plus puissantes du monde, parmi les premières à diriger une démocratie moderne. Et pas n’importe laquelle : la plus grande de notre planète, bientôt peut-être la première économiquement ! Elle a hérité de la sagesse de traditions millénaires, montré autant d’intuition politique que de passion maternelle. Vingt ans après sa mort, la dynastie qu’elle a contribué à créer continue à influencer la destinée de l’Inde. [Remarques de l’èditeur]
LAFONT, Jean-Marie and Christiane, SINNIG-HAAS. The Dream of an Inhabitant of Mogul. Catalogue de l’exposition de ce nom au [catalogue of an exhibition of the same name at the] Prince of Wales Museum. Bombay: np, 2006 , 335 pp.
This is the catalogue of an exhibition by the Cultural Section of the French Embassy in India in collaboration with the CSMVS Jean de La Fontaine, possibly the greatest French poet of the 17th century, found in the culture of the Indian sub-continent. He illustrated the fables of La Fontaine. Imam Bakhsh Lahori, a prominent miniaturist of the Lahore School, illuminated the entire collection of these fables in the early 19th century. The fables were published over a period of twenty-six years. In 1989, the French Embassy in New Delhi gave a place of honour to Imam Bakhsh by getting the complete collection of illustrations of the Fables of La Fontaine. Seven hundred copies of this book were printed and were very well received in France. Imam Bakhsh, and the Lahori School of painting were thus re-introduced to the Indian and Pakistani scholars. This splendid collection of miniatures was displayed in its country of origin. This exhibition was produced by the Cultural Section of the French Embassy in India in collaboration with the CSMVS, Alliance Francaise de Bombay, the Musee Jean de La Fontaine of Chateau-Thierry, France and Design Cumulus. [Remarques de l’èditeur]
LAFONT, Jean-Marie. Lost Palaces of Delhi, The European Connection. Catalogue de l’exposition présentée au [catalogue of an exhibition of the same name at the] Triveni Auditorium, New Delhi: Eurindia & Alkazi Foundation, 2006, np, 23 pp.
LE BLANC, Claudine. L’usage des héros. Traditions narratives et affirmations identitaires dans le monde indien, sous la direction de Véronique Bouillier et Cl. Le Blanc. Paris: Champion, 2006, 376 pp.
Le volume réunit les travaux menés par l’équipe “Inde médiévale et moderne” de l’École pratique des Hautes Études de 1996 à 2000. Après l’hagiographie en Inde, objet d’une récente publication (Constructions hagiographiques en Inde : entre mythe et histoire, sous la direction de Françoise Mallison, Paris, Honoré Champion, 2001, Bibliothèque de l’École des Hautes Études, N° 338), et alors que la montée du communautarisme en Inde se traduisait par de sanglants affrontements, il a semblé opportun d’élargir la réflexion à l’ensemble des personnages indiens susceptibles de cristalliser l’identité d’une caste, d’une confession ou encore d’une région. En explorant plus spécifiquement la façon dont la littérature en Inde, qu’elle soit mythe, historiographie, témoignage, tradition orale ou encore hagiographie, participe par ses mises en récit des processus identitaires d’affirmation et de valorisation de soi, les différentes contributions proposent un large panorama de la façon dont, du nord au sud de l’Inde, des antiques pierres de héros aux plus récentes publications sectaires, les textes construisent, falsifient, utilisent les figures des héros. [Remarques de l’èditeur]
Bien que plusieurs fois millénaire et jadis découverte avec enthousiasme par l’Europe romantique, la littérature indienne reste aujourd’hui mal connue en Occident. Les développements des deux derniers siècles, quant à eux, sont souvent réduits à quelques productions anglophones récentes. La littérature de l’Inde aux XIXè et XXè siècles présente pourtant une extraordinaire histoire d’emprunt et de réinvention, celle d’un genre, le roman, introduit dans le sillage de la colonisation britannique et peu à peu imité, adapté, métamorphosé dans les nombreuses langues vernaculaires de l’Inde autant qu’en anglais. C’est cette longue histoire, couronnée aujourd’hui par l’éclatante visibilité des oeuvres de la diaspora indienne, que le présent ouvrage se propose de faire découvrir de façon synthétique au lecteur francophone. [Remarques de l’èditeur]
L’Asie compte aujourd’hui cent millions de femmes de moins que d’hommes: ces “femmes manquantes ” sont des petites filles qui n’ont pas pu naître, ont été tuées à la naissance ou qu’on a laissé mourir en bas âge. En Inde, la dot nécessaire à leur mariage en fait un insupportable fardeau financier; dans ce pays, mais aussi en Chine et dans d’autres pays asiatiques, des préjugés ancestraux font de la naissance d’une fille un déshonneur. Depuis les années 1980, l’échographie et l’avortement sont donc utilisés à grande échelle pour éliminer les filles et constitue ce que l’on peut appeler un “foeticide”. Dans le même temps, l’infanticide et les abandons sont loin d’avoir disparus. Fruit d’une longue enquête de terrain, ce livre rend compte de cette impressionnante réalité. Bénédicte Manier. [Remarques de l’èditeur]
Michel Peyramaure nous fait pénétrer au coeur du plus mystérieux et du plus fascinant des pays : l’Inde. Parti en 1722 sur l’Atalante, avec son ami Joseph François Dupleix, envoyé à Pondichéry comme membre du Conseil supérieur de la Compagnie des Indes orientales, Olivier va connaître durant un peu plus de trente ans la vie intense des concessions européennes : la concurrence avec les autres compagnies, les luttes de pouvoir, la tentation des jolies femmes, la découverte du Bengale et de la côte de Coromandel, et enfin l’amitié avec un grand aventurier, Dupleix. Dames créoles ou indiennes, capitaines, aventuriers de tous bords traversent cette captivante histoire d’une colonisation manquée que raconte avec passion et érudition Michel Peyramaure. [Remarques de l’èditeur]
Quand les citoyens renversent les omnibus et les charrettes pour ériger des barricades, comment distinguer entre morts pour la liberté et victimes d’assassinats crapuleux ? Le commandant Alexandre de Betz, qui n’a pas réussi à mater l’insurrection parisienne de Juillet 1830, s’embarque pour une mission secrète à Pondichéry. Ignorant tout de l’Inde, il s’enfonce dans la jungle aux trente-trois millions de dieux, guidé par un étrangleur de Kali. Pourchassé par les Anglais qui tentent de soumettre les rajahs rebelles du Sud, sa route croisera celle du comte de Maubreuil, l’assassin des barricades. C’est au cœur de ces révoltes sanglantes qu’Alexandre de Betz sera subjugué par Aurélie-Sita, farouche et sublime princesse, qui se bat pour la liberté de son peuple. Grande fresque historique et roman d’aventures, avec La latitude de Pondichéry Vladimir nous entraîne des barricades du Paris de 1830 jusqu’aux confins de l’Inde, pays fascinant et sauvage, en proie aux tumultes de la colonisation. [Remarques de l’èditeur]
An introductory text about India which describes the main agents of globalization in India and their connections with each other. India’s economic development is seen as an unavoidable phenomenon with the Indian diaspora contributing to it by accelerating the pace of contact between India and the wider world. The internal demands of the situation in India (concerning urbanization, nationalism, religious identities and the position of women and lower castes) intensify challenges that might be resolved by the diversity of the country’s democratic system. Globalization in India is coming face to face with damage to the environment and the sheer weight of poverty which is threatening sustainable development.
Ouvrage d’introduction du monde indien qui situe les acteurs principaux de la mondialisation indienne. L’économie émergente de l’Inde est perçue comme une nécessité et la diaspora indienne contribue à ce phénomène en accentuant les relations Inde-monde. Les logiques internes de l’Inde (urbanisation, femmes, castes, identités religieuses et nationalisme) accélèrent les défis qui peuvent se résoudre par la richesse démocratique. Les limites de la mondialisation indienne se butent à la dégradation environnementale et la masse de pauvreté qui met en péril le développement durable.
[SG]
C’était au Mewar, en Inde du Nord, au temps d’Akbar. C’est l’histoire de Mirabaï, la fillette qui épousa un roi mais qui aimait le dieu Krishna. C’est la légende de Mirabaï, qui dit non au bûcher, non à l’obscurantisme. Sur les routes, dans la chaleur et la poussière, elle chante et elle danse. Elle mendie et les pauvres la bénissent. C’est le roman d’une femme qui aime et se révolte. [Remarques de l’èditeur] ISBN: 9782755701661
CLÉMENT, Catherine. Promenade avec les dieux de l’Inde. Paris: Panama, 2007, 265 pp.
Promenade avec les dieux de l’Inde.
«Quel que soit le lieu de leur naissance, j’aime raconter les affaires des dieux. Leurs généalogies, leurs disputes, leurs amours me passionnent comme s’ils étaient de ma famille et puis, comment ne pas s’intéresser à des êtres capables de se transformer en nuage, taureau, serpent ? Désormais, je dispose d’une grande famille de dieux dont j’ai les portraits, dont je connais les tics, les préférences alimentaires, les phobies, les colères.
En Inde, les dieux ne gênent pas l’immense démocratie à laquelle ils s’intègrent paisiblement. Ils ne sont pas exigeants. Une banane, une fleur, du sucre, parfois, une chèvre, et tout va bien. Chacun s’arrange avec eux comme avec le climat, le manque d’infrastructures et ce qui reste de pauvreté.
Ce sont ces arrangements que je vais raconter.» [Remarques de l’èditeur] ISBN: 9782757802991
CLOT, Gérard. L’Inde avant l’Inde. Outremont: Éditions du Passage, and Paris: Hermann, 2007, 163 pp.
Une invitation à découvrir un peuple fascinant, les Adivasi, « ceux qui étaient là avant ».
Parmi tous les ouvrages sur l’Inde, ce beau livre de Ruth van der Molen se distingue par un regard ethnologique inédit sur ces tribus qu’on dirait sorties d’Afrique ou d’Océanie. Deux cent millions de gens, nos contemporains, vivant de manière plus ou moins « primitive », et totalement méconnus.
Cet ouvrage traite de leurs grandes diversités, de ce qui les rassemble, aussi de leurs luttes et revendications identitaires; cet ouvrage veut faire entendre leurs voix, les faire connaître, les faire « reconnaître ». [Remarques de l’èditeur] ISBN: 9782922892161
DELOCHE, Jean. Pondicherry Past and Present / Pondichéry hier et aujourd’hui [CD-ROM]. Pondicherry: Institut français de Pondichéry and École Française d’Extrême-Orient, 2007. Institut français de Pondichéry
DEVI, Ananda. Indian Tango. Paris: Gallimard, 2007, 195 pp.
This novel interweaves the destinies of two women in modern-day India. There is Subhadra, a fifty-two year-old Indian woman, urged by her mother to undertake a renunciation pilgrimage and there is an Indo-Mauritian woman writer who has come to the land of her ancestors for the first time. As in her earlier novels, Ananda Devi, sets up female transgression in a patriarchal society. Devi herself designates this novel itself as a ‘roman-testament [a novel that bears witness]’ and it also contains a speculation on the creative process that underlines the importance of India in the author’s imagination and her work.
Ce roman croise le destin de deux femmes dans l’Inde contemporaine: Subhadra, une Indienne de 52 ans poussée par sa belle-mère à participer à un pèlerinage de renoncement, et une écrivaine indo-mauricienne qui vit en France et qui vient pour la première fois dans le pays de ses ancêtres. Comme dans ses romans précédents, Ananda Devi met en scène une transgression féminine dans une société patriarcale. Il s’agit également, dans ce roman qu’elle qualifie elle-même de « roman-testament » d’une réflexion sur la création littéraire qui souligne l’importance de l’Inde dans l’imaginaire et l’écriture de l’auteure.
[CJ]
1523 : François 1er et son cousin le Connétable de Bourbon étaient les meilleurs amis du monde. Mais la mère du roi sème la zizanie entre eux? Le Connétable passe à l’ennemi, devenant ainsi le traître le plus célèbre de l’Histoire. A la même époque, un petit garçon nommé Jean est élevé secrètement dans une bourgade d’Italie. Une nuit, des spadassins viennent pour l’assassiner : il s’enfuit vers l’Espagne avec son précepteur. Celui-ci révèle à Jean qu’il est très probablement le fils caché du feu Connétable, Attaqué par des pirates, Jean est vendu au Caire à l’armée, et devient le protégé du Vice roi d’Egypte, Daoud Pacha. Mais ce dernier se révèle un homme cruel, et jaloux de la liaison de Jean avec la copte Latifa. Notre héros fuit alors vers le sud, où il est capturé par l’armée Ethiopienne, qu’il va conduire de victoire en victoire. Jusqu’au jour où celle-ci est assassinée. Jean doit de nouveau s’enfuir. Il arrive sur les côtes indiennes, désespéré. Le père Marilva, un jésuite portugais, lui présente le Moghol Akbar. Une forte amitié s’établit entre Akbar et Jean, qui participe glorieusement à la guerre contre les Rajpoutes et influence la politique de tolérance religieuse du souverain. Il est sauvé d’une tentative d’empoisonnement des intégristes musulmans par un médecin du harem, Julia, soeur d’une des femmes d’Akbar. Il l’épouse et fonde une famille tout en poursuivant sa carrière glorieuse. Un ambassadeur lui révèle qu’il est l’aîné de la maison de France – les Bourbons sont désormais sur le trône avec Henri IV- mais Jean préfère renoncer à ses droits. Ainsi, par sa volonté, il y aura une branche indienne des Bourbons jusqu’à nos jours? [Remarques de l’èditeur] ISBN: 9782709640619
GRESSIEUX, Douglas. Les troupes indiennes en France 1914-1918. Tours: Editions Sutton, 2007, 223 pp.
Parmi les nombreux pays qui ont participé, aux côtés de la France, aux combats de la première guerre mondiale, il en est un qui est souvent ignoré : l’Inde. L’Inde, alors sous domination britannique, apporte une lourde contribution au déroulement des opérations dans le nord de la France. Le corps d’armée indien, composé de 100 000 hommes regroupés en deux divisions d’infanterie et deux divisions de cavalerie, va perdre près de 10 000 hommes dans la boue des tranchées. Sous le commandement britannique, l’armée de l’Inde débarque à Marseille le 26 septembre 1914 pour gagner les zones de combat par train jusqu’à Saint-Omer. Elle doit s’adapter au terrain et au rude climat hivernal car elle n’a jamais combattu en Europe. Les soldats indiens vont très vite pactiser avec la population française et se battre vaillamment à Arras, Lens, Bapaume, Neuve-Chapelle, Ypres et Mons. La France marquera sa reconnaissance par l’inauguration, le 7 octobre 1927, du mémorial de Neuve-Chapelle par le maréchal Foch qui rendra, à cette occasion, un vibrant hommage aux soldats indiens :. ” Rentrez chez vous dans le lointain pays d’Orient baigné de soleil, et faites savoir au monde entier comment vos compatriotes ont trempé de leur sang la terre froide du nord de la France et des Flandres comment, avec un courage exemplaire, ils l’ont délivrée en luttant au corps-à-corps avec un ennemi redoutable ; faites également savoir à l’Inde tout entière que nous veillerons sur leur tombe avec la même dévotion que méritent nos morts.” [Remarques de l’èditeur] ISBN: 9782849105047
GUIMET, Émile. Huit jours aux Indes: 1876. Paris: Phébus, 2007 [1889], 164 pp.
En 1876. Le ministre de l’Instruction publique charge Émile Guimet d’une mission en Extrême-Orient qui l’entraînera de l’Inde au Japon, en passant par Shanghai, en compagnie de son ami le peintre Félix Regamey. “Huit jours aux Indes”, publié dans la célèbre revue de géographie Le Tour du Monde, est caractéristique de l’esprit encyclopédique du futur créateur du musée Guimet. Tissé d’exposés archéologiques, de réflexions d’historien, d’esthète et de philosophe, ce classique du voyage orientaliste et humaniste est emblématique du regard porté sur l’Inde par le visiteur occidental du XIXe siècle. A l’heure où l’on ” redécouvre ” l’Inde, ce récit permet de mesurer le chemin parcouru de part et d’autre. [Remarques de l’èditeur] ISBN: 9782752902511
KORDEY, Igor, and Jean-Pierre PECAU. Lady Shelley. Paris: Delcourt, 2007, 48 pp.
Et la face du monde fut changée… 1799. L’armée française prend Saint-Jean-D’Acre en Palestine, Bonaparte remonte vers le nord et s’empare de l’Empire ottoman puis des Indes anglaises. Les Personnages – Saint Elme : Officier de cavalerie, tête brûlée ayant la particularité d’être né en Inde. Il est déchiré entre ses deux patries, la France de l’Empire et l’Inde mystérieuse. Charles Nodier : Agent spécial de Savary, écrivain, amateur d’ésotérisme et de phénomènes étranges, espion et érudit, Nodier est tout ça à la fois. Un esprit libre et fantasque. L’album – Les agents de l’Empire Saint Elme et Nodier se substituent aux deux espions anglais capturés lors de la confrontation avec les Thugs. Ils tentent de rejoindre le commandement anglais afin d’obtenir des informations permettant d’identifier le général fantôme. D’étranges et redoutables rencontres vont émailler leur intrépide odyssée, mais aucune ne s’avérera plus dangereuse que celle avec Lady Shelley… [Remarques de l’èditeur] ISBN: 9782756003061
LAFONT, Jean-Marie. Les Français / The French & Lahore, édition bilingue [bilingual edition]. Lahore: Topical, 2007, 163 pp.
LE BOUËDEC, Gérard, and Brigitte NICOLAS (eds). Le Goût de l’Inde. Presses universitaires de Rennes, and Port-Louis: Musée de la Compagnie des Indes, 2007, 184 pp.
A partir du XVII siècle, la réussite maritime des compagnies des Indes conduit a un développement massif des échanges commerciaux entre l’Europe et l’Asie et à de profondes évolutions de leurs sociétés respectives. Complétant les épices et les matières premières des cargaisons initiales, une gamme foisonnante et fascinante de textiles et de produits manufacturés ouvre la voie, à une diversification irréversible des marchés. En démultipliant les possibilités de manifestation du paraître, elle offre aux plus riches les moyens et les décors d’une affirmation de soi sans cesse renouvelée par les plaisirs et les libertés de la mode, sans interdire aux plus pauvres d’accéder aux satisfactions du confort. A tous, elle instille l’art et le besoin de consommer qui les font basculer dans la modernité. Cette soif inextinguible stimule l’augmentation des trafics commerciaux bien au delà des grands rouages des monopoles, mettant à contribution la nébuleuse plus ou moins licite des circuits de distribution du quotidien. Loin de les annihiler, elle vivifie les traditionnels réseaux d’échanges, vecteurs des transferts de technologie, et aiguise l’industrialisation et la délocalisation des productions. L’engouement pour la possession ne fait heureusement pas tout. Sur le terrain, de part et d’autre, lies références évoluent au fil d’une découverte et d’une imprégnation mutuelles, jamais innocentes, mais servies par le regard des esprits les plus aventureux et les plus disponibles de leur temps, quels que soient leurs partis pris religieux, militaires ou commerciaux. S’installer chez l’autre, s’y acclimater pour survivre, prospérer ou imposer, ne peut se dispenser d’un approfondissement des relations basé sur des normes et des outils culturels au service des intérêts communs de la production. Apprendre à le connaître, ne serait ce que pour mieux le convertir, conduit, par la montée en puissance des savoirs, à percer les mystères de son originalité. Remonter aux sources de l’exotisme contribue alors à enraciner scientifiquement ce goût de l’Inde, à la découverte duquel cet ouvrage qui public les travaux du colloque de Lorient de juin 2007, est entièrement dédié. [Remarques de l’èditeur] ISBN: 9782753507241
MARNY, Dominique. Du Côté de Bombay. Paris: Presses de la Cité, 2007, 298 pp.
Valentine est envoyée en reportage à Bombay. Dès son arrivée, elle est captivée par le rythme trépidant et les contradictions d’une ville en pleine mutation. Avec l’aide de Guillaume, logisticien dans une ONG, elle mène une enquête au sein des laboratoires pharmaceutiques, où les biologistes st livrent une guerre sans merci pour trouver des vaccins contre les nouvelles pandémies. Dans le plus grand bidonville d’Asie, sa route croise celle d’Anil… Si personne ne lui porte secours, l’enfant ne survivra pas à une malformation cardiaque. Une course contre la montre s’engage pour trouver un chirurgien. Entre la misère et l’opulence, les rites ancestraux et la modernité, la contrefaçon de médicaments et les studios de Bollywood, Valentine passera de la révolte à l’émerveillement. Sur le rivage de la mer d’Oman, au son des chansons populaires et dans le vacarme des foules, Valentine affrontera les défis, poursuivra sa quête de vérité et, peut-être, rencontrera l’amour… [Remarques de l’èditeur] ISBN: 9782258067448
MEYER, Éric. Une histoire de l’Inde: les Indiens face à leur passé. Paris: Albin Michel, 2007, 357 pp.
L’Occident s’étonne aujourd’hui de voir le sous-continent indien faire son entrée sur la scène internationale. Mais en réalité, l’Inde “éternelle” et isolée du monde n’a jamais existé, elle fut une invention de l’Europe, confortée parfois par certains discours religieux des Indiens eux-mêmes. Un cinquième de l’humanité est l’héritier d’une histoire complexe, riche en ruptures et en épopées, qui couvre plus de 4 000 ans, des premières cités de l’Indus à l’empire d’Ashoka, à celui des Grands Moghols, au Raj britannique, à l’Indépendance et à la Partition. Eric Meyer dresse ici une fresque vivante de ce monde en mouvement. On y voit naître le bouddhisme, se transformer l’hindouisme, s’implanter l’islam, arriver d’Occident les marchands et les missionnaires. On y constate que la naissance de la nation indienne est une donnée majeure du monde contemporain. Surtout, au-delà des indispensables repères chronologiques, c’est à une réflexion plus thématique, centrée sur les liens entre économie, politique et religion que nous convie l’auteur. En montrant les enjeux considérables mobilisés par les différentes interprétations de cette histoire, il nous aide à comprendre l’un des acteurs majeurs de la mondialisation. [Remarques de l’èditeur] ISBN: 9782226173096
PERRIER, Jean-Claude (ed.). Le Goût de l’Inde. Paris: Mercure de France, 2007, 208 pp.
Depuis les années soixante jusqu’à sa mort, André Malraux n’a cessé de prophétiser : ” L’Inde sera un des plus grands pays du monde. ” Aujourd’hui, sa prédiction est devenue évidence : l’Inde, sans avoir jamais renoncé à ses cinq mille ans d’histoire, de religion et de traditions, fait partie intégrante de notre univers culturel, politique et économique. Comprendre l’Inde du XXIe siècle, c’est donc (re) découvrir Le Râmâyana, Le Mahâbhârata, le bouddhisme, le Gange, les castes, la médecine ayurvédique, le kalaripayat (ancêtre des arts martiaux), les exploits des sadhu, les mélos de Bollywood, la musique de Ravi Shankar, les multiples façons de cuisiner le riz… C’est aussi saluer quelques figures d’exception qui l’ont servie – Gandhi, Nehru, Indira Gandhi… Voyage en compagnie de Henri Michaux, Yann Martel, Amitav Ghosh, Dominique Fernandez, Raj Rao, Rabindranath Tagore, Catherine Clément, Anoushka Shankar, Pankaj Mishra, Sarah Dars, Arundhati Roy, et bien d’autres. [Remarques de l’èditeur] ISBN: 9782715225879
RENOUARD, Michel. L’Indien du Reich. Paris: Privat, 2007, 412 pp.
This hilarious adventure novel takes as a starting point the life of the Indian nationalist icon Subhas Chandra Bose, a.k.a. Netaji. In 1941, as he was under house arrest in Calcutta, Netaji made a successful escape and, after a long journey, settled in Berlin where he sought to convince Hitler to create the Indian National Army. As a result, Churchill was determined to eliminate Bose. At this point in Renouard’s novel, historical truth stops and fiction starts. The British launch Operation Bushido and send a suicide mission to Germany. The group is made up of two eccentric characters. There is Kristen Lloyd, a wealthy Anglo-Indian from Shillong in Assam, whose mother is of German origin, and Tulbahadur Thapa, an old Gurkha who had survived the Afghan campaigns. The action of this adventure novel is full of imagination, wit and humour with many knowing references (in particular the one about Airey Neave, the first prisoner to escape from Colditz in the winter of 1942). The story is set in India, Tanganyika, Mozambique, Egypt, Palestine, Britain, Malta, Italy and Germany.
Ce roman d’aventures aux accents fortement comiques s’inspire de la vie de l’icône nationaliste Subhas Chandra Bose, alias Nétaji. En 1941, Nétaji s’échappe de sa résidence surveillée par la police de l’Inde britannique et s’installe à Berlin où il cherche à convaincre Hitler de créer une armée indienne de libération. Churchill décide alors de le faire éliminer. La vérité historique s’arrête là. La fiction commence. Les Britanniques lancent l’Opération Bushido et envoient en Allemagne une mission suicide composée de deux excentriques: Kristen Lloyd, un riche Anglo-Indien de mère allemande, originaire de Shillong en Assam, et un vieux Gurkha rescapé des guerres d’Afghanistan, Tulbahadur Thapa. L’action de ce roman d’aventures, plein de fantaisie, d’humour et de clins d’œil (notamment la référence à Airey Neave, le premier à s’échapper du château de Colditz en plein hiver 1942), se déroule en Inde, au Tanganyika, en Mozambique, en Égypte, en Palestine, en Grande-Bretagne, à Malte, en Italie et en Allemagne.
[TDC]
Pourquoi ? Pourquoi a-t-il fallu que le dieu protecteur de Siddhima soit Shiva ? Shiva, dieu de la Guerre et de la Destruction. Shiva, puissant et terrible, impitoyable et redoutable… Siddhima est effondrée. À la mort de son père, le radjah, elle doit pourtant diriger le royaume. Mais elle refuse de le faire sous la tutelle d’un tel dieu. Et elle est prête à tout pour échapper à la protection maudite de Shiva, même au pire… [Remarques de l’èditeur] ISBN: 9782745922441
SFAR, Joann. Maharajah: Les Carnets de Joann Sfar. Paris: Delcourt, 2007, 401 pp.
Pendant huit jours, J. Sfar a traversé le Rajahstan en train et découvre un pays aussi pauvre et démuni au quotidien que riche et influent sur la scène internationale. [Remarques de l’èditeur] ISBN: 9782756011127
THINEY-DUVOY, Solange. L’Inde en France. Paris: Bachari, 2007, 198 pp.
Plus de trois cents ans après l’établissement des premiers comptoirs, à son tour l’Inde a installé ses quartiers dans l’hexagone. En trente ans, l’Ile de France s’est doucement indianisée, loin des représentations fabuleuses qui ont longtemps exercé un fort pouvoir d’attraction sur les Français. L’Inde en France vous éclairera sur ses multiples visages à travers son histoire, les expressions de sa culture millénaire toujours en mouvement, ses réalités sociales et économiques, ainsi que ses lieux typiques ou d’influence : aux temples, lors de fêtes religieuses, autour d’un plat au restaurant, lors de manifestations culturelles, au cinéma, en institut de massage, en centre de yoga et d’ayurvéda… [Remarques de l’èditeur] ISBN: 9782913678354
WILBUR and CONRAD, pseud. (COMMENGE, Sophie, and Didier CONRAD), Raj. Les Disparus de la Ville dorée. Brussels: Dargaud, 2007, 48 pp.
1831. Parti de Londres, Alexander Martin débarque à Bombay pour y rejoindre l’Indian Political Service (I.P.S.) dont le rôle est d’aider l’Honorable Compagnie des Indes à développer ses affaires… C’est-à-dire d’empêcher les autres états d’Europe de s’installer sur le continent indien dominé par les Britanniques. L’arrivée du nouvel agent ne semble guère enchanter ceux qui sont en place depuis longtemps et dont le souci principal est d’augmenter leur fortune personnelle en spoliant et asservissant les indigènes. Alexander s’y fait cependant quelques relations. Guidé par le journaliste David Baltimore, il découvre les étranges croyances locales. Intrigué par la présence d’un Européen au milieu d’un groupe d’Hindous pratiquant leurs rituels, le journaliste le suit afin de l’identifier. Alexander le retrouve quelques instants après, agonisant sous l’effet de la morsure d’un cobra…
Mais voici que malgré la gravité de son état, David Baltimore disparaît. D’autres mystérieuses disparitions surviennent ensuite dans la communauté d’expatriés anglais ! Pressé de régler ce problème, l’I.P.S. décide d’accuser aussitôt un concurrent de l’Honorable Compagnie des Indes. Le capitaine de la Compagnie portugaise Sao Mateo fera un coupable idéal. C’est toutefois compter sans l’honnêteté de l’agent Alexander Martin qui répugne à faire arrêter un innocent.. [Remarques de l’èditeur] ISBN: 9782505030331
WILLEM, Étienne. Indrani, Le Cercueil des souvenirs. Geneva: Paquet, 2007, 32 pp.
En Inde à la fin des années 1920, alors qu’elle s’apprête à cambrioler la maison d’un riche colon anglais, Indrani est témoin de l’assassinat de l’archéologue anglais John Blunt. Très vite, la jeune femme est accusée de ce meurtre qui la renvoie à la disparition de sa mère. [Remarques de l’èditeur] ISBN: 9782888901563
2008 ARLESTON, Christophe, and Curd RIDEL. La Déesse aux deux visages. Toulon: Soleil, 2008, 43 pp.
Le maladroit Tandori va-t-il accéder au rang de fakir? Tandis qu’il révise son examen, provoquant catastrophe sur catastrophe, le bon peuple du Shasheshur se prépare pour la grande fête en l’honneur de la déesse Durga. [Remarques de l’èditeur] ISBN: 9782302001886
BRODZIAK, Sylvie and Jean-Noël JEANNENEY. Georges Clemenceau, Correspondance 1858-1929. Paris: Robert Laffont and Bibliothèque Nationale de France, 2008, 1101 pp.
” Voici l’intimité d’un grand homme. Son rôle au centre de notre histoire, du Second Empire aux Années folles, et sa figure de Père la Victoire, en 1918, l’ont figé dans la brutalité de ses combats, loin de la richesse de ses sentiments et de ses fidélités. La correspondance de Clemenceau éclaire beaucoup d’événements tels qu’ils se lisent dans le regard d’un acteur et d’un observateur capital. Mais surtout elle dévoile, au fil d’un millier de lettres (pour une grande part inédites), ses bonheurs et ses chagrins, ses angoisses et la source de ses ardeurs. Epistolier hors de pair, il use avec allégresse, avec humour, de toutes les variations d’un style sans contrainte, inventif et primesautier, dans des écrits spontanés et cursifs, où sa pudeur bourrue retient mal les émotions qui envahissent brusquement le texte. Les missives de Clemenceau à sa mère, à son épouse, aux femmes de sa vie, à ses enfants, à ses compagnons de lutte, à ses médecins le montrent jeune amoureux torturé lorsque Hortense Scheurer-Kestner repousse ses avances et patriote tourmenté devant les prodromes de la Première Guerre mondiale; joyeux au sortir d’un de ses duels, affligé quand son affection s’inquiète de la santé ou du deuil d’un proche; déployant envers Claude Monet, hanté par la peur de devenir aveugle, des trésors d’attention faussement rogue et constamment généreuse ; épanoui devant ses rosiers et acharné à la rédaction d’un livre qu’il s’est promis à lui-même ; soucieux des malheurs des humbles et fouaillant les mesquineries du personnel politique ; curiste ironique ou voyageur octogénaire surmontant toutes les fatigues ; enfin magnifiquement amoureux jusque dans son grand âge. De page en page, sa fréquentation nous enrichit. ” Sylvie Brodziak et Jean-Noël Jeanneney. [Remarques de l’èditeur] ISBN: 9782221110515
GOBALAKICHENANE, M. (ed). Lettre du Cercle Culturel des Pondichériens, Collection No.1. Chennai: Nattramizh Pathippagam, 2008, 284 pp.
JACQUE, Jacqueline and Brigitte NICOLAS (eds). Féérie Indienne, des rivages de l’Inde au royaume de France, catalogue de l’exposition éponyme, Musée de l’impression sur étoffe, Mulhouse, novembre. 2008 – mai 2009; Musée de la Compagnie des Indes, Lorient, juin – décembre 2009. Paris: Somogy, 2008, 176 pp.
Pendant de longues années, les secrets des teinturiers indiens, jalousement gardés, suscitent la convoitise de l’Europe. Quand enfin elle est capable d’imiter le processus de fabrication, c’est le début d’une ère nouvelle, l’essor de l’industrie textile française. Cet ouvrage magnifiquement illustré présente l’aventure maritime et commerciale de la Compagnie française des Indes et souligne le transfert de technologies qui s’opère entre les deux continents. Surtout, il permet d’apprécier les qualités, la diversité, la virtuosité des artisans indiens qui transforment de simples toiles de coton en chef-d’œuvre. Pour la première fois, deux collections françaises, celle du musée de l’Impression sur étoffes de Mulhouse et celle du Musée de la Compagnie des Indes de Lorient, dévoilent costumes, carrés, courtepointes et panneaux décoratifs pour transporter le lecteur à travers un parcours éclatant de couleurs entre le XVIe et le XIXe siècle. [Remarques de l’èditeur] ISBN: 9782757202050
LOTI, Pierre. Mahé des Indes suivi de L’Inde (sans les Anglais). Paris: Libretto, 2008, 45 pp. Gallica
Mahé des Indes, the account of Pierre Loti’s first encounter with India, appeared in 1887 in his travelogue entitled Propos d’exil. From Friday January 1 to Sunday January 3 1884, as part of his return journey to France from Japan, Loti, a naval officer whose real name was Julien Viaud (1850-1923), made a stopover in Mahé, a French trading post founded on the Kerala coast in 1720s. Loti made a short visit to this region which seemed resplendent and paradisiacal. His journey took him to the France of his childhood, a kind of lost paradise. Captivated by the lush natural environment Mahé, the traveller met Indians with priestly countenances who were proud to speak French. He came across stimulating fragrances and captivating colours. Everything was filtered through his subjectivity and everything was magical and appearing to the foreigner in a divine and mysterious form. The India that Pierre Loti encountered met his expectations as part of a mystical quest far from the West.
Mahé des Indes, témoignage de la première expérience de Pierre Loti en Inde, paraît en 1887 dans le recueil de récits de voyages Propos d’exil. Du vendredi 1er janvier au dimanche 3 janvier 1884, de retour de son séjour au Japon, l’officier de marine du vrai nom Julien Viaud (1850-1923) fait escale à Mahé, un comptoir français fondé en 1721 sur les côtes de Kerala. Loti fait une courte visite de ce pays qui lui semble illuminé et paradisiaque. Son voyage lui rappelle la France de son enfance, une sorte de paradis perdu. Envoûté par la nature exubérante à Mahé, le voyageur rencontre des indiens, des êtres hiératiques, fiers de parler français. Il trouve des fragrances enivrantes et des couleurs captivantes. Tout est filtré par sa subjectivité et tout est magique et d’un aspect divin et mystérieux pour l’étranger. L’Inde qu’il rencontre répond à ses atteintes de quête mystique loin de l’Occident.
[TG-G]
Depuis Vasco de Gama, l’Inde n’a cessé d’interpeller une Europe partagée entre fascination et répulsion. L’Inde philosophe et polythéiste, voire « idolâtre », divise missionnaires jésuites et philosophes des Lumières, avant que l’époque romantique découvre la troublante fraternité de langue et de pensée qui relie cet Orient singulier à l’Occident. Le XIXe siècle reconnaît aussi bien une Inde occulte, « théosophique » qu’une Inde poétique et philosophique, tandis que le XXe se passionne autant pour la philosophie religieuse du Vedantâ que pour la littérature sanskrite, sans oublier les dérive raciales de l’aryanisme. La référence indienne continuera de nourrir la pensée occidentale, jusque dans des domaines comme la physique quantique ou la psychologie des profondeurs jungienne. De Voltaire à J. Robert Oppenheimer en passant par Goethe, Lamartine, Kipling, Schopenhauer, Nietzsche, Steiner, Guénon, Hesse, Michaux ou encore Romain Rolland, c’est toute la vision européenne de l’Inde qui est ici convoquée, dessinant en miroir le visage d’une Europe tournée vers sa jumelle orientale. [Remarques de l’èditeur] ISBN: 9782226183040
MARY, Aude. En territoire tamoul à Paris: un quartier ethnique au Métro La Chapelle. Paris: Autrement, 2008, 128 pp.
Issus d’une immigration essentiellement politique devenue phénomène de masse depuis les années 1980, les Tamouls qui arrivent en France viennent surtout de la péninsule de Jaffna, au nord du Sri Lanka, poussés à l’exil par la guerre civile et la discrimination qu’ils subissent au quotidien. La vie d’émigré commence à Paris. Accédant à des emplois bien souvent inférieurs à leurs qualifications, les Tamouls mettent tous leurs espoirs dans l’éducation de leurs enfants, exigeant d’eux une réussite scolaire qui leur permettra de trouver une place dans la société française. Ils vivent en banlieue parisienne mais c’est dans le quartier du métro La Chapelle, au nord de la capitale, qu’ils semblent avoir choisi de s’établir. Entre signes visibles et signes cachés, c’est le processus de territorialisation qui est ici étudié. [Remarques de l’èditeur] ISBN: 9782746711914
NAUMANN, Michel, and Fabien CHARTIER (eds). La Guerre d’indépendance de l’Inde, 1857-1858. Paris: L’Harmattan, 2008, 186 pp.
En 1857-58 une révolte des soldats indiens de l’armée coloniale, suivie par de très larges secteurs de la population, mit l’empire britannique au bord du gouffre. L’Inde contemporaine, à l’occasion du cent cinquantième anniversaire de l’événement, célèbre ses héros : Mangal Pandey, la Rani de Jhansi, Nana Saheb… La littérature coloniale et les nationalistes se sont emparés d’eux. Mutinerie, explosion barbare, révolte légitime, révolution conservatrice, mouvement féodal, guerre d’indépendance, avancée libératrice ? [Remarques de l’èditeur] ISBN: 9782296200081
PETIT, Christian. Un parfum de Taj Mahal. Paris: Fayard, 2008, 338 pp.
Mars 1644. Evadée d’un couvent de Saint-Malo, Siriane Francine est recueillie par la famille Sanjana, en Inde, après le naufrage de son navire. Cadette d’une lignée de fontainiers du roi de France, elle va proposer ses services à l’empereur Shah Jahan pour travailler aux jardins et aux fontaines du Taj Mahal. Elle va tenter de construire un automate à eau à l’effigie de la défunte Mumtaz Mahal. [Remarques de l’èditeur] ISBN: 9782213645179
RENOUARD, Michel. La Littérature indienne anglophone. Neuilly-sur-Seine: Atlande, 2008, 124 pp.
This is a completely new, amended and augmented edition of Renouard’s 1997-book on the topic of Indian literature in English. That work was one of the first studies in French on the topic of Indian literature in English. The author gives a precise definition of the terms ‘Anglo-Indian’, ‘Indian-English’ and the concept of ‘Indianness’. First of all, Renouard looks at Western English-speaking writers living in exile in India starting with the end of the sixteenth century. Then, he considers the birth and development of Indian-English literature in the subcontinent since the nineteenth century. He includes in his study writers who have often been omitted since 1947, since they were living in Pakistan, Bangladesh and Sri Lanka and not India. The author also mentions the writers originating from the Indian diaspora, who are at the same time imprisoned by their Indianness and are also completely liberated from their ‘inner’ India. In a very just way, Renouard compares the Indian diaspora writers to writers of Jewish origin who have always known how to preserve both their difference and their identity in any exiled environment. Here too, Renouard underlines the fact that the new, utterly commercialized Indian literary world actually conceals from fame highly meritorious writers and delays the success which they deserve. The author denounces the excesses of the world of global publishing and the fact that quite poor-quality novels originating from the subcontinent are able to become enormous, though short-lived, bestsellers. This perverse current preference for debased currency is certainly harmful to the hitherto excellent reputation of a great literary tradition.
Voici l’édition entièrement revue, corrigée et augmentée du «Que sais-je?» sur le sujet datant de 1997. L’auteur donne une définition précise des termes «anglo-indiens», «indo-anglais» et du concept d’«indianité ». Renouard porte tout d’abord son regard sur les écrivains anglophones occidentaux vivant en exil en Inde depuis la fin du XVIe siècle, puis sur la naissance et le développement de la littérature indo-anglaise du sous-continent depuis le XIXe siècle. Il inclut dans son étude des écrivains très souvent omis depuis 1947, car originaires du Pakistan, du Bangladesh et du Sri-Lanka. L’auteur fait évidemment aussi une place aux écrivains de la diaspora, à la fois «prisonniers» et libérés de cette Inde «intérieure». Il compare les écrivains de la diaspora, de façon très juste, à ces écrivains anglophones, francophones ou hispanophones d’origine juive qui ont toujours su préserver dans l’exil «le sentiment de leur différence» et de leur identité particulière. L’auteur y déplore l’excès de médiatisation qui frappe l’édition indienne. Les médias étant bien trop friands d’auteurs originaires du sous-continent, de bien piètres romans sont capables de connaître un engouement énorme, quoique furtif. Cette mode dessert pour l’instant les nombreux chefs-d’œuvre qui restent, eux, de manière regrettable, à la remise, ce qui nuit à la réputation d’une littérature qui jouissait jusqu’à présent d’une excellente image.
[TDC]
En 1844, l’Inde est sous la domination britannique. Dans le nord du pays, comme tant de petites Indiennes, Amiya est condamnée à un destin tragique… . Jolie fillette d’une dizaine d’années, Amiya est orpheline. Elle est vouée à devenir l’esclave de sa terrible belle-soeur. Désespérée, elle s’enfuit de chez elle et trouve refuge chez la sorcière Trois-Yeux. Mais celle-ci a des desseins tout aussi sordides pour sa «protégée» : l’offrir au raja de Bénarès, qui a une passion pour les jeunes vierges. A cette fin, Trois-Yeux va faire d’Amiya une danseuse sacrée des temples, prisonnière des palais et «courtisane» du raja. Une rencontre providentielle, celle de Michel Casenove, aventurier des grands chemins, et de sa compagne Hiral, la plus grande danseuse sacrée d’Inde, va bouleverser l’existence d’Amiya… Une fois de plus, Jean-Michel Thibaux nous plonge au coeur de la réalité d’un pays, de ses traditions, de sa magie, et nous révèle les rites initiatiques et mystérieux des danseuses sacrées. [Remarques de l’èditeur] ISBN: 9782258064805
TINGUELY, Frédéric, Adrien PASCHOUD, and Charles-Antoine CHAMAY (eds). Un libertin dans l’Inde moghole: les voyages de François Bernier, 1656-1669. Paris: Chandeigne, 2008, 566 pp.
Philosophe et médecin familier des milieux libertins, F. Bernier s’embarque en 1656 pour de longues pérégrinations orientales. La relation qu’il publie à son retour constitue un témoignage sur l’Inde moghole, ses intrigues de cour, son organisation politique et économique, ses pratiques religieuses. A la fois, un récit d’aventures et une réflexion philosophique du XVIIe siècle. [Remarques de l’èditeur] ISBN: 9782915540338
2009
See also Books in Bengali
CASTAING, Anne, GUILHAMON, Lise et ZECCHINI, Laetitia (dir.). La modernité littéraire indienne: perspectives postcoloniales. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2009, 253 pp.
Analyse de la littérature indienne à la lumière de la théorie postcoloniale. La littérature de langue vernaculaire ainsi que les textes en anglais sont mis en relation, et des récits traduits du hindi et du bengali sont insérés dans l’étude. [Remarques de l’èditeur] ISBN: 9782753508989
MERRIEN, Nathalie. De Kipling à Rushdie: le postcolonialisme en question. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2009, 469 pp.
Cet essai propose une étude critique d’œuvres littéraires de langue anglaise, issues du contact entre l’empire britannique et l’une de ses colonies, l’Inde. Reprenant les thèses de la supériorité biologique et culturelle de l’homme blanc, un nombre considérable d’écrivains britanniques ont consolidé clichés et stéréotypes. En retour, des œuvres littéraires dites postcoloniales ont renvoyé à l’Occident un message radicalement opposé où l’impur devient la règle. [Remarques de l’èditeur] ISBN: 9782753509788
MONAQUE, Rémi. Suffren: un destin inachevé. Paris: Tallandier, 2009, 494 pp.
Né au château de Saint-Cannat, le 17 juillet 1729, troisième fils de Paul de Suffren, marquis de Saint-Tropez, Pierre André de Suffren était destiné aux Armes comme tout fils cadet. Il fut admis, dès l”âge de 8 ans, comme Chevalier de Minorité de l”Ordre de Malte dont il devint plus tard le Bailli. Après une jeunesse turbulente, mais aussi studieuse, passée à St-Cannat, à Richebois et à St Tropez, il fut envoyé au Collège des Jésuites de Toulon, puis aux Gardes de la marine. C”est alors qu”il connaîtra son premier combat (il n”a même pas 15 ans), le 19 février 1744, à la Bataille du cap Sicié.Après avoir combattu sous les ordres de l”Amiral d”Estaing pendant la guerre d”indépendance américaine, il se voit confier le commandement d”une division de cinq vaisseaux destinés aux mers de l”Inde. Dès son arrivée, il affronte avec fougue et acharnement les troupes anglaises et leur livre les batailles de Sadras, Provedien, Negapatam, Trincomalé, Gondelour. Il connaîtra aussi l”infortune d”être fait prisonnier par les Anglais en 1747 et 1759. En 1767, il reçoit le grade de capitaine de frégate, puis en 1772, celui de capitaine de vaisseau. Cinq années plus tard, il commande le « Fantasque »; et c”est avec ce bâtiment qu”il rejoint l”escadre de l”Amiral d”Estaing, aux Antilles. Il s’y distingue, prouve sa hardiesse, mais enrage de ne pouvoir faire davantage. La campagne des Indes lui donnera enfin l”occasion de s”appuyer sur son expérience et de connaître (malgré les drames et les trahisons) ses plus grandes victoires. La paix lui fait reprendre le chemin de la France, où les honneurs l”attendent : Louis XVI crée un Vice-Amiralat pour lui, lui octroie le prestigieux Ordre du Saint-Esprit et lui accorde les Grandes Entrées à Versailles. Suffren meurt à Paris, le 8 décembre 1788, alors que le Roi venait de lui confier le commandement d”une flotte en armement à Brest.Suffren s”est fait un nom au premier rang des grands amiraux par son inlassable énergie, son héroïsme, sa rapidité d”action, sa hardiesse à assumer les responsabilités. Rompant avec la tradition presque séculaire de son corps, il adopta résolument la tactique offensive, visant la destruction des forces armées de l’ennemi plutôt que le gain de quelque position. [Remarques de l’èditeur] ISBN: 9782847343335
ORTIZ, Sébastien. Fantômes à Calcutta. Paris: Arléa, 2009, 518 pp.
It is 2005 and the narrator returns to Calcutta, where, a decade earlier, he had worked as a young development volunteer attached to the French consulate. The principal objective of this return is to reconnect with a city that haunted him and to write about it in a work that is unbounded by genre and very different from the prevailing clichés of poverty and piety. The book is to be a mix of: novel, photo reportage, life-writing and, above all, a love song to Calcutta, a world-in-one-city, unlike any other. The book is also composed in three parts, the alap, jod and jhala, echoing the movements of the raga mode in Indian classical music. Until 1911, the unruly and nationalist city of Calcutta was the capital of the British Raj before being replaced by New Delhi, its more sedate counterpart. It is these remains of faded glories that seduce the narrator, who launches himself into a hunt for ghosts, whom he allows to speak, letting them recount their sad tales for themselves.
[JCP/IHM]
En 2005, le narrateur revient à Calcutta, où il avait servi dix ans plus tôt en tant que jeune coopérant au consulat de France, le but principal de ce retour est de retrouver une ville qui l’avait envoûté, et d’écrire sur elle un ouvrage d’un genre indéterminé, et bien loin de tous les clichés misérabilistes ou pieux: carnet de voyage, roman, photoreportage, autofiction… et, surtout, un hymne d’amour à Calcutta, une ville-monde à nulle autre pareille. Le livre est composé en trois parties, épousant les mouvements du raga: alap, jod et jhala. Jusqu’en 1911, la turbulente et très nationaliste Calcutta fut la capitale du Raj britannique avant d’être remplacée par la plus paisible Delhi. Ce sont ces restes d’une splendeur passée qui séduisent le narrateur, lequel va se lancer dans une chasse aux fantômes à qui il laisse la parole afin qu’ils racontent eux-mêmes leur triste histoire. [JCP] ISBN: 9782869598362
PARADIN, Padmavathi, and Beena PARADIN. Inde intime et gourmande. Geneva: Minerva, 2009, 191 pp.
Découverte des traditions culinaires indiennes à travers un reportage au coeur du Kerala, des anecdotes et 80 recettes, correspondant aux diverses occasions : cuisine de famille, cuisine de fête, cuisine des temples, etc. [Remarques de l’èditeur] ISBN: 9782830710311
RAVIGNAN, François de. Carnets de voyage en Inde: 2003-2007. La Bauche: A plus d’un titre, 2009, 175 pp.
L’inde n’est pas aussi vaste qu’on l’imagine parfois : les trois quarts de l’Europe moins la Russie (mais avec deux fois plus d’habitants soit au moins un milliard); un petit peu plus que les trois pays du Maghreb ; six fois la France ; trois fois moins que la Chine; dix fois moins que l’Afrique, avec une population de 25% supérieure… Les trois quarts de cette population sont dans les campagnes : l’Inde est une des plus grandes nations paysannes du monde avec le cinquième des paysans de la planète. Mais il y a aussi cinq villes de plus de cinq millions d’habitants : Delhi, Calcutta, Chennai (ex Madras), Hyderabad, Mumbai (ex Bombay), qui compte le plus vaste bidonville d’Asie…
Un carnet de voyage dans la grande tradition, mais avec un œil de défenseur des cultures paysannes. On trouvera par exemple, au fil du texte, des explications précises mais toujours simples sur la suppressions des haies, la profondeur des puits ou les modes de culture. Les problèmes des Adivasis (populations sans caste…et sans terres) sont longuement évoqués, ainsi que les conséquences du tsunami de 2004. Ce livre retrace le voyage d’un homme libre à travers l’Inde paysanne d’aujourd’hui qui oppose à la modernité soit disant obligatoire, une soif de justice jamais démentie. [Remarques de l’éditeur]
Étudier l’articulation entre le médical et le religieux dans le sous-continent indien est l’enjeu de cet ouvrage. L’Asie du Sud, riche d’une grande hétérogénéité ethnographique et d’un impressionnant corpus de traditions savantes se prête tout particulièrement à cette réflexion.
Le pluralisme tant médical que religieux, qui caractérise l’Inde à différentes époques et selon la géographie, a donné forme à une gamme de praticiens et d’institutions prenant en charge la douleur et la souffrance sous des approches variées et syncrétiques qui demandent à être analysées.
Les études ici réunies présentent différentes formes d’interaction entre les champs du religieux et du médical considérés dans leur contexte historique, social et culturel. Les matériaux utilisés par les auteurs incluent des sources littéraires, des archives missionnaires, ainsi que plusieurs types de données ethnographiques – récits de rêves, témoignages d’ex-voto, pratiques rituelles, séances de possession, consultations astrologiques, etc.
Multiples sont également les approches : certains auteurs s’intéressent aux aspects religieux de la théorie et de la pratique médicale, d’autres examinent les aspects thérapeutiques des pratiques rituelles ou dévotionnelles, et d’autres encore considèrent les interactions entre le médical et le religieux comme un prisme au travers duquel apparaîtrait la complexité des rapports sociaux.
This volume explores different forms of interaction between medicine and religion as seen both in learned traditions and local practices of South Asia. The objective of this interdisciplinary work is to focus on the intricate and sometimes conflicting connections between medicines and cosmologies, healers and priests, remedies and rituals in different historical and regional contexts. The studies composing the volume are based on a vast range of textual and ethnographic materials – including medical and tantric treatises, missionary archives, dreams or ex-voto narratives, possession cults, astrological counselling, and healing rituals. By considering the religious and cosmological aspects of medical theories and practices, as well as the therapeutic aspects of devotional and ritual practices, the authors show how the different forms of interactions between medicine and religion reflect the complex systems of relationships between social groups in South Asia. [Remarques de l’éditeur]
WEEKS, Joëlle, Représentations européennes de l’Inde: du XVII e au XIXe siècle, Paris: L’Harmattan, 2009, 287 pp.
Annotators: [CJ] Cécile Jest, Université de Cergy-Pontoise, France [GD & FD’S] Guy Deleury, Paris, and Florence D’Souza, Université Lille 3, France [GW] Geoff Woollen, University of Glasgow, UK [IM] Ian Magedera, University of Liverpool, UK [MM] Margaret Majumdar, University of Portsmouth, UK [SG] Serge Granger, Université de Sherbrooke, Canada [SR] Srilata Ravi, University of Alberta, Canada [TDC] Thierry Di Costanzo, Université de Strasbourg, France [VR] Vijayalakshmi Rao, Jawaharlal Nehru University, New Delhi, India